Suivez les compétitions des Jeux olympiques de Milan-Cortina lundi sur RDS et au RDS.ca
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Elles sont maintenant assises face à face ou côte à côte dans les vestiaires. Elles se passent la rondelle lors de matchs de hockey enlevants.
Plusieurs Canadiennes et Américaines qui représenteront leur pays aux Jeux olympiques de Milan-Cortina en 2026 ont appris à passer du statut de coéquipières dans la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF) à celui d’ennemies jurées sur la scène internationale.
La rivalité entre le Canada et les États-Unis en hockey féminin est l’une des plus féroces dans le sport.
Les deux pays se sont affrontés dans toutes les finales olympiques, sauf une, ainsi que dans toutes les finales du Championnat du monde, sauf une. Le Canada présente une fiche de 17-12 dans ces matchs, mais une dizaine de ces affrontements se sont terminés en prolongation ou en tirs de barrage.
Les deux pays rivaux s’affronteront mardi en phase préliminaire du tournoi olympique de hockey féminin à Milan, en Italie.
Le Canada affrontera la Tchéquie, lundi (à 15 h sur RDS et le RDS.ca). Les Tchèques comptent également dans leurs rangs huit joueuses de la LPHF.
Ce circuit, qui en est à sa troisième saison d’existence, verra pour la première fois des joueuses de différentes origines qui évoluent ensemble dans la LPHF s’affronter, aux Jeux olympiques.
Même si certaines ont partagé des expériences en tant que coéquipières dans les rangs universitaires américains, il fut un temps où la majorité des joueuses canadiennes et américaines ne se voyaient que lors des matchs internationaux. Cela a engendré une certaine animosité.
Les joueuses ne pensent pas que la LPHF ait mis fin à leur rivalité pour la suprématie au hockey, même si certaines relations personnelles ont changé.
« On croise des visages familiers à des endroits où on n’en voyait pas auparavant, n’est-ce pas?, a dit la capitaine américaine Hilary Knight, qui est aussi la coéquipière de l’attaquante canadienne Julia Gosling chez le Torrent de Seattle. Avant, on ne se parlait peut-être même pas dans l’ascenseur, ou on prenait un ascenseur séparé. Je vois Gos... et je lui dis bonjour! Je n’aurais probablement pas fait avant.
« On a juste différents types d’amitiés, mais la rivalité est tellement réelle, et on l’apprécie tellement. Ça fait ressortir le meilleur de nous-mêmes quand on enfile le chandail de notre équipe nationale », a ajouté Knight.
Les Américaines et les Canadiennes ont également uni leurs forces au sein de l’Association des joueuses professionnelles de hockey féminin en 2019, afin de travailler ensemble à la création d’une ligue durable qui leur verserait un salaire décent, ce qui a finalement abouti à la création de la LPHF.
« La LPHF a tout changé dans notre sport. La rivalité a évolué. Elle a vraiment évolué avec la création de l’AJLPHF. Sa naissance s’est faite en collaboration avec les Américaines, a rappelé l’attaquante canadienne Brianne Jenner. Il y a plus de types de relations qui se tissent en dehors de la glace que peut-être dans la génération précédente, où, à moins d’aller dans la NCAA, avec des Américaines, on ne les croisait peut-être pas autant que maintenant.
« Ça change la rivalité, mais ne l’atténue pas, car nous sommes très compétitives. Vous ne voulez pas rentrer chez vous après un match de la Série de rivalité ou après un Championnat du monde et devoir retourner dans le vestiaire en tant que membre de l’équipe perdante », a résumé Jenner.
Au total, 13 joueuses des équipes olympiques canadienne et américaine sont actuellement coéquipières dans la LPHF.
Les attaquantes canadiennes Jenner et Emily Clark, ainsi que la défenseuse Jocelyne Larocque, sont les coéquipières de la défenseuse américaine Rory Guilday et de la gardienne de but Gwyneth Philips au sein de la Charge d’Ottawa.
La capitaine canadienne Marie-Philip Poulin, l’attaquante Laura Stacey, la défenseuse Erin Ambrose et la gardienne Ann-Renée Desbiens sont les coéquipières de l’attaquante américaine Hayley Scamurra au sein de la Victoire de Montréal. Knight et l’attaquante Alex Carpenter partagent le vestiaire du Torrent avec Gosling.
Quelques autres étaient d’anciennes coéquipières avant de rejoindre les clubs de la LPHF.
Poulin, par exemple, a joué une saison avec la Victoire aux côtés de la défenseuse américaine Cayla Barnes, avant que cette dernière ne rejoigne le Torrent cette saison.
« Tu vas dans le coin, elle va me pousser, elle va me frapper, elle va me donner un coup de bâton, a évoqué Poulin. Je vais faire la même chose.
« Quand ce sera fini, on pourra en parler, on pourra en rire, mais ce ne serait pas respectueux si on allait dans le coin en sachant qu’on est coéquipières à Montréal », a-t-elle poursuivi.
« La rivalité entre les États-Unis et le Canada est toujours là, que nous soyons coéquipières (dans la LPHF) ou non. C’est pour notre pays; c’est une question de fierté. C’est quelque chose de plus grand que nous. Nous sommes donc très fières de cette rivalité, et c’est tout aussi important, sinon plus, aujourd’hui », a expliqué Barnes.
Et il ne fait aucun doute que le résultat du tournoi olympique aura des répercussions jusque dans les vestiaires de la LPHF, après la pause des Jeux de Milan-Cortina.
« Les enjeux sont importants, et encore plus aux Jeux olympiques, a déclaré l’attaquante canadienne Sarah Nurse. Quand vous revenez et qu’ils annoncent : “Voici nos médaillées de bronze, voici celles d’argent, voici celles d’or”, et que votre nom n’est pas annoncé parmi les médaillées d’or, c’est vraiment décevant. »






