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Le CF Montréal doit prendre un coup de vieux

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Samuel Piette commente la reconstruction du CF Montréal Samuel Piette revient sur la lettre émise par la direction de l'équipe concernant les changements à venir à l'ouverture du marché des transferts.

MONTRÉAL – La fenêtre estivale des transferts de la MLS, qui s'est ouverte jeudi et qui se refermera le 21 août, sera l'occasion pour les dirigeants du CF Montréal de s'assurer, en bon québécois, que les bottines suivent les babines.

L'occasion est en effet toute désignée pour poser les premières pierres de la reconstruction annoncée plus tôt cette semaine. Et le travail ne manquera pas. Enfoncé dans la cave du classement de la MLS, l'Impact manquait déjà cruellement de talent. Les récents départs de Nathan Saliba et George Campbell ont encore plus lourdement affecté la profondeur de son effectif.

Le contexte pourrait aussi se prêter à la soustraction de quelques-uns des mauvais contrats dont s'était plaint plus tôt cette saison le président et chef de la direction Gabriel Gervais. Il est indéniable que trop de joueurs grassement payés ne font plus partie des plans de l'équipe.

L'entraîneur-chef par intérim Marco Donadel a reconnu que sa liste de souhaits est longue.

« C'est évident pour moi qu'en ce moment, nous sommes dans une situation d'urgence à quelques position », a-t-il alerté à la veille du match de ce soir contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre.

« Je pense que nous avons beaucoup trop de joueurs offensifs, mais nous n'avons pas de latéral gauche offensif », a d'abord ciblé Donadel. Pour rappel, lors du dernier match contre le Fire de Chicago, des joueurs comme Kwadwo Opoku, Sunusi Ibrahim et Jules-Anthony Vilsaint avaient été laissés dans les gradins tandis que Dawid Bugaj était le seul défenseur disponible sur le banc.

Les carences sont aussi criantes en milieu de terrain, alors que l'état de santé de Samuel Piette et de Fabian Herbers, en plus du départ de Saliba, font dévier trop de responsabilités vers les épaules de Victor Loturi. Finalement, Donadel a exprimé le désir d'obtenir de la profondeur en défense latérale afin de pouvoir faire souffler les jeunes Bugaj et Luca Petrasso.

Mais le plus grand besoin de l'Impact n'est pas positionnel. Selon le site Transfermarkt, l'effectif montréalais est le plus jeune de la MLS avec une moyenne d'âge de 23,6 ans. L'écart entre ses plus proches concurrents à ce chapitre est gigantesque : le New York City FC (24,7) et les Rapids du Colorado (24,9) sont les deux seules autres équipes à passer sous la barre des 25 ans.

Les récentes acquisitions annoncées par le club ne se sont pas attaqué au problème. Le gardien Thomas Gillier et le défenseur Efrain Morales ont tous les deux 21 ans. L'ailier Olger Escobar, obtenu en avril, a 18 ans.

Malgré les embauches hivernales de vétérans comme Herbers, Prince Owusu et Giacomo Vrioni, la direction actuelle a peut-être sous-estimé l'importance de l'expérience et de la sagesse dans leur projet centré sur le développement des jeunes. Cette lecture a causé un déséquilibre entre développement et ambition que les prochaines semaines leur donneront l'occasion de corriger.

Tant Samuel Piette que Joel Waterman s'entendent pour dire que c'est la voie à suivre.

« On a un très bon vestiaire, tout le monde s'entend très bien. Par contre, dans les moments difficiles, surtout dernièrement quand tu accordes ce premier but, si tu as juste des jeunes sur le terrain qui ont un peu moins d'expérience, moins de caractère, ils vont naturellement se refermer sur eux-mêmes », a remarqué Piette.

« [Ils vont se dire] maintenant, je vais me concentrer sur moi-même, je vais bien faire les choses pour continuer d'avoir la confiance de mon entraîneur, continuer d'avoir du temps de jeu. Dans ce temps-là, c'est dur collectivement de dire : "Eille les gars, on est ensemble, on se retrousse les manches". »

« C'est super que le club caresse se projet d'acquérir des jeunes joueurs et de les développer. Je trouve ça très important, note Waterman. Des gars sont sortis de cette Académie et ont connu beaucoup de succès, c'est formidable. On veut ces gars-là. Mais on doit trouver un équilibre afin d'être plus compétitifs. Il faut s'assurer d'être bien nantis dans toutes les facettes du jeu, de compter sur des gars qui sont à différentes étapes de leur carrière. »

Donadel a fait écho à l'analyse de ses piliers en disant avoir besoin de « deux, trois, quatre joueurs qui peuvent montrer la marche à suivre. » Plus subtilement, il a envoyé une autre prière dans l'univers.

En commentant l'arrivée du jeune Morales en défense centrale, l'entraîneur a dévié la conversation vers les récents problèmes de son équipe sur les phases de jeu arrêtées. Montréal a concédé deux fois dans ces circonstances à ses deux derniers matchs. Chaque fois, Loturi s'est fait anéantir par un adversaire plus costaud dans la circulation lourde.

Alors que plusieurs de ses prédécesseurs se sont plu à dire que la défense contre les balles arrêtées était davantage une question de mentalité, Donadel n'a pas caché qu'il aimerait diriger une équipe plus musclée.

« En général, je pense qu'on doit être une équipe plus physique. Chicago a plié le match sur un coup de pied arrêté. Toutes les équipes qu'on affronte ont au moins trois, quatre, cinq gars qui font plus de 1,90 mètres. Ce n'est pas notre cas. »