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La consécration pour Valérie Maltais avec la 1re médaille canadienne

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Valérie Maltais
Valérie Maltais a remporté la médaille de bronze à l'épreuve du 3000 m aux Jeux olympiques de MIlan-Cortina. (Nathan Denette/THE CANADIAN PRESS)

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Quand Valérie Maltais a décidé de faire la transition du patinage de vitesse courte piste à celui sur longue piste après les Jeux de Pyeongchang en 2018, même ses parents ne comprenaient pas tout à fait cette décision.

Huit ans plus tard, Maltais a finalement livré la performance pour justifier cette décision et tous les sacrifices effectués par ses proches et elle durant sa carrière.

La patineuse âgée de 35 ans a remporté le bronze au 3000 mètres féminin en patinage de vitesse longue piste, samedi, aux Jeux olympiques de Milan-Cortina.

Maltais a inscrit un chrono de 3 minutes 56,93 secondes pour remporter une première médaille individuelle en carrière aux Jeux olympiques – et la première médaille du Canada à Milan-Cortina.

« Quand j’ai changé de sport, mes parents m’ont demandé pourquoi je faisais ça, pourquoi je changeais de sport à cet âge-là. Puis, je leur ai dit que j’aime ça être une athlète. Et que je pensais être capable de faire quelque chose de bien, de faire “ ma ” performance. Aujourd’hui, c’est ce que j’ai fait », a raconté Maltais, émotive.

L’entraîneur adjoint du programme national Muncef Ouardi, qui travaille avec les spécialistes des longues distances à Québec, a d’ailleurs qualifié la course de Maltais de « parfaite ».

« On utilise souvent l’expression à la légère, mais elle est passée à cinq dixièmes de seconde de sa marque personnelle en basse altitude », a précisé Ouardi.

Maltais avait gagné l’or en poursuite par équipes il y a quatre ans avec Isabelle Weidemann et Ivanie Blondin. Elle avait précédemment remporté l’argent au relais 3000 m féminin en patinage de vitesse courte piste en 2014 à Sotchi.

Cette fois, elle est montée seule sur sa marche du podium, après avoir échangé des câlins émotifs avec Ouardi et Weidemann, entre autres.

« Je me rappelais du moment où j’avais obtenu le bronze dans la même épreuve il y a quatre ans. Elle (Maltais) avait pleuré avec moi, a raconté Weidemann. Nous pratiquons un sport individuel, mais elle a amené cet esprit d’équipe que l’on voit au courte piste, où nous pouvons être fiers de nos coéquipiers et les appuyer. »

De l’agonie à l’euphorie

Maltais est passée par toute la gamme des émotions au Stade de patinage de vitesse de Milan.

Patinant dans la huitième des 10 vagues, Maltais a longtemps mené son duel avant d’être devancée par l’Italienne Francesca Lollobrigida.

Lollobrigida, médaillée d’argent dans cette même épreuve à Pékin en 2022, a rallié l’arrivée en 3:54,28, fracassant la marque olympique.

Maltais s’est imaginée toutes sortes de scénarios durant l’attente qui a suivi.

« Je ne savais plus quoi penser à la fin, s’est exclamé Maltais. Quand j’ai vu hier (vendredi) que j’étais dans la huitième paire, je me suis dit que c’était nous qui allions mettre la pression. C’est de cette manière que je m’étais préparée. Mais ç’a été stressant jusqu’à la fin! »

Dans la neuvième vague, la Norvégienne Ragne Wiklund s’est insérée entre Lollobrigida et Maltais avec un temps de 3:56,54.

Il ne restait que deux patineuses à s’élancer sur l’ovale de glace, dans une tension à couper au couteau à travers l’aréna.

« En voyant Isabelle et Joy (Beune) à la fin, je me disais que j’allais finir quatrième ou cinquième », a lancé Maltais avec un juron en plus. 

Finalement, Beune a perdu son avance par rapport au temps de Maltais en fin de course et s’est contentée du quatrième rang en 3:58,12. Weidemann, d’Ottawa, a pris le cinquième rang avec un temps de 3:59,24, 

Maltais avait de la difficulté à croire ce qu’elle voyait sur l’écran, sur lequel les rangs de ses rivales étaient écrits dans un caractère trop petit, s’est-elle plaint en riant.

« Je me suis entraînée pour être championne et je pense qu’il faut viser haut, a dit Maltais. Aujourd’hui, ce n’est pas une défaite. C’est vraiment une grosse victoire pour moi. »

Cette victoire, elle a travaillé très fort pour l’obtenir. Sa liste de personnes à remercier était longue. Parmi ceux au haut de la liste, il y avait son conjoint, l’ancien patineur canadien Jordan Belchos, qui n’était toutefois pas sur place alors qu’il tente de compléter sa maîtrise en architecture. Il y avait les entraîneurs nationaux à Québec, Gregor Jelonek et Ouardi. Et il y avait bien sûr ses parents, qui ont fait le voyage à Milan pour venir la voir en action durant ce qui sera ses derniers Jeux olympiques.

Retenant des larmes, Maltais a rappelé que ses parents étaient aussi là en 2010 à Vancouver, quand elle a participé à ses premiers Jeux olympiques, à 19 ans, en courte piste. La présence de son père était particulièrement touchante, puisqu’il n’aime pas voyager, car il est claustrophobe, a-t-elle noté.

« Quand il m’a dit qu’il allait venir ici, il a dit: “Nous avons commencé l’aventure ensemble, nous la finissons ensemble”, a raconté Maltais. J’ai toujours eu des parents qui ont cru en moi. (...) De les avoir ici, pour moi, ça veut dire beaucoup. »

Laura Hall, de Salmon Arm, en Colombie-Britannique, a pris le 13e rang à sa première compétition à vie aux Jeux olympiques. Elle a inscrit un chrono de 4:06,15.

La prochaine compétition de patinage de vitesse longue piste aura lieu dimanche, alors que les hommes seront en action au 5000 m. Le Canadien Ted-Jan Bloemen est inscrit à l’épreuve, à laquelle il a gagné l’argent lors des Jeux de Pyeongchang, en 2018.