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RÉSULTATS

Qui impressionne et qui déçoit chez le Rocket?

Logan Mailloux, Brandon Gignac et Mattias Norlinder Logan Mailloux, Brandon Gignac et Mattias Norlinder - Getty
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COLLABORATION SPÉCIALE

 

Le Rocket entame le dernier droit de sa saison et la course vers les séries continue de plus belle. Avec seulement six matchs restants, Laval est à un point des Marlies et d'une place en séries, mais Toronto a trois matchs en main. En prévision d'une fin de semaine pivotale pour le Rocket, voici deux joueurs qui ont impressionnés cette saison et un qui n'a pas connu autant de succès.

 

Recrue de l'année : Logan Mailloux

 

L'offensive n'a jamais été en question avec Logan Mailloux. Il a mené les défenseurs de la OHL en buts à sa dernière saison junior avec 25. Cette saison, sa première chez les professionnels, il se retrouve déjà 3e chez les pointeurs à la ligne bleue avec 43 points en 66 matchs et se classe favorablement dans plusieurs statistiques clés. Il est top 10 en tirs tentés par match à la position et il est un de seulement 21 joueurs à avoir la rondelle sur son bâton pour au moins 2:00 par rencontre dans la ligue américaine l'an dernier.

 

Oui, il y a encore des erreurs de débutant qu'il peut éviter, comme le démontre son taux de revirement assez élevé (131e dans la LAH), mais c'est loin d'être surprenant d'une recrue. Bref, l'aspect offensif de son jeu était tel qu'annoncé. Les questions sur Mailloux, du moins sur la glace, étaient plutôt centrées sur son jeu défensif.

 

L'attaque était donc telle qu'annoncée, mais les vraies questions envers Mailloux, du moins sur la glace, ont toujours été son jeu dans son propre territoire. Ça a commencé difficilement, alors qu'il était sur la glace pour 13 buts accordés à forces égales lors de ses 7 premiers matchs à Laval, pour un différentiel de -10. Heureusement, ce n'était pas un signe des choses à venir pour le jeune défenseur. Il y a encore du travail à faire dans son territoire, mais Mailloux a montré des signes encourageants.

 

 

Mailloux excelle à entamer la sortie de zone pour son équipe. Il montre aussi un excellent contrôle de son bâton, qu'il utilise régulièrement pour soutirer la rondelle aux adversaires. Il récupère beaucoup de rondelles libres en zone défensive, mais ce sont surtout des rondelles incontestées.

 

En termes de retours de lancers en défensive et batailles 1 contre 1 dans son territoire, il se classe 5e parmi les 7 défenseurs réguliers du Rocket dans ces catégories ainsi qu'en tirs bloqués. À 6'3” et 220 lb, a le gabarit pour dominer dans ces catégories plus physiques et c'est quelque chose qu'il devra ajouter à son jeu au cours des prochaines années.

 

Malgré tout, c'est sans aucun doute une saison recrue réussie pour Mailloux, qui devrait se battre pour une place sur la ligne bleue bien fournie du CH au prochain camp d'entraînement.

 

Joueur le plus utile : Brandon Gignac

 

Avec un match d'expérience dans la LNH et un sommet en carrière de 36 points dans la ligue américaine, les attentes envers Brandon Gignac n'étaient pas les plus élevées à sa troisième saison avec le Rocket. Gignac avait d'autres plans, car il a connu de loin la meilleure saison de sa carrière professionnelle. Ses 36 mentions d'aides seraient suffisantes pour égaler son sommet personnel en points et il a ajouté 19 buts, deux marques qui ont mené le Rocket cette saison. Il a même eu un séjour de sept matchs avec le Canadien, où il a généralement bien paru et a même marqué son premier but en carrière dans la LNH.

 

Même s'il a mené le Rocket avec 19 buts, il s'est surtout démarqué comme fabricant de jeu. Il est 32e dans la ligue américaine avec 1,8 passes complétées vers l'enclave par match, dont 0,62 pour un tir sur réception, bon pour le 8e rang dans la LAH. Il a excellé pour repérer ses coéquipiers dans la zone payante et les mettre en position favorable pour battre le gardien. Couplé à son fort jeu en transition, Gignac était le meilleur joueur offensif du Rocket cette saison.

 

Déception de l'année : Mattias Norlinder

 

Je ne suis pas un grand amateur du différentiel +/- comme statistique. Elle manque cruellement de contexte et est rarement une bonne représentation du jeu défensif, mais quand on voit un chiffre aussi extrême que -19, c'est impossible à ignorer. Norlinder était de loin le pire joueur du club à ce chapitre; Joshua Roy (-15) et Nathan Légaré (-10) sont les seuls autres joueurs du Rocket qui était à -10 ou pire. Chez les défenseurs, le plus près de lui était Gustav Lindstrom, à -6 en 4 matchs, sinon il faut aller jusqu'à Mailloux et Justin Barron à -4.

 

Le +/- peut parfois être un simple signe de malchance extrême, mais quand on regarde une statistique plus poussée comme le % de buts attendus, on voit que c'était bien plus que de la simple malchance pour Norlinder. À 41,4%, Norlinder était de loin le pire défenseur du Rocket. En fait, parmi 242 défenseurs ayant joué au moins 300 minutes à forces égales, Norlinder s'est classé 227e dans la ligue américaine cette saison.

 

Le % de buts attendus est une statistique similaire au différentiel, mais au lieu de simplement regarder les buts pour et contre quand un joueur est sur la glace, ça prend en compte tous les tirs et assigne une valeur à chacun d'entre eux pour estimer le niveau de danger de chaque tir. Ça donne donc un échantillon beaucoup plus significatif et donne une meilleure idée de l'impact de chaque joueur. N'importe quoi au-dessus de 50% est positif, ça veut dire que ton équipe obtient plus d'attaque qu'ils en accordent à l'adversaire quand tu es sur la glace. En dessous de 50% indique donc évidemment le contraire, que ton équipe est généralement battue par l'adversaire quand tu es sur la glace. Pas besoin d'une maîtrise en statistiques pour voir que 41% est loin d'être suffisant.

 

Et pour ceux qui préfèrent les chiffres plus traditionnels, voici quelques différentiels pour le Rocket quand Norlinder était sur la glace cette saison.

 

 

Un choix de 3e tour qui semblait devenir un vol il y a quelques années, l'engouement autour de Norlinder s'est grandement estompé. Je crois que la meilleure chose pour tout le monde serait de lui offrir un changement de décor, que ce soit via échange ou en ne lui donnant pas d'offre qualificative et lui laisser la chance de signer ailleurs. La ligne bleue du CH est simplement beaucoup trop fournie pour que Norlinder ait une chance de percer la LNH à Montréal. Je ne vois pas un univers où Nordlinder réussit à déloger un de Matheson, Guhle, Harris, Struble, ou Xhekaj à gauche dans la LNH, et c'est sans compter les arrivées imminentes de Lane Hutson et Adam Engstrom.