Soccer
soccerOpens in new window
Nathan SalibaOpens in new window
CF Montréal de CF MontrealOpens in new window

Saliba revient à Montréal par la grande porte

Publié le 

MONTRÉAL – On espère toujours se montrer sous son meilleur jour devant une ancienne flamme. Pour son retour à Montréal, Nathan Saliba aurait difficilement pu être dans une forme plus splendide.

En Belgique, où il a été transféré cet été après deux saisons et demie dans l’équipe première de son club formateur, le milieu de terrain de 21 ans vient de trouver son erre d’aller. Après une initiation inégale, il a été titularisé à ses trois derniers matchs. Il a obtenu sa première passe décisive dans une victoire contre Gent et été nommé l’homme du match dans un Clasico qu’Anderlecht a remporté contre le Standard Liège.

Plus qu’une simple séquence dans une saison constituée de hauts et de bas, Saliba voit cette succession de bonnes performances comme la démonstration qu’il a atteint le niveau de confort nécessaire pour finalement montrer son vrai visage. Il a trouvé ses marques et n’entend pas décélérer.

« Je pense que ça faisait partie de l’adaptation, suggère-t-il quand on lui parle de certains matchs où son entraîneur l’a ramené sur le banc avant même le début de la deuxième demie. Ce n’est pas facile non plus de changer d’équipe directement, de changer de championnat. C’est différentes demandes par rapport à ce que le coach recherche et différentes dynamiques dans la ligue aussi. Je pense que ça faisait partie de l’adaptation. »

Arriver dans un club bien coté en Europe, un club qui a payé une rondelette somme pour obtenir ses services, à un âge où la jeunesse ne peut plus servir d’excuses, ça ne se gère pas de la même façon qu’un passage chez les pros à 18 ans, dans sa ville natale, dans la patience et la bienveillance. Les exigences et les attentes immédiates ne sont pas les mêmes, la pression de performance non plus.

Avec le recul, Saliba estime que c’est sa bonne forme en équipe nationale qui l’a aidé à réussir cette transition. Parce que là aussi, les choses vont plutôt bien pour lui.

Cet été, à son deuxième mandat avec la sélection séniore, le Longueuillois a atteint un statut supérieur. Il a obtenu un premier départ, et joué 90 minutes, contre l’Ukraine. Puis il a mérité deux autres titularisations en Gold Cup, deux matchs dans lesquels il a marqué ses deux premiers buts. Dans ses actions comme dans ses célébrations, la confiance lui sortait par les oreilles. On assistait en direct à l’éclosion d’un nouvel étalon dans le milieu de terrain canadien.

« Je pense que quand tout se passe aussi bien, tu prends beaucoup de confiance dans ton jeu, tu prends beaucoup de confiance dans tes capacités. En tant que footballeur, c’est la meilleure chose à avoir, c’est de la confiance en soi sur le terrain. C’est sûr que quand les choses comme ça s’enchaînent, les buts, les bonnes performances, c’est sûr que ça te motive à vouloir en faire plus, à toujours vouloir dépasser ta performance d’avant. »

« C’est quelque chose qui m’a énormément aidé, ajoute-t-il en repensant à sa nouvelle vie en club. Je pense que ça a été une bonne chose pour moi de faire ça avant mon départ du CF Montréal vers Anderlecht parce que j’arrive dans un endroit où je n’ai pas vraiment le temps de manquer de confiance en moi. Il fallait que j’aie directement confiance en mes qualités pour essayer de montrer le plus possible dès le départ. »

Brouiller les cartes

Après la Coupe du monde de 2022 au Qatar, il semblait acquis que le Canada ferait sa transition vers le tournoi de 2026 avec Stephen Eustaquio et Ismaël Koné au milieu de terrain. Ce jumelage apparaît encore comme l’option la plus probable à moins d’un an du match d’ouverture, mais de légitimes débats se dessinent. Le statut précaire d’Eustaquio en club et tous les impondérables qui font de Koné une boîte à surprises ont ouvert la porte à d’autres candidatures.

À peine un an après son premier camp avec l’équipe nationale, Saliba, tout comme son ami québécois Mathieu Choinière ou le jeune Canado-Croate Niko Segur, pourrait réellement brouiller les cartes.

Soumis à cette théorie, il met ses gants blancs de politicien. À chaque position, soumet-il, l’équipe canadienne a la profondeur pour créer une saine compétition.

Ce qu’il est prêt à admettre, sans langue de bois, c’est que les choses ont avancé vite pour lui dans la dernière année.

« Dès le début, dès mon premier camp, j’apprenais à découvrir ce que c’était, ce que le coach demandait. Je suis très content que ça a directement coïncidé avec les qualités que je pouvais offrir. Dès que j’ai réalisé que je pouvais cadrer dans le pool de joueurs, dans ce qu’on recherchait et demandait, pour moi la seule chose qu’il me restait à faire c’était de me concentrer à travailler le plus fort possible, à prendre les minutes que je pouvais prendre et à montrer le plus de choses que je pouvais. »

Saliba a atteint un tel niveau d’aisance avec les Rouges qu’il se dit sur le pilote automatique. Pas celui qui permet de relâcher pendant qu’il fait tout le travail à notre place. Plutôt celui qui permet de jouer librement, sans être ralenti par d’encombrantes réflexions dans le feu de l’action.

Cet été, le sélectionneur canadien Jesse Marsch a reconnu qu’il aurait pu mieux gérer l’intégration de Saliba en équipe nationale et qu’il regrettait de ne pas l’avoir impliqué plus tôt dans ses plans. Aujourd’hui, il lui serait impensable de s’en passer.

Avant l’arrivée de l’équipe à Montréal, où elle disputera vendredi un match amical contre l’Australie, Marsch a décrit Saliba comme un joueur « intelligent, technique et très doué tactiquement. »

« Je crois que le championnat belge ne sera qu’un tremplin vers quelque chose de plus gros pour lui en Europe », a-t-il prédit.

« Ça fait du bien, a réagi Saliba quand on lui a relayé ces propos. Je suis content de voir que le sélectionneur a confiance en mes qualités et en moi. De savoir qu’il pense ça de moi pour mon avenir, ça en dit beaucoup sur le potentiel qu’il voit. »