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Joel Waterman, le nouveau général?

Joel Waterman - Vincent Ethier
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Mise à jour

ORLANDO, Floride – Observer Joel Waterman au camp d'entraînement du CF Montréal, c'est réaliser que le temps file.

Hier encore, le défenseur de la Colombie-Britannique arrivait au Cégep Marie-Victorin pour faire sa place avec l'équipe qu'on appelait alors l'Impact. Il était légitime de se questionner sur ses chances de réussite. Il était à l'époque le premier joueur issu de la Première Ligue Canadienne à se voir offrir un contrat en MLS. Il avait déjà 24 ans. Une fois la saison commencée, ses premières présences sur le terrain n'avaient rien fait pour apaiser les doutes des sceptiques.

Quatre ans plus tard, ceux-ci ont été confondus. Non seulement Waterman est-il encore là, mais il occupe le rôle principal dans le rempart défensif du Bleu-Blanc-Noir. Avec les départs de Kamal Miller et Rudy Camacho l'an dernier, il est maintenant le défenseur montréalais avec le plus d'ancienneté au sein du club et aussi celui avec le plus d'expérience dans le circuit Garber.

C'est lui qui dirigera la circulation derrière, probablement avec Gabriele Corbo sur sa droite et le nouveau venu Joaquín Sosa à sa gauche, lorsque le CF Montréal amorcera sa saison le 24 février à Orlando.

« C'est vrai que ça a passé vite, réalisait Waterman la semaine dernière lorsqu'on l'a invité à penser au chemin parcouru. Tout le monde m'appelle un vétéran même si je n'ai pas encore 30 ans! C'est spécial. Je me souviens très bien quand je suis arrivé ici, j'étais un peu naïf, je ne savais pas ce qui m'attendait ou combien de temps je serais capable de rester. Les matchs se sont enchaînés, les occasions ont continué de se présenter et je suis très reconnaissant d'être dans ce rôle aujourd'hui... même si j'ai encore peine à y croire quand on me fait remarquer que je suis l'un des plus vieux! »

Waterman est-il prêt à assumer ces responsabilités accrues? Sur le terrain, la manière dont il a terminé la saison dernière, après une amorce qu'il admet lui-même décevante, permet d'envisager l'avenir avec confiance. Il s'est avéré être un digne remplaçant de Camacho quand ce dernier a été échangé en juillet. Et rappelez-vous ce match décisif, fin octobre, à Columbus. Dans ce duel inégal entre les futurs champions de la Coupe MLS et une équipe montréalaise en quête existentielle, le grand rouquin avait été l'un des plus valeureux contributeurs des négligés.

Cette partie-là, celle où il peut se laisser guider par ses qualités athlétiques et sa confiance en ses aptitudes physiques, est plus facile à gérer pour Waterman. Il lui reste maintenant à façonner le leader qu'il veut devenir. Au fil des années, l'ancien du réseau universitaire canadien est passé de l'observateur à l'observé. Cette transition lui a demandé, et lui demande toujours, une prise de conscience et des ajustements dans ses comportements.

« Vers le milieu de la saison dernière, je crois, Hernán [Losada] m'a donné le brassard de capitaine. Ça m'a surpris. À ce moment-là, j'ai regardé autour de moi et je me suis dit que ça tombait sous le sens, que j'étais maintenant l'un des plus vieux dans le groupe. C'est dans cette période-là que j'ai commencé à prendre conscience de mon nouveau statut. »

« Cette année, j'essaie vraiment de m'améliorer dans cet aspect, de bien cerner quel genre de leader je veux être, poursuit-t-il. Je veux donner l'exemple à suivre par mes actions. Ce n'est pas un processus facile parce que je ne suis pas habitué à ce que les autres me regardent autant, mais je peux m'appuyer sur l'aide que j'ai reçue de ceux qui m'ont précédé. »

À travers le regard de l'observateur extérieur, Waterman semble parfaitement à l'aise dans l'écosystème du club qu'il représentera pour une cinquième saison. Physiquement, il est arrivé au camp dans une forme irréprochable. Plusieurs des nouveaux joueurs de l'équipe semblent graviter naturellement autour de lui. Sur le terrain, sa voix s'élève fréquemment au-dessus des autres.

Son nouvel entraîneur, Laurent Courtois, répond par l'affirmative lorsqu'on lui demande s'il décèle en lui des qualités de leader.

« Ouais, mais pas parce qu'il est le doyen ni parce qu'il est vocal, répond-il. Ce sont vraiment des aspects différents que je veux différencier. Il pourrait avoir 18 ans, il pourrait être très calme, [ça n'y changerait rien]. Après, il a aussi des comportements à modifier. Il le sait et il est en train de le faire. Mais après, c'est clair qu'il a des capacités à mener et à fédérer qui sont importantes. »

Courtois n'a pas voulu préciser sa pensée au sujet des « comportements » sur lesquels doit travailler son protégé. Ce dernier avait peut-être offert sans le vouloir un élément de réponse quelques jours plus tôt en faisant référence à l'importance de soigner « mon langage corporel, ma mentalité, mes standards, ce genre de choses. »

Waterman attribue à l'entraîneur-adjoint Laurent Ciman une grande partie du mérite dans sa transformation des récentes années. « On est très proches. Peu de gens savent à quel point on travaille de près ensemble, à quel point on est de bons amis. Dans mon jeu, il m'a aidé à intégrer des choses que personne n'avait vu avant lui. C'est aussi vrai pour la personne que je suis devenue à l'extérieur du terrain. »

Ciman s'est fait connaître comme le Général pendant ses trois années comme joueur avec l'Impact. Après son départ, Camacho a éventuellement hérité de ce titre honorifique. Le surnom collera-t-il bientôt à Joel Waterman?

S'il préfère se garder une petite gêne sur cette question, ses ambitions n'en sont pas moins claires.

« Ce sont de gros souliers à chausser, mais je veux faire de ce poste le mien. »