Manchester City a été reconnu coupable d’avoir mis en place des contrats «fictifs» dans le cadre d’une série d’infractions financières ayant contribué à sa domination du soccer anglais, au cœur de ce qui est devenu le plus grand scandale de l’histoire de la Premier League.
Selon le verdict d’une commission indépendante publié mardi, le club a été reconnu coupable de la quasi-totalité des plus de 100 chefs d’accusation — un nombre sans précédent — portés contre lui sur une période de neuf ans, durant laquelle l’équipe soutenue par Abou Dabi a transformé le paysage du championnat de soccer le plus riche et le plus populaire au monde.
Les irrégularités financières reprochées à Manchester City représenteraient un montant supérieur à 900 millions de livres sterling (1,19 milliard $ US).
Richard Masters, directeur général de la Premier League, a déclaré que la décision démontrait que le club avait «systématiquement enfreint les règles de la Premier League pendant près d’une décennie».
«Cette affaire disciplinaire ainsi que cette décision sont les plus importantes de l’histoire de la Premier League», a affirmé Masters.
Manchester City s’expose désormais à de lourdes sanctions, pouvant aller d’un retrait massif de points jusqu’à l’exclusion du championnat, ce qui porterait gravement atteinte à la réputation de ses propriétaires d’Abou Dabi.
La Premier League a indiqué que les sanctions seraient déterminées lors d’une audience distincte menée par la commission indépendante.
Manchester City a toujours nié toute irrégularité et s’est dit «déçu et surpris» par le verdict. Le club prévoit également de prolonger une affaire qui dure déjà depuis plus de trois ans en faisant appel de la décision, affirmant qu’il mènerait un combat «acharné» pour laver son honneur.
Tout appel de la part de Manchester City devra être déposé d’ici vendredi, a précisé la ligue. Interrogé par la chaîne Sky News, le directeur général du club, Ferran Soriano, a répondu: «Je n’ai rien à dire, merci.»
Cette décision retentissante survient après que la nouvelle eut circulé la semaine dernière selon laquelle les accusations contre Manchester City seraient probablement confirmées au terme d’une procédure approfondie.
La Premier League a engagé cette procédure il y a plus de trois ans, alors que les premières allégations sont apparues en 2018, à la suite de fuites de courriels et de documents internes du club.
Manchester City a été accusé d’une série d’infractions financières commises entre 2009 et 2018 — une période durant laquelle le club du nord-ouest de l’Angleterre, longtemps resté dans l’ombre de son grand rival Manchester United, s’est métamorphosé en une puissance mondiale aux résultats records, remportant plusieurs titres de Premier League ainsi que la Ligue des Champions de l’UEFA.
Ces infractions incluaient le défaut de communication d’informations financières exactes, la présentation de chiffres gonflés concernant des contrats de commandite en provenance d’Abou Dabi, la dissimulation de paiements et la violation des règles financières établies par la Premier League et l’UEFA — des règles visant à garantir la stabilité financière des clubs en leur interdisant de dépenser au-delà de leurs moyens.
Par ailleurs, Manchester City a dû répondre de nombreuses autres accusations de non-coopération avec l’enquête menée entre 2018 et 2023.
Le verdict de mardi promet de semer le chaos dans le soccer anglais, déclenchant une vague de poursuites judiciaires de la part de clubs rivaux réclamant des dédommagements pour avoir subi les conséquences des agissements de Manchester City.
La question se pose également à savoir si les grandes vedettes de Manchester City, telles qu’Erling Haaland et Rayan Cherki, resteront au sein du club, et quel avenir attend le cheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan. Ce dernier, vice-premier ministre des Émirats arabes unis et membre de la famille royale d’Abou Dabi, a racheté l’équipe en 2008. Il est depuis devenu propriétaire d’un groupe d’équipes à travers le monde — sous la bannière du City Football Group — incluant notamment le New York City FC et le Melbourne City.
L’affaire pourrait finir devant la Haute Cour de Londres si Manchester City estime que la procédure a été inéquitable ou partiale.





