MONTRÉAL — Le temps manquera peut-être aux joueurs du CF Montréal pour appliquer parfaitement le système de jeu de l’entraîneur-chef par intérim Philippe Eullaffroy, mais pas pour retrouver le plaisir de jouer.
Et c’est une clé qui pourrait faire la différence lorsque les Red Bulls de New York seront en visite au stade Saputo, samedi après-midi.
Aussi sympathique soit-il, il y a des raisons pour lesquelles Marco Donadel a été congédié dimanche matin, moins de 24 heures après une défaite aux mains de l’Union de Philadelphie lors de la rentrée à domicile du Bleu-blanc-noir.
Évidemment, pour commencer, la fiche de 1-6-0 est loin d’être reluisante. Aussi, dans sa conférence de presse de lundi, Luca Saputo, le directeur principal, recrutement et méthodologie sportive de l’équipe, avait parlé de l’utilisation de certains joueurs. Mais la chose qui a semblé le plus surprendre la direction du club, c’est la façon dont se sont déroulés les matchs.
Si la clarté des idées offensives a été remise en question, le système de défensive homme à homme a également causé beaucoup d’ennuis sur le terrain. Eullaffroy l’avait constaté. Et depuis qu’il a pris les rênes, une partie de ses entraînements a été axée sur le retour à une défensive de zone.
Quand vient le temps de changer un système en cours de saison, l’enfoncer dans la gorge des joueurs n’est pas toujours la bonne solution. Ça aussi, Eullaffroy l’a compris.
« Cette semaine, nous avons mis l’accent sur la joie. Je pense que ça va être l’élément le plus important, même plus que l’aspect tactique. Ce sera le levier le plus intéressant et le plus puissant pour le match de samedi, a-t-il exprimé, jeudi, après un entraînement au Centre Nutrilait.
« Nous avons aussi focalisé sur le travail de zone. Ils ont tous joué ce système à un moment de leur carrière. C’est de revenir à des choses qu’ils connaissent déjà, mais il faut quand même du temps que ces automatismes reviennent. Le club a demandé d’avoir une identité sur le terrain. Si elle n’est pas encore là samedi, nous nous en excuserons un peu au départ parce que nous avons manqué de temps, mais nous allons vraiment vers ça. »
Il ne faut pas parler longuement avec Eullaffroy pour comprendre qu’il possède de grandes qualités de pédagogue. Le capitaine Samuel Piette l’a même qualifié de scientifique, jeudi.
Le CF Montréal compte dans ses rangs plusieurs jeunes joueurs, dont plus de la moitié sont âgés de 23 ans ou moins, et l’aspect mental peut parfois céder dans les moments difficiles. L’entraîneur-chef par intérim a cependant réussi à amener du plaisir dans les entraînements et il veut s’assurer que la concentration de chacun soit dirigée vers les situations positives pour que l’équipe puisse remonter au classement.
« Ce n’est pas parce que tu as des problèmes que tu dois stresser, parce que le stress ne t’aidera pas à devenir meilleur. Il faut être frais mentalement, avoir une pensée positive et jouer pour son coéquipier, a déclaré Eullaffroy. Nous avons perdu six de nos sept matchs, mais je crois fortement, et la science l’a prouvé, qu’il faut avoir une mentalité positive pour traverser un obstacle et marcher vers l’avant. C’était l’objectif de cette semaine. »
« L’ambiance est un peu plus légère, a ajouté Piette. Avant chaque entraînement cette semaine, Phil nous a fait effectuer un exercice un peu loufoque et complètement champ gauche. Ça fait en sorte que le groupe visait des émotions positives sur le terrain. »
Il y a un aspect plutôt mystique à parler de la force de la jovialité, mais si c’est ce qui peut aider à redresser le Bleu-blanc-noir, tout le monde ressortira gagnant. Surtout que dans la colonne des éléments positifs, le club n’a eu qu’une victoire à se mettre sous la dent cette saison.
Mais comme le hasard fait bien les choses, c’est l’équipe qu’il a battue il y a un peu plus d’un mois qui pourrait lui permettre de se relancer. À ce moment, le CF Montréal avait eu raison des Red Bulls 3-0, à Harrison.
Depuis, les circonstances ont changé et Eullaffroy s’attend à un match bien différent.
« Nous pouvons utiliser cette victoire, mais nous ne pourrons pas faire un copier-coller de la même manière, a-t-il noté. Déjà, le personnel d’entraîneurs n’est pas le même et la façon de jouer sera un peu différente. Il faut créer notre propre histoire sans être trop dépendants des autres. »
Peu utilisé cette saison, soit seulement 103 minutes, Piette pourrait voir un peu plus d’action grâce au changement de système. Certains ont même parié qu’il serait l’un des milieux de terrain partant, samedi.
Le vétéran de 31 ans s’est dit prêt à tout pour aider l’équipe, comme d’habitude, mais il ne semble pas avoir d’attentes pour le moment.
« J’ai une moins grosse place depuis le début de l’année, mais je pense que le style de jeu de Phil colle un peu plus à ce que je peux amener sur le terrain, a mentionné Piette. Il sait que je peux être important pour ce groupe-là, mais ça ne veut pas dire que je vais jouer toutes les minutes parce que je suis un bon Québécois. Je pense quand même qu’il voit en moi une utilité sur le terrain, avec mes qualités et mon expérience. »
Acquis il y a deux semaines, le milieu de terrain Frankie Amaya sera disponible, au besoin, même s’il n’a pas joué depuis le mois de novembre.
Le défenseur Bode Hidalgo ne s’est pas entraîné avec ses coéquipiers et il ne sera pas en uniforme contre les Red Bulls (3-2-2). Les cas de Hennadii Synchuk et Wikelman Carmona sont incertains.






