CFM

Une folle histoire d’amour avec le hockey

Mis à jour le 

Publié le 

en diffusion null sur undefined
Longstaff profite de l'interception d'Owusu

Longstaff profite de l'interception d'Owusu

Le Prince complète un centre magique de Longstaff

Le Prince complète un centre magique de Longstaff

MONTRÉAL – Les Européens qui viennent continuer leur carrière en MLS sont souvent attirés par les clichés qu’on associe au rêve américain avec un grand « R » : l’effervescence de la Grosse Pomme, les palmiers de la Floride, la vie des gens riches et célèbres de la Californie.

Matty Longstaff, pour sa part, n’aurait pu mieux tomber quand il est arrivé au Canada en provenance de l’Angleterre.

Le milieu de terrain du CF Montréal est un maniaque de hockey. Tellement que les quinze premières minutes d’une longue entrevue qu’il a accordée à RDS cette semaine ont exclusivement porté sur le sport national de son pays d’adoption. Comme le ferait votre cousin à Jonquière ou votre beau-père à Mont-Laurier, Longstaff peut commenter passionnément le congédiement de Craig Berube, les séries de Mitch Marner et les chances de voir Connor McDavid débarquer un jour à Montréal, passant d’un sujet à l’autre avec la fluidité d’un déplacement latéral de Carey Price.

« En ce moment, j’ai envie de dire que le hockey est quasiment ma raison de vivre, lâche-t-il le plus sérieusement du monde. Ma copine n’est plus capable d’en entendre parler. En première ronde des séries, je pouvais avoir un match sur la télé, un match sur l’iPad et un autre sur mon téléphone. Quand elle me voit comme ça, elle sait qu’elle n’aura pas de mes nouvelles pour au moins trois ou quatre heures! »

Longstaff a grandi dans les arénas du pays de Wayne Rooney. Son père David est intronisé au Temple de la renommée du hockey britannique. Il a joué plus de 1000 matchs pour divers clubs de Grande-Bretagne en plus d’être sélectionné 101 fois en équipe nationale.

En 2001, avant même que Matty sache marcher, la famille s’est installée en Suède pour que David poursuive sa carrière avec l’équipe de Djurgårdens. Il a bien fait, avec une récolte de 20 points en 45 matchs, mais a quand même pris la décision de revenir à la maison après cette unique saison.

« Il s’était fait offrir un contrat à long terme et je crois qu’il a longtemps regretté de ne pas l’avoir signé. Pour sa carrière, ça aurait évidemment été avantageux de continuer là-bas, puisque le niveau de jeu est incomparable avec ce qui se fait chez nous. Mais mon frère allait commencer l’école et il sentait que pour sa famille, c’était la chose à faire. Il m’a souvent dit que si on était restés, je serais sans doute un joueur de hockey aujourd’hui. »

David Longstaff a plutôt poussé ses fils à fond dans le soccer. Matty n’a jamais joué au hockey organisé, mais a souvent chaussé les patins pour des petits matchs improvisés entre amis ou avec les fils des coéquipiers de son père.

« Pour moi, le hockey a été une merveilleuse façon de m’éloigner un peu de la pression qui venait avec le football. À force de jouer, de regarder et de ne parler que de football, on peut finir par s’en lasser. Et quand les mauvaises performances s’accumulent sur le terrain, ça peut devenir lourd. »

—  Matty Longstaff

« Aussi, à l’adolescence, plusieurs personnes dans notre entourage ont commencé à consommer de l’alcool ou à fréquenter des lieux qui n’étaient pas pour eux. Le hockey nous a éloignés de tout ça, mon frère et moi. Quand on avait 15 ou 16 ans, mon père est devenu l’entraîneur d’une équipe de la région et dès qu’on le pouvait, on allait lui donner un coup de main. On remplissait les bouteilles d’eau, on mettait du tape sur le bâton des gars. Dans mon cas, je dirais que ça a duré jusqu’à l’âge de 21 ou 22 ans. J’étais toujours à l’aréna. J’adorais ça. »

Avant que Matty ne prenne la décision de poursuivre sa carrière en MLS, son père et son frère s’étaient payé un pèlerinage à Toronto pendant lequel ils avaient assisté à un match des Blue Jays, un match des Raptors et deux matchs de séries des Maple Leafs. Sean, un milieu de terrain qui joue présentement pour Leeds United en Premier League, en était revenu sous le charme. « Il dit toujours que c’est là qu’il veut vivre à la retraite », confie le cadet de la famille en riant.

Matty assure qu’il n’a considéré que les arguments du Toronto FC quand est venu le temps de trouver son prochain club en 2024. Ça ne l’a toutefois pas empêché de profiter des avantages de vivre dans un marché où le hockey est roi. Pendant son séjour à Toronto, il a assisté à plusieurs matchs au Centre Air Canada. Une vidéo qu’on peut facilement trouver en ligne – dont il préférerait sans doute qu’on n’ébruite pas trop l’existence à Montréal – documente l’une de ces visites en compagnie de son coéquipier de l’époque Federico Bernardeschi. Il avait aussi l’habitude d’être accueilli par des amis de la famille qui organisait des séances de visionnement dans leur garage.

Le Centre Bell est évidemment devenu son nouveau lieu de communion. Son père a traversé l’Atlantique pour l’accompagner à un match pendant la série contre le Lightning de Tampa et à un autre de celle contre les Sabres de Buffalo.

« Il a dû retourner à la maison, mais il compte revenir avec mon frère si la série contre les Hurricanes se prolonge. On se croise les doigts! »