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CF Montréal : À chacun sa mission

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COLLABORATION SPÉCIALE

 

Cette semaine au micro de Martin Lemay (BPM Sports), Gabriel Gervais précisait que la philosophie du CF Montréal n'avait pas changé, malgré l'arrivée de plusieurs joueurs plus expérimentés. On veut toujours développer et vendre de jeunes talents, afin d'assurer la viabilité du modèle d'affaires.

 

La saison dernière a toutefois permis de constater qu'il doit y avoir un équilibre dans le groupe. Les jeunes ne pourront jamais atteindre la maturité sans tuteurs solides pour les aider à grandir.

 

Il faut aussi s'assurer que l'éventail de ces missions soit assez varié pour éviter un déséquilibre des profils. S'il n'y a que des jeunes, il manquera d'expérience et de leadership. S'il n'y a que des vétérans, la gestion humaine sera plus complexe et la masse salariale probablement hors de prix pour le budget dont disposent les dirigeants du XI montréalais.

 

La motivation collective doit être commune, mais les motivations individuelles et les stades de développement doivent être variés. Voilà où la construction de l'effectif 2024 me semble mieux réussie.

 

On dit que dans le monde du sport professionnel, les joueurs sont devenus leur propre PME. Pour compléter une mission collective, suffisamment de joueurs doivent avoir atteint leurs missions individuelles.

 

En voici quelques-unes qui sont ressorties lors de notre présence à Orlando pour le camp d'entraînement.

 

Se relancer vers le sommet

 

Josef Martinez dit avoir le record de Chris Wondolowski dans la mire. Ça dit tout sur la perception qu'il nourrit des années qu'il a encore devant lui.

 

L'attaquant de 30 ans doit encore marquer 67 buts pour devenir le meilleur buteur de l'histoire de la MLS. Ayant marqué un total de 28 buts en 77 matchs au cours des trois dernières saisons, l'objectif est ambitieux.

 

S'il marque plus de 15 buts buts cette saison, on dira qu'il a tous les droits de rêver à ce record. S'il n'en marque qu'une dizaine, on aura peut-être le sentiment qu'il rêve en couleurs.

 

D'ici là, l'important est que le CF Montéal a dans ses rangs un attaquant qui se croit encore capable de dominer. Dans la foulée des Marco Di Vaio, Didier Drogba et Nacho Piatti, Martinez a la capacité d'élever à lui seul les standards d'un groupe entier.

 

Laurent Courtois disait vouloir des joueurs obsédés par l'idée de créer des chances et marquer des buts. Il a trouvé son homme.

 

S'imposer

 

Bryce Duke apportait un vent de fraîcheur à son arrivée à Montréal en avril dernier.

 

Au final, sa première saison dans un maillot montréalais aura été frustrante.

 

Les nombreux retraits à la mi-temps sous Hernan Losada ont affecté sa confiance. « Je crois que personne à travers la ligue n'a été retiré plus souvent que moi à la mi-temps », me partageait-il dans un entretien à l'hôtel de l'équipe à Orlando.

 

Question d'être mieux équipé pour affronter ces passage plus difficiles, Duke a commencé à travailler avec un préparateur mental au cours des derniers mois.

 

Il a aussi ajusté sa préparation d'entre-saison. Retourné voir sa famille en Arizona, il a moins touché le ballon et passé plus de temps au gym. L'Américain est pleinement conscient que sans se dénaturer, il doit muscler son jeu pour s'imposer dans un milieu de terrain où la compétition sera féroce.

 

Bien qu'il n'aura que 23 ans à la fin du mois, je crois que c'est une saison charnière pour lui. Ses qualités techniques sont indéniables, mais il doit développer un peu plus de méchanceté dans son jeu pour passer un cap.

 

Histoire inachevée

 

Duke trouvera facilement quelques exemples à suivre autour de lui. S'il en est un qu'on ne doit pas convaincre de s'imposer physiquement, c'est bien Matias Coccaro.

 

À son premier match préparatoire, il n'a eu besoin que de quelques minutes pour convaincre ses coéquipiers et son coach qu'il sèmera le chaos dans les défenses adverses. « Il est fou et j'adore ça », nous glissait un d'eux après la rencontre.

 

Coccaro est un pur produit de l'Uruguay. La Grinta incarnée.

 

Plus jeune, un contexte hors-terrain défavorable a fait en sorte que ses essais en Europe n'ont pas abouti. « Je regardais autour de moi et je savais que j'avais ce qu'il fallait », nous a-t-il partagé.

 

Derrière son sourire contagieux se cache un désir de reprendre une histoire inachevée avec le vieux-continent. Une histoire avec laquelle il ne renouera que si ses performances avec le XI Montréalais le justifient. Bref, ce qui sera bon pour Coccaro sera bon pour le CF Montréal.

 

À ces quelques exemples, on peut ajouter des jeunes comme qui veulent ébranler le statu quo comme Rida Zouhir ou d'autres qui amorcent la saison de confirmation comme Jonathan Sirois et Nathan Saliba. La nouvelle mouture du XI Montréalais contient aussi des nouveaux venus qui peuvent immédiatement s'intégrer en défense comme Joaquin Sosa et Ruan.

 

En termes de profils et de niveaux d'expérience, la recette 2024 a des ingrédients plus variés que l'an dernier. Espérons qu'elle soit aussi plus relevée en résultats.