Jeux olympiques

Kingsbury, mentor émérite d’une jeune équipe de bosses

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Au-delà de sa propre quête de médailles, Mikaël Kingsbury jouera le rôle de grand frère au sein d’une jeune équipe canadienne de bosses aux Jeux olympiques de Milan-Cortina, et il accepte volontiers cette responsabilité.

Les Québécois Julien Viel, Elliot Vaillancourt, Laurianne Desmarais-Gilbert et Ashley Koehler, de même que la Saskatchewanaise Maïa Schwinghammer et la Britanno-Colombienne Jessica Linton, en seront tous à une première participation aux Jeux.

Et pendant que Kingsbury emportera dans ses bagages ses 100 victoires en Coupe du monde – et ses trois médailles olympiques –, ses six coéquipiers totalisent deux victoires et 11 podiums combinés sur le circuit.

« Si j’ai un conseil pour les premiers Jeux, c’est de vraiment profiter du moment présent, a lancé Kingsbury, lundi, lors d’une visioconférence de l’équipe. Ça passe vite. Tu n’as pas besoin d’en faire plus parce que ce sont les Jeux olympiques. On va compétitionner contre les mêmes personnes, juste sur une scène un peu différente.

« C’est spécial. Il faut être fier, mais profiter de chaque moment, parce que tu claques des doigts, et tu vas être dans le vol de retour pour la maison », a-t-il averti.

Kingsbury, qui en sera à ses quatrièmes Jeux, sait pertinemment que la tâche est plus facile à dire qu’à faire. Tout est toujours plus gros aux Jeux olympiques, et les athlètes qui ont la chance d’y participer font toujours l’objet d’une attention démesurée.

À ses yeux, l’objectif est de garder les yeux rivés sur la compétition. Le reste peut attendre.

« Il y a beaucoup de monde qui va nous écrire des mots d’encouragement, des gens qu’on ne s’attend pas, comme d’anciens professeurs. C’est vraiment cool, mais il ne faut pas perdre d’énergie à essayer de répondre à tout le monde. Il faut vraiment se concentrer sur ton événement, et après, tu vas avoir tout le temps du monde pour t’occuper de tes médias sociaux et répondre », a-t-il conseillé.

À quelques jours de leur première expérience sur la plus grande scène de sport amateur, Viel et Vaillancourt se tourneront certainement vers Kingsbury pour éviter les faux pas. Ce n’est toutefois pas d’hier qu’ils suivent ses traces.

« Mik, c’est un modèle pour nous, a dit Viel, qui a gagné l’épreuve de bosses en parallèle de la Coupe du monde de Val Saint-Côme, plus tôt ce mois-ci. On le regarde skier, s’entraîner et gagner depuis qu’on est jeunes, et maintenant, on est avec lui dans l’équipe. On peut s’entraîner avec lui. On sait exactement ce que ça prend pour gagner une course.

« On le regarde aller, on essaie de faire ce qu’il fait, on prend quelques conseils et on est vraiment reconnaissants de l’avoir avec nous », a-t-il ajouté.

Le fait de pouvoir s’entraîner avec une légende du sport est bénéfique à bien des égards. Selon Vaillancourt, cette opportunité de se comparer à Kingsbury tous les jours permet d’écarter certains doutes.

« Ç’a toujours été assez inspirant de l’avoir avec nous. Ça nous garde assez honnêtes, a-t-il fait valoir. S’il y a une journée où ça ne va pas bien, je ne peux jamais vraiment blâmer la piste. Si je me revire et que Mikaël fait de belles descentes une après l’autre, l’excuse de la piste n’est pas valide. Ça nous garde humbles. »

N’allez pas croire, toutefois, que Kingsbury se contente du rôle de mentor. Il estime que ses coéquipiers le gardent sur le qui-vive et le forcent à se surpasser.

« Les gars me poussent tous les jours, a-t-il déclaré. Ce n’est pas pour rien qu’ils sont mes coéquipiers. Ils ont fait leur “job”. Les deux sont montés sur le podium en Coupe du monde à plusieurs reprises. Moi aussi, je suis choyé d’avoir des jeunes qui sont à fond et qui me gardent jeune. »

Et pour ce qui est de son état de santé, Kingsbury a tenu à rassurer tout le monde. Il a subi une blessure à l’aine en début de saison qui l’a forcé à faire l’impasse sur la Coupe du monde de Waterville Valley.

« Je me sens bien, a-t-il affirmé. C’est justement pour ça qu’on a pris une petite pause après Val Saint-Come. Je ne voulais pas courir après mes pieds en allant aux Jeux. J’ai pu m’entraîner et prendre mon temps pour me sentir presque à 100 % et compétitionner au maximum de mes capacités. »

Les épreuves de bosses et de bosses en parallèle auront lieu du 10 au 15 février, à Livigno.