Les Canadiennes n’ont pu causer une dernière surprise en s’inclinant 33-13 contre l’Angleterre, en finale de la Coupe du monde de rugby féminin la semaine dernière.
Selon la vétérane Karen Paquin, le moral est bon malgré la déception de ne pas avoir atteint les plus hauts sommets. Le Canada convoitait son premier titre, après s’être incliné également devant l’Angleterre en finale en 2014.
« On revient quand même avec une grande fierté et on a accompli quelque chose de spécial, a déclaré la Québécoise à l’émission Le 5 à 7. On a vraiment l’impression d’avoir touché un peu tout le monde au pays avec le rugby. Malgré le fait qu’on n’a pas gagné la Coupe du monde, ça reste mission accomplie. »
Cette finale, qui s’est déroulée devant une salle comble de 81 885 spectateurs au légendaire stade Twickenham, soit la plus grande foule de l’histoire du rugby féminin, constitue tout de même une certaine victoire pour celle qui a consacré sa vie à ce sport.
« C’est un peu le seul moment où tu te permets vraiment d’apprécier ce qui est en train de se passer. On entre dans le stade et on voit les 81 000 sièges qui sont remplis, il y a du bruit, c’est un peu étouffant. C’est vraiment un moment où tu te dis : “Wow, on s’apprête à faire partie de l’histoire!”.
« Il y avait une certaine hostilité dans le stade, mais on s’était préparées à ça. On savait que ça allait arriver, qu’on allait avoir du support en très petit nombre. Mais on se disait que s’il y a 82 000 personnes dans le stade contre nous, le reste de la planète était avec nous, donc on se consolait un petit peu comme ça. »
Le Canada a bousculé tout le monde en route vers sa première finale en 11 ans, incluant la sélection championne en titre, la Nouvelle-Zélande, en demi-finales. Il a ainsi confirmé son deuxième rang mondial, derrière l’Angleterre.
La force de l’unifolié réside entre autres dans sa chimie collective.
« Le fait qu’on s’entraîne un peu envers et contre tous, ça crée une union et une force qui est quand même spéciale. Tout le monde s’aime sur le terrain, tout le monde est soudé et croyait en cet objectif commun. On a passé à travers pas mal de choses ensemble.
« On a vraiment senti qu’il y a beaucoup de monde qui découvrait le rugby féminin, et le rugby point. On espère que ça va donner un bon essor à notre sport ici au Canada. Nous on savait qu’on était bonnes, mais on a eu l’impression que tout le monde est tombé en amour avec notre sport. C’est tellement une belle vitrine pour nous, on espère en profiter. »
Karen Paquin est aujourd’hui âgée de 38 ans. Elle a pris part à deux Coupes du monde et quatre Jeux olympiques. Elle indique qu’elle a peut-être disputé son dernier match en carrière sur la scène internationale.
« C’est bien possible. J’ai joué ma dernière Coupe du monde, ça c’est certain. Mais mon dernier match, peut-être, probablement… Je me laisse une porte ouverte, je vais voir comment je me sens dans les prochains mois, les prochaines semaines. J’arrive à la fin de mon parcours. Certains diront que c’est ce que j’ai dit la dernière fois aussi, mais cette fois, c’est plus vrai. Les prochains mois vont déterminer si je fais une dernière présence. »





