L’ex-hockeyeuse Mélodie Daoust vivra ses premiers Jeux olympiques en tant que retraitée. Elle a accroché ses patins en juin 2024 après une brillante carrière qui inclut deux médailles d’or décrochées aux Olympiques de Sotchi en 2014 et de Pékin en 2022 ainsi qu’une médaille d’argent récoltée à PyeongChang en 2018.
« Je ne te mentirai pas, c’est comme un petit couteau dans le coeur. J’ai encore la passion et chaque fois je me dis que j’aurais peut-être dû revenir au jeu, mais je sais que j’ai pris la bonne décision. Je vais regarder chacun des matchs. Je suis devenue une fan! »
France St-Louis a marqué l’histoire en faisant partie de l’équipe canadienne de hockey féminin dès sa création en 1990. Son rêve olympique s’est concrétisé à l’âge de 39 ans alors que le Canada se méritait la médaille d’argent à Nagano en 1998. La pionnière a ensuite été chef de mission adjointe à Sotchi en 2014. Maintenant retraitée du milieu de l’éducation, elle vivra les Jeux olympiques d’hiver Milano Cortina 2026 sur place, mais comme simple partisane, puisqu’elle s’est procuré des places pour la grande finale.
« Ça fait au moins 6 mois qu’on a les billets. Il y en avait à 200$, 400$ et 800$. Les moins chers se sont envolés donc on a été obligées de prendre les gros billets, mais ce n’est pas grave. On se dit que c’est une fois dans une vie, pas pour moi, mais pour mes trois autres amies qui m’accompagnent. On se croise les doigts pour que nos Canadiennes se rendent en finale! »
Ce souhait est assurément partagé par tous les amateurs au pays. Après tout, le Canada doit défendre sa médaille d’or de 2022, la cinquième en sept tournois olympiques. Hockey Canada misera sur une formation de 23 joueuses, toutes issues de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF). Sept d’entre elles feront leurs premiers pas sur la scène olympique. Leurs grandes rivales américaines présenteront une équipe plus jeune, qui inclut sept joueuses des rangs universitaires et onze recrues olympiques.
France admet d’emblée qu’elle a été un peu surprise de la sélection canadienne : « J’ai toujours cru que dans une équipe tu as besoin des vétéranes et de nouvelles jeunes joueuses. Un bon mix t’amène une énergie supplémentaire », mais rappelle du même souffle que dans un tournoi étalé sur quelques jours, tout peut arriver.
Cet aspect est au coeur de l’analyse de Mélodie : « La finale, c’est un match. Ce n’est pas une série. C’est la cohésion qu’il y a dans la chambre qui peut faire la différence. En 2022, sur papier on n’était peut-être pas la meilleure équipe, mais dans la chambre on était vraiment soudées. Je pense que ça part de là et ça on l’a au Canada », explique celle qui est encore en contact avec Troy Ryan et Gina Kingsbury, l’entraineur-chef et la directrice générale de l’équipe canadienne.
Pas de panique!
Les deux ex-olympiennes s’entendent sur le fait que la récente domination américaine n’a rien à voir avec ce qui se déroulera en Italie. Les États-Unis ont remporté le Championnat du monde en 2025 et ont balayé les quatre matchs de la Série de la Rivalité cet automne avec un total de 24 buts marqués, contre seulement sept pour le Canada.
« Pour être honnête, il faut se regarder dans le miroir. Les joueuses doivent se demander ce qu’elles doivent faire en préparation. Rendu aux Olympiques, c’est complètement une autre game. Oui, les Américaines sont rapides, mais il n’y en a pas beaucoup qui ont vécu le stress olympique et ça c’est quelque chose qui se gère avec tes vétéranes dans ton équipe. Plus tu en as, plus l’équipe sera calme », croit Mélodie.
« C’est tellement serré que l’expérience va nous aider à passer au travers. Je pense que Ann-Renée Desbiens va faire la différence. Je crois qu’on a aussi le côté psychologique avec nous. C’est sûr que là, les Américaines vont être positives parce qu’elles ont gagné les quatre matchs de la Rivalité, mais il faut qu’elles se rappellent qu’on a gagné beaucoup plus d’Olympiques qu’elles. Ça peut avoir un effet », ajoute France qui souligne qu’avant de gagner l’or aux Jeux de Salt Lake City en 2002, le Canada avait perdu huit matchs consécutifs contre les États-Unis.
Un meilleur calibre et plus d’engouement
Au-delà de la rivalité Canada-États-Unis, il est permis de croire que le niveau de jeu de plusieurs autres nations sera plus relevé que lors des tournois olympiques précédents. 22 joueuses de la LPHF seront réparties au sein de six équipes européennes, amenant avec elles une expérience supplémentaire.
À Pékin, le Canada avait multiplié les victoires écrasantes, notamment 11-1 contre la Finlande en ronde préliminaire et 11-0 contre la Suède en quart de finale. « L’équipe tchèque a tellement de joueuses à temps plein dans la ligue professionnelle qui maintenant vont jouer pour leur pays. Ça risque d’avoir un impact. Même chose pour la Finlande. Je m’attends encore à voir le Canada et les États-Unis en tête, mais je m’attends aussi à ce que les écarts soient vraiment réduits », prédit Mélodie.
La popularité croissante du sport féminin, incluant le hockey, au cours des dernières années se fera aussi sentir durant le tournoi olympique. France, détentrice de billets de saison de la Victoire, croit que l’avènement de la LPHF continuera de faire la différence puisque le public connait désormais des joueuses de plusieurs pays.
« Ça a amené beaucoup plus au niveau des médias, des réseaux sociaux. Cette visibilité fait que l’engouement est encore plus important. Les gens s’associent aux joueuses beaucoup plus.»
Où sont les Québécoises?
La formation qui représentera l’unifolié ne compte que deux Québécoises sur la patinoire, soit Marie-Phillip Poulin et Ann-Renée Desbiens, ainsi que Caroline Ouellette comme entraineuse-adjointe. C’est trop peu aux yeux de France.
« Ça me fatigue énormément. Il y a eu des années où on en a eu plus. Dans mon temps, nous n’étions pas beaucoup non plus. Depuis les dernières années, avec les équipes universitaires, collégiales, les autres réseaux, comment ça se fait qu’on n’en a pas plus que ça qui sont sur l’équipe nationale ? J’aimerais bien trouver la réponse. »
En tant que responsable du programme de hockey féminin au Collège Bourget de Rigaud, Mélodie côtoie la prochaine génération de joueuses qui rêvent de faire du hockey leur métier.
« La relève au Québec est en santé. On l’a vu au dernier championnat national des M18. Équipe Québec a gagné sa première médaille d’or. »
Elle cite également en exemple Madison Lévesque, membre du programme du Collège Bourget, qui fait partie des cinq Québécoises sur l’équipe canadiennes des U18 qui a décroché l’argent au Championnat mondial de l’IIHF ce mois-ci.
« Il faut leur donner des opportunités de se développer et les accommoder pour qu’elles soient sur la glace chaque jour comme on voit en Ontario et dans l’Ouest. »
Du côté de la relève chez les entraineuses, Mélodie Daoust sera une candidate de choix pour Hockey Canada, mais pas dans l’immédiat.
« On a eu des petites conversations. Quand mes enfants seront plus vieux, j’aimerais vraiment ça. Je pense que c’est de redonner à son pays, d’être dans l’entourage, d’essayer de partager ses connaissances et d’apprendre des joueuses aussi. »

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