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« Je n’ai pas oublié comment jouer au hockey »

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Le match entre le Rocket et le Crunch de Syracuse vous sera présenté ce soir dès 19 h à RDS et sur le RDS.ca.

LAVAL – Jared Davidson n’en peut plus d’attendre.

Bientôt, espère-t-il, il sera débarrassé. Il pourra retirer la grille qui lui protège la mâchoire pour renouer avec sa bonne vieille visière.

L’attaquant du Rocket de Laval n’a d’autre choix que de porter une « cage à poules » depuis qu’il a encaissé une solide droite de Dakota Mermis des Marlies de Toronto pour s’être porté à la défense d’Owen Beck, le 31 janvier dernier.

« Son dernier coup a frappé fort », se souvient Davidson.

Au point où il en a eu l’os de la joue fracturé. Après avoir été contraint de rater les trois matchs suivants, Davidson a effectué un retour au jeu, d’abord avec une visière complète.

Ça n’a duré qu’une période. À son retour sur la patinoire pour le deuxième engagement, il a opté pour la grille.

« Je n’étais pas capable de respirer », expliquait-il, mardi, à la veille de porter sa grille dans un neuvième match de suite mercredi soir, à l’occasion de la visite du Crunch de Syracuse à la Place Bell.

« Je respire mieux, mais je n’en avais pas portée depuis l’âge de 15 ans. Ça nécessite un ajustement parce que chaque fois que tu regardes vers le haut tu as quelque chose qui t’obstrue la vue », explique l’espoir de 23 ans.

« Ça n’affecte pas trop les autres joueurs qui ont aussi à en porter une. Alors ce n’est pas quelque chose que je peux utiliser comme excuse. »

Le port de cette pièce d’équipement, bien qu’assurément gênante, n’explique pas en effet la léthargie affligeant l’espoir du Canadien par les temps qui courent.

Sans but marqué à ses 10 plus récentes sorties, Davidson n’a inscrit qu’une mention d’aide à sa fiche au cours de cette même période. Avant d’être envoyé au plancher par Mermis, il n’avait récolté que deux buts et une mention d’aide en huit matchs.

Puis, après avoir effectué un lancer au filet à son retour au jeu, Davidson n’a pas testé les gardiens adverses dans six de ses sept rencontres suivantes.

« J’ai été un bout de temps sans lancer au filet, je le sais. Je commençais à y penser de plus en plus et je me suis peut-être mis à serrer mon bâton davantage. »

« Lancer au filet, ce n’est pas ce qui le définit, mais il est très bon à faire ça. Alors il faut qu’il le fasse », commente l’entraîneur-chef du Rocket, Pascal Vincent.

Histoire que son attaquant renoue avec le style de jeu qui lui avait permis de compter neuf buts en 13 matchs en début de saison et d’obtenir un rappel au Centre Bell, Vincent a offert une courte pause à son attaquant, le laissant de côté le 22 février dernier face aux Comets à Utica.

« Je ne le blâme pas. Je n’aimais pas non plus où mon jeu en était à ce moment », concède celui qui a joué 10 matchs avec le Tricolore à son premier rappel en carrière dans la LNH, de la mi-novembre à la fin du mois de décembre.

« Ce n’était pas une punition, loin de là. On voulait juste qu’il retrouve ses repères. »

—  Pascal Vincent

« Le joueur, je le connais bien maintenant, poursuit le pilote. Il veut tellement qu’il était comme gelé dans ses décisions. Il connaît les patrons de jeux, les systèmes, et il sait ce qu’on attend de lui. Mais il voulait tellement en faire après son expérience chez le Canadien – où il a bien fait – et après son bon début de saison. »

En offrant une soirée de repos à son protégé, Vincent ne voulait que lui donner l’opportunité de « respirer profondément » et de se réinitialiser. Car en aucun temps, il n’a été inquiété pour son vaillant joueur.

« Je demande trois choses à mes joueurs : travailler fort, être un bon coéquipier et se laisser coacher. Lui, c’est oui, oui et oui dans les trois cas. C’est juste une question de temps. »

Depuis qu’il a été écarté de la formation, Davidson a joué les trois derniers matchs du Rocket. Il n’a pas encore retrouvé le fond du filet, mais il s’en approche. Dans ces trois duels, le no 49 a obtenu au moins deux tirs dans chacun de ceux-ci.

« Je n’ai pas oublié comment jouer au hockey, relativise-t-il. Les rondelles ne rentrent pas en ce moment, mais je suis encore physique et il y a d’autres choses que je peux faire pour avoir un impact. »

« Les gens paniquent un peu quand ça arrive, mais tous les joueurs traversent des moments durant lesquels ils ne marquent pas. Me présenter à l’aréna et être un bon coéquipier, c’est quelque chose que je veux faire, que je joue bien ou pas. J’en fais une fierté que d’arriver avec un sourire dans le visage et ne pas laisser mon jeu affecter le reste du vestiaire. Si je peux continuer à faire ça et que mon jeu revient, tant mieux. »