Harry Kane a fait du Harry Kane, avec un record égalé et un doublé de plus, pour porter l’Angleterre vers un nouveau succès en Ligue des nations, mardi à Wembley contre la trop limitée République tchèque (3-0).
Le capitaine de 33 ans a écrit l’histoire dès le coup d’envoi, fort d’une 125e cape qui l’a placé à la hauteur de l’ancien gardien Peter Shilton, seul détenteur jusqu’ici du record anglais de sélections.
Et il a fêté l’événement dignement, balle au pied, lorsqu’il a provoqué un but contre son camp (27e), poussé l’avantage en renard des surfaces (40e) et porté le coup de grâce, de la tête sur corner (3-0).
« C’était une soirée parfaite pour moi et pour l’équipe », a commenté sur ITV le capitaine, trois jours après un autre doublé en Croatie (7-0).
Grâce à lui, l’Angleterre est presque déjà qualifiée pour les quarts de finale de la Ligue des nations. Deuxième du groupe A3 (9 points) derrière l’intouchable leader espagnol (1re, 12 pts), elle possède six unités d’avance sur la Croatie (3e, 3 pts) avant les deux dernières journées.
Le « prince » Harry offre ainsi de la tranquillité à son sélectionneur Thomas Tuchel.
91 buts pour Kane
Entré dans cette fenêtre internationale sous le feu des critiques, pour sa tactique jugée trop défensive en demi-finale du Mondial contre l’Argentine (défaite 2-1), l’Allemand en ressort avec un bilan de trois victoires en quatre matchs, 14 buts marqués et, surtout, de belles promesses affichées dans le jeu, même en l’absence de certains titulaires.
Mardi, son équipe était partagée pour moitié entre habitués du « onze » de départ (Pickford, Guéhi, Quansah, Anderson, Bellingham, Kane), d’un côté, et seconds rôles ayant des choses à prouver (Alexander-Arnold, Hall, Lewis-Skelly, Eze et Rogers), de l’autre.
Dans la première catégorie, Kane s’est donc démarqué, comme souvent.
L’avant-centre du Bayern Munich a d’abord provoqué le « csc » de Vladimir Coufal d’un centre dangereux (27e, 1-0), il a ensuite surgi pour bonifier un joli service de Morgan Rogers (40e, 2-0), puis enrichi sa palette d’un but sur corner, de la tête (57e, 3-0).
Le meilleur artificier anglais de l’histoire compte désormais 91 buts avec l’Angleterre, dont 23 dans ses 23 dernières apparitions.
Il aurait même pu ajouter un nouveau pion à sa riche collection mais il a envoyé sur la barre transversale une passe de Trent Alexander-Arnold (54e).
Le latéral droit du Real Madrid était lui aussi une des attractions de la soirée, car Tuchel l’a plus souvent snobé que titularisé depuis son début de mandat, en janvier 2025.
Contre les Tchèques, bons derniers du groupe A3 (quatre défaites), le défenseur a pu mettre en valeur ses aptitudes offensives avec ses passes longues, ses accélérations et ses coups de pied arrêtés, à l’instar du coup franc direct bien tiré mais bien repoussé par Lukas Hornicek (5e).
Il part cependant de loin dans l’esprit de Tuchel pour gagner sa place de titulaire dans les grands matchs. Les deux prochains en seront, contre la Croatie à la maison et contre l’Espagne à Madrid, en novembre.
Merino sauve l’Espagne en Croatie
Menée au score et bousculée, l’Espagne, championne du monde en titre, a renversé la Croatie (2-1) grâce à un doublé de l’inévitable Mikel Merino, et s’est qualifiée pour les quarts de finale.
La Roja, invaincue depuis 2023 en compétition officielle, a bien failli descendre de son nuage, mardi soir à Split, mais son joker de luxe Mikel Merino, entré à la mi-temps, en a décidé autrement.
Le milieu de terrain d’Arsenal, buteur décisif lors du Mondial-2026 pour envoyer son équipe en quarts, puis en demies, a une nouvelle fois enfilé ce costume de « supersub » qui lui va si bien et fait parler son sens du but (61e, 88e), pour prolonger la série espagnole en cours avec un 42e match consécutif sans défaite.
« C’est un honneur et une fierté d’entraîner un joueur de ce talent et avec autant de qualités humaines. Quand nous allions au Mondial, il revenait de blessure et je vous avais dit que j’étais prêt, si besoin, à l’amener en le portant dans mes bras. Certains ont dit que j’étais fou. Je crois que non, et il l’a clairement démontré », a affirmé son sélectionneur Luis De la Fuente.
« C’est l’un de ces joueurs dont on ne reconnaît pas assez le talent footballistique. Je suis sûr que dans d’autres pays, il serait plus valorisé », a-t-il ajouté.
Avec 12 points glanés en quatre journées, les champions du monde et champions d’Europe en titre disputeront leurs deux dernières rencontres de la phase de poules sans pression, déjà assurés d’être qualifiés pour les quarts de finale, comme le Portugal.
Piqués dans leur orgueil après avoir concédé la pire humiliation de leur histoire, face à l’Angleterre (7-0), les Croates ont craqué à dix contre onze après l’exclusion du vétéran Ivan Perisic (79e), qui avait pourtant ouvert le score de la tête en reprenant une tentative du buteur de Fribourg Igor Matanovic (17e, 1-0).
Cela faisait plus de deux ans, depuis la demi-finale de l’Euro-2024 contre l’équipe de France, que la Roja ne s’était plus retrouvée menée 1-0, et elle aurait carrément pu sombrer, sans une parade de son gardien Unai Simon devant Matanovic (23e).
La machine collective espagnole a alors eu le plus grand mal à se mettre en route, à l’image de son prodige et détonateur Lamine Yamal, bien contenu par le défenseur de Manchester City Josko Gvardiol et souvent encerclé par trois joueurs.
Le jeune gaucher, auteur de quatres buts lors des trois premières rencontres de cette fênetre, dont trois inscrits dans les six premières minutes, a ainsi dû patienter pour tenter une première frappe (33e), contrée, puis une deuxième (45e+1), dans le petit filet extérieur.
Dos au mur à la mi-temps, le sélectionneur Luis De la Fuente a donc lancé son chouchou, Mikel Merino, à la place d’Alex Baena, pour offrir à Yamal et ses coéquipiers un appui dans la surface et trouver la faille.
C’est ce qu’il a fait à l’heure de jeu, du plat du pied gauche, sur un centre de Lamine Yamal mal repoussé par la défense croate dans les pieds de Dani Olmo (61e, 1-1), puis d’un enchaînement exceptionnel de pur buteur dans la surface (89e, 2-1).
Une nouvelle mission accomplie avec brio par l’ex-joueur de la Real Sociedad, milieu relayeur devenu spécialiste du crochetage de serrure.






