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MONTRÉAL – Il n'en reste plus que dix. Voilà à peu près tout le positif à extraire de la visite du Fire de Chicago au Stade Saputo.
De retour d'un voyage bien géré à Orlando et Philadelphie, le CF Montréal avait bien peu à offrir à ses partisans samedi. Dans un crescendo d'impatience et de frustration, il s'est incliné 2-0, une 15e défaite en 24 matchs dans une saison où tout le monde commence à en avoir son truck.
Le Bleu-Blanc-Noir s'est retrouvé devant un déficit de deux buts peu avant l'heure de jeu et avec l'espoir s'est envolé son sang-froid. Quand des coéquipiers ne s'adressaient pas directement des reproches, ils évacuaient leur colère sur l'arbitre Jon Freemon, qui a distribué les cartes comme un croupier au casino.
Le débordement a gagné le banc des locaux vers la 70e minute, quand un jaune douteux a été décerné à Joel Waterman. Pour leurs plaintes véhémentes, l'entraîneur-chef par intérim Marco Donadel et son adjoint David Sauvry ont tour à tour reçu eux-aussi un avertissement.
« Tout le monde voit comment ils gèrent les matchs. C'est mauvais. C'est vraiment mauvais », s'est défoulé Donadel après avoir promis de ne pas parler des arbitres.
Peu de temps après, un joueur au banc du CF Montréal a fait voler en éclat le recouvrement de plastique surplombant l'abri. Dans un stade indifférent qui avait déjà commencé à se vider, la détonation a fait sursauter.
C'est ce genre de saison pour le CF Montréal, qui ne compte toujours qu'une victoire en onze apparitions à son domicile. S'il gagnait tous ses matchs d'ici la conclusion de son calendrier, le onze montréalais terminerait la campagne avec seulement deux points de plus que l'an dernier.
Au podium d'après-match, Donadel était à fleur de peau. Il a loué l'effort de ses hommes, mais on comprenait à la teneur de ses réponses qu'il est de plus en plus excédé par la qualité des ressources avec laquelle on lui demande de travailler. Les départs de Nathan Saliba et George Campbell vers l'Europe ont laissé des trous béants en défense et au milieu de terrain. La perte de Samuel Piette et de Fabian Herbers, blessés samedi, est venue mettre encore plus en lumière le manque de profondeur flagrant de cet effectif.
« Je crois qu'on a offert une performance très proche de notre 100% », a suggéré le stratège, un constat qui en dit long sur ce qu'il pense des limitations de son groupe. L'Impact a dirigé 17 tirs au but contre dix pour son adversaire, mais il n'en a cadré que quatre. Selon les estimations de Donadel, il a pénétré la surface adverse à 30 reprises. Mais il n'en a rien retiré de concret et a été blanchi pour la neuvième fois de la saison.
Le Fire a quant à lui monétisé sa toute première chance de la partie à la 13e minute, effaçant en un rapide enchaînement vers l'avant un quart d'heure encourageant des locaux. Après que le tir de loin de Leonardo Barroso eut rebondi sur le poteau, Hugo Cuypers a poussé le retour dans un filet ouvert pour célébrer son 13e filet de la saison.
C'est sur un coup de pied de coin que Chicago a doublé son avance au retour de l'entracte. C'était la deuxième fois en autant de matchs que Montréal concédait sur une phase arrêtée, et la deuxième fois que Victor Loturi échouait sa mission au marquage.
« C'est l'histoire de la saison, se désolait Caden Clark. On joue bien, on presse haut, on défend bien avec un bloc compact, mais on donne deux chances et on prend deux buts. C'est notre kryptonite. Je ne peux pas l'expliquer, mais ça continue d'arriver. »
« Mais on ne peut pas abandonner, a enchaîné le milieu de terrain. Il y a du positif à retenir de ce soir. Notre chimie, notre fondation, on a bien joué défensivement. Je sais que ça fait drôle à dire quand on perd 2-0, mais c'est vrai. »
« J'ai trouvé qu'on a assez bien joué pour gagner le match, estimait le défenseur Brandan Craig. On méritait un peu plus que ce qu'on a obtenu et c'est un peu l'histoire de notre saison. »
Synchuk, l'espoir venu de loin
Quand la saison est déjà aux poubelles à la mi-juillet, on s'accroche à ce qu'on peut. Samedi, l'optimisme irradiait du pied gauche de Hennadii Synchuk.
Incorporé prudemment dans le groupe à son arrivée, puis blessé à un pied pendant deux mois, le jeune Ukrainien commence à prendre ses aises. Contre Chicago, il a obtenu une troisième titularisation consécutive. Il a quitté le match vers la 65e minute pour laisser sa place à Giacomo Vrioni, lui-même réapparu pour la première fois depuis le mois de mai.
Parfois à l'excès, mais toujours de manière spectaculaire, Synchuk a multiplié les dribbles et les passements de jambe sur le côté droit de la surface adverse. Il a su se créer des ouvertures intéressantes qu'il a tenté d'exploiter autant du pied gauche que du droit, mais sa finition a manqué de mordant.
Le pari du directeur sportif Luca Saputo a aussi par moments démontré une volonté à mettre ses coéquipiers en valeur et une belle fougue dans la récupération du ballon dans le tiers défensif. Selon les chiffres fournis par Fotmob, il a terminé la rencontre avec 17 passes complétées en 21 tentatives, neuf touches dans la surface adverse, quatre récupérations et 60% de ses duels gagnés.
« Il est un joueur très important pour nous, a commenté Donadel. On a été conservateurs avec lui au début, on voulait y aller à son rythme. Ce soir, on aurait probablement pu lui donner dix minutes de plus, mais on voulait aussi trouver du temps pour Giacomo. Mais il a fait un bon match. Il a fait du bon travail pour nous offrir des chances de marquer. »



