Jeux olympiques
Jeux OlympiquesOpens in new window

Elizabeth Hosking : le couteau entre les dents et le « sourire dans la face »

Publié le 

Elizabeth Hosking

Rien ne laissait croire que cette journée de novembre 2023 allait changer la vie d’athlète d’Elizabeth Hosking. Mais un manque de rotation dans une manœuvre à l’entraînement sur une demi-lune en Autriche avant sa saison de la Coupe du monde de surf des neiges a tout fait basculer. Au propre comme au figuré.

Ses talons ont touché le sol en premier. Sa tête a ensuite lourdement frappé la piste. Inconsciente, l’athlète des Laurentides a été transportée à l’hôpital, où elle est demeurée la nuit suivante en observation. Au lieu d’être l’une des têtes d’affiche du circuit en 2024, après sa médaille d’argent remportée aux Mondiaux quelques mois plutôt, elle a passé la saison en rééducation, avec de lourds symptômes post-commotion.

C’est finalement en décembre 2024, une saison plus tard, qu’elle est retournée sur le circuit. Toujours avec l’envie de gagner, mais avec une approche différente.

« L’année sans compétition a permis à un peu tout le monde de mon entourage de prendre un pas de recul. De se dire qu’au final, peu importe ce qui arrive, j’ai 24 ans et j’ai participé à deux éditions des Jeux olympiques », a-t-elle indiqué à La Presse Canadienne.

« Je suis la première Canadienne à obtenir une médaille aux Mondiaux en demi-lune (à Bakouriani, en Géorgie): j’ai écrit l’histoire et il faut que je me le rappelle. Alors, il y a une partie de moi qui a plus de plaisir. Oui, je veux des résultats, mais je me permets d’avoir plus de plaisir en compétition. Je veux m’amuser, et je pense que c’est ce qui explique mes succès en fin de saison [en 2025]. »

Cette nouvelle approche ne vient pas sans heurt. Elle doit elle-même apprivoiser ce nouvel état d’esprit, se le rappeler.

« J’aurais aimé connaître un retour à la compétition dont on aurait parlé pendant de nombreuses années, mais ce n’est pas nécessairement moi, a-t-elle confié. Je devais le faire à ma façon, et ça passe par le fait d’avoir un sourire dans la face. C’est ce que j’ai appris au cours des quatre dernières années: avoir le couteau entre les dents, mais sourire en même temps. »

Après avoir terminé deuxième au classement du globe de cristal de la demi-lune en 2023, Hosking a terminé 10e la saison dernière. Un pas de recul, certes, mais avec plein de moments encourageants, dont un podium à la Coupe du monde de Calgary, en février 2025.

« C’est sûr que le début de saison a été difficile. Ça faisait des années que je n’avais pas été éliminée en qualifications. Ç’a été une grosse saison au cours de laquelle il a fallu que je regarde les petites victoires quotidiennes pour justement continuer d’avoir la motivation. Mais ça a vraiment porté fruit », a assuré Hosking.

« D’avoir mon premier podium à mon retour à Calgary, à la maison, je n’aurais pu rêver mieux. La foule était tellement éclatante. Aux Mondiaux, toutes les meilleures étaient présentes, j’ai pu prouver que je faisais encore partie des meilleures [en terminant septième]. Je sais que j’ai encore des choses à travailler, mais je suis quand même capable, je fais partie des meilleures. C’est atteignable », a-t-elle dit.

Cette saison, Hosking semble avoir retrouvé tout son aplomb. Après une 11e place pour lancer sa saison en Chine, elle a obtenu trois top-7, dont une autre victoire à Calgary, pour se hisser au troisième rang du classement pour le globe de cristal, la plaçant parmi les favorites pour les JO de Milan-Cortina, déjà ses troisièmes. Elle peine encore à le réaliser.

« J’arrive toujours aux Jeux comme une personne différente. Comme compétitrice, tu vas de compétition en compétition, de saison en saison et, soudainement, l’année olympique arrive. Je n’ai pas encore réalisé l’ampleur de ce que je pourrais accomplir, mais plus on me parle de mes troisièmes JO, plus je commence à le réaliser », a raconté celle qui a terminé 19e aux JO de Pyeongchang en 2018 et sixième à ceux de Pékin en 2022.

« Chaque édition des Jeux est complètement différente. Mes premiers JO, c’était vraiment le rêve d’une petite fille qui se réalisait. À Pékin, les circonstances étaient complètement différentes avec la pandémie et tout », a-t-elle rappelé.

« De 20 à 24 ans, c’est énorme juste dans la vie à quel point tu changes, alors chaque édition des Jeux m’aura apporté des expériences complètement différentes et oui, je serai capable de me rappeler des éléments de chacun d’eux », a juré Hosking.

Hosking, Liam Braley et Cameron Spalding seront des qualifications de la demi-lune, le 11 février. Les manches finales se dérouleront le lendemain, au Parc à neige de Livigno.