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La sérénité selon Kevin Mandolese

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Autant Jacob Fowler n’a toujours pas entièrement digéré la décision d’être cédé au Rocket de Laval, autant celui qui est le plus impacté par cette décision l’accepte avec philosophie.

S’étant joint au club-école des Canadiens de Montréal après avoir signé un contrat d’un an à un volet de la Ligue américaine de hockey le 1er juillet dernier, Kevin Mandolese s’attendait à occuper le poste de gardien de but no 2 de l’équipe derrière Kaapo Kähkönen.

Mais en raison de la rétrogradation de Fowler, Mandolese est, pour l’instant, confiné au rôle de troisième portier du club et c’est pour cette raison qu’il n’était pas en uniforme pour les deux matchs que le Rocket a joués contre le Crunch de Syracuse la fin de semaine dernière.

Pour quelqu’un qui a dû s’exiler en Slovaquie la saison dernière pour disputer « le plus de matchs possible », l’ancien des Eagles du Cap-Breton aurait toutes les raisons au monde d’être contrarié. Sauf que le ressentiment, le cerbère âgé de 26 ans ne l’a pas dans le sang.

« L’année passée, c’était pas mal rock and roll, mais mon but, ç’a toujours été de me donner la meilleure chance possible d’être dans la Ligue nationale, a avoué Mandolese en entrevue à RDS.ca la semaine dernière. J’aimais la situation ici. Je veux y aller une journée à la fois. »

« Je n’ai aucune idée des plans de l’organisation, mais je me dis justement qu’il y en a un, un plan. Je sais que ça va sonner comme un cliché, mais je vais contrôler ce que je peux contrôler, a ajouté l’ex-choix de 6e tour des Sénateurs d’Ottawa, en 2018. Quand on me demandera de jouer, je serai prêt. Je ne passerai pas non plus tout ce temps à me poser des questions. Tout ce que je peux contrôler, c’est de travailler fort pendant les entraînements. »

Lors du passage de RDS.ca à l’entraînement du Rocket la semaine dernière, Mandolese a d’ailleurs passé un certain temps à suivre les indications de l’entraîneurs des gardiens de l’équipe, Ilia Ejov, pendant que Fowler et Kähkönen recevaient les tirs de leurs coéquipiers.

Cela dit, ce n’est pas simple pour un portier d’être restreint à la théorie, alors qu’il désirerait ardemment effectuer un peu plus de travaux pratiques. D’un autre côté, Mandolese sait qu’une saison de hockey peut être riche en rebondissements, tel un téléroman bien ficelé.

« Les saisons sont longues et ça peut changer vite, comme on l’a vu avec l’organisation des Canadiens dans les deux dernières années, surtout chez les gardiens de but, a-t-il expliqué.

« Il y a beaucoup de bons gardiens dans la Ligue américaine qui n’ont jamais véritablement eu leur chance [dans la Ligue nationale] ou qui ont encore dû attendre vraiment longtemps avant de l’avoir. Je pense notamment [au gardien de but des Hurricanes de la Caroline] Brandon Bussi ou encore [au défenseur québécois des Bruins de Boston] Jonathan Aspirot.

« Il y a deux ans [Aspirot] était [avec le club-école des Flames] à Calgary, je jouais contre lui, et il évoluait à l’attaque parce que l’équipe avait trop de défenseurs et il est maintenant avec les Bruins. C’est très souvent une question d’être à la bonne place, au bon moment. »

Malgré tout, Mandolese s’efforce de ne pas trop se projeter vers l’avenir. Après avoir goûté à trois matchs de la LNH avec les Sénateurs, en 2022-2023, sa carrière ne lui a offert que peu de stabilité. Il ne s’est cependant jamais découragé et n’a pas perdu le goût de se dépasser.

« C’est la mentalité que tu dois avoir comme gardien de but. Oui, c’est important de bien jouer, mais tu ne dois pas te mettre davantage de pression en te disant qu’une bonne performance va faire en sorte qu’un club va finir par te remarquer, a mentionné le gardien de 6 pieds 4 pouces. Si tu focalises trop là-dessus, tu mets tes énergies au mauvais endroit.

« Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire, mais si tu focalises sur tes affaires et que tu essaies d’y aller une journée à la fois, tu te donnes probablement de meilleures chances pour obtenir de belles occasions. Mon travail, pour le moment, c’est juste d’être prêt si le “coach” me demande de jouer. Je penserai à tout ça une fois que la saison sera terminée. »

De son propre aveu, ce n’est pas toujours de cette manière que Mandolese a vu les choses, mais un changement de mentalité était nécessaire. Et c’est pourquoi il est en mesure d’être relativement serein par rapport à une situation sur laquelle il n’a totalement aucun contrôle.