Sarah Nurse était fière d’avoir réussi à battre Marie-Philip Poulin dans le cercle des mises en jeu lors de la première saison d’existence de la Ligue professionnelle de hockey féminin.
« Je me suis dit : ‘Je ne peux pas la battre sur grand-chose, mais je peux la battre aux mises en jeu’ », a déclaré Nurse.
« La saison dernière, elle m’a battue. Je me suis dit : ‘Mince, tu t’es améliorée, tu as compris mon jeu’ », a-t-elle enchaîné, le sourire en coin.
« Elle (Poulin) continue de s’adapter, de progresser et d’apprendre, même après avoir participé à quatre éditions des Jeux olympiques d’hiver, a souligné Nurse. Est-ce seulement quatre? Elle a accompli tellement de choses dans ce sport. »
La seule joueuse, homme ou femme, à avoir marqué des buts lors de quatre finales olympiques de hockey sera de nouveau la pierre angulaire du Canada pour le tournoi olympique de hockey féminin aux Jeux de Milan-Cortina, en Italie.
Avec 17 buts en carrière, Poulin est en voie de fracasser la marque de 18 buts de son ancienne coéquipière, Hayley Wickenheiser, pour le plus grand nombre de buts marqués en hockey féminin olympique.
Mais c’est l’or, et non les records, qui motive la joueuse âgée de 34 ans originaire de Beauceville.
« Je me fiche complètement des records individuels, a déclaré Poulin. Je m’en fiche vraiment. »
À 18 ans, Poulin a marqué deux buts dans la victoire de 2-0 du Canada contre les États-Unis en finale du tournoi aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010.
Quatre ans plus tard, à Sotchi, en Russie, elle a été électrisante, marquant non seulement le but égalisateur à 55 secondes de la fin, mais aussi le but décisif en prolongation lors de la victoire 3-2 contre les Américaines, un moment historique pour le hockey canadien.
Puis, Poulin a marqué le deuxième but du Canada dans la défaite 3-2 en tirs de barrage contre les États-Unis en finale à Pyeongchang, en Corée du Sud, en 2018. Et Poulin a marqué deux fois, dont le but de la victoire, lorsque le Canada a ravi l’or aux États-Unis en 2022 à Pékin.
Les États-Unis ont remporté sept des huit matchs contre le Canada en 2025 — y compris la finale du Championnat du monde, en prolongation.
Mais l’entraîneur-chef américain, John Wroblewski, se méfie de ce que Poulin apporte dans les moments importants du match.
« Quand vous avez Poulin dans votre équipe, vous ne pouvez malheureusement pas parier contre elle, a-t-il déclaré. Vous abordez la plupart de ces matchs en sachant que vous avez déjà un but de retard, car elle va marquer un but ou faire une passe décisive dans l’un de ces matchs. »
La gardienne de but canadienne et coéquipière de Poulin chez la Victoire de Montréal, Ann-Renée Desbiens, est aux premières loges pour voir ce qui fait de sa capitaine une joueuse de haut niveau, mais aussi ce qui fait de Poulin une source d’inspiration pour celles qui l’entourent.
« Je sais que tout le monde parle des grands moments où elle brille, mais les gens ne se rendent pas compte qu’elle fait cela à chaque entraînement, à chaque match, quand personne ne la regarde, quand personne n’est là », a déclaré Desbiens.
« Elle travaille très dur quand personne ne la regarde. Elle s’assure de réserver du temps supplémentaire sur la glace le matin, si elle a une journée chargée », a ajouté la Québécoise.
« Elle m’a vraiment aidée à progresser. Ses habitudes d’entraînement vous donnent envie d’être la meilleure gardienne possible pour elle aussi, donc si vous l’affrontez à l’entraînement, vous voulez l’aider à s’améliorer, et elle veut vous aider à vous améliorer », a poursuivi Desbiens.
« Elle vous met au défi et vous oblige à respecter des standards très élevés. C’est la même chose dans le gymnase. Vous la voyez ajouter des poids, vous ajoutez des poids, puis elle ajoute encore plus de poids et, à un moment donné, vous vous dites: ‘Je ne peux plus ajouter de poids et suivre son rythme, mais je vais quand même faire de mon mieux’. C’est le genre de personne qui est très compétitive dans tout ce qu’elle fait, mais elle vous soutient aussi beaucoup », a résumé la cerbère de la Victoire.
Poulin rejoindra Wickenheiser et Jayna Hefford au palmarès des Canadiennes ayant disputé le plus grand nombre de tournois olympiques en hockey féminin, avec cinq participations. La capitaine américaine, Hilary Knight, a déclaré que ses cinquièmes Jeux olympiques seraient ses derniers.
Poulin, qui a joint la Victoire et épousé sa coéquipière canadienne Laura Stacey en 2024, n’a pas voulu se prononcer sur la question, à savoir si l’Italie serait son chant du cygne olympique, ou si une sixième participation aux JO de 2030 dans les Alpes françaises était une possibilité.
« Je n’ai pas d’échéanciers précis, a évoqué Poulin. Je veux vraiment profiter du moment présent. Je veux vivre pleinement de cette expérience. Je vais participer à ma cinquième édition (des JO). Honnêtement, j’ai du mal à y croire.
« L’amour que j’ai pour ce sport, l’amour que j’ai pour mes coéquipières, c’est ce qui me motive à continuer », a-t-elle dit.
Le Canada entamera la défense de son titre olympique jeudi, la veille de la cérémonie d’ouverture, contre la Finlande, à l’aréna de Milan-Rho.






