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MONTRÉAL – Un relâchement? Kei Kamara s’est assuré que ça n’arrive pas.

Au premier match du CF Montréal depuis qu’il a assuré sa place en séries, le vétéran a montré la voie à suivre à tous ceux qui auraient été tentés de lever le pied ne serait-ce que pour une soirée. Il a marqué deux buts, en a préparé un troisième et son équipe a survécu aux conséquences de son indiscipline collective pour battre le Fire de Chicago par la marque de 3-2.

Grâce à cette victoire, les Montréalais ont confirmé qu’ils débuteraient leur parcours éliminatoire avec un match à domicile. Ils ont aussi repris leur priorité de six points sur les Red Bulls de New York au deuxième rang dans l’Est. Les deux équipes ont trois matchs à jouer avant la conclusion du calendrier.

Les conditions se prêtaient pourtant aux demi-mesures. Quelques heures avant le début du match, les faibles averses qui avaient tombé sur Montréal pendant l’après-midi s’étaient transformées en véritable déluge. Le débit a fini par ralentir, mais durant toute la soirée, la pelouse du Stade Saputo a épongé une flotte constante. 

Imperméable à l’adversité, Kamara a joué comme s’il avait été mis au défi par Zeus lui-même.  

À la 21e minute, tapi dans la surface de réparation, le troisième meilleur buteur de l’histoire de la MLS a mis le talon sur une frappe d’Ismaël Koné pour la rediriger derrière le gardien Gabriel Slonina.

Huit minutes plus tard, le longiligne attaquant a profité d’un beau travail de Koné et Zachary Brault-Guillard à la récupération du ballon pour accentuer les dommages.

On avait toujours considéré Kamara comme l’ultime bête noire de l’Impact, qu’il avait martyrisé à douze reprises avant de joindre ses rangs. C’est désormais le Fire qui est officiellement sa victime préférée. Ses deux plus récents buts lui en donnent 14 en carrière contre Chicago, plus que contre n’importe quel autre adversaire en MLS.

Kamara a maintenant marqué dans chacun des quatre derniers matchs qu’il a débutés. Il revendique cinq buts au cours de cette période.

« Le plus dur à propos du match de ce soir, c’était de répondre présent malgré ce qu’on avait accompli à notre dernier match et connaissant nos acquis au classement, a-t-il reconnu après la rencontre. Historiquement, c’est difficile de garder un niveau de concentration aussi élevé dans ces circonstances. Si quelqu’un devait montrer l’exemple, ça devait être quelqu’un comme moi qui a vécu ces différentes émotions dans le passé. »

Au-delà des buts

On sait aussi que l’expérimenté numéro 23 peut jouer au bourreau sans nécessairement la mettre dedans. À la 45e minute, alors que Chicago venait de réduire l’écart de moitié, il a intercepté la contre-attaque des visiteurs et trouvé Brault-Guillard dans le corridor droit. Le latéral a pris quelques enjambées avant de croiser une frappe hors de la portée de Slonina.

Kamara continue de jouer en grand

ZBG, l’auteur du but qui avait envoyé le CF Montréal en séries la semaine dernière, marquait ainsi dans un deuxième match de suite.

En plus de ses huit buts, Kamara a maintenant sept passes décisives. Il ne lui en manque qu’une pour égaler son sommet personnel établi en 2012 (Kansas City) et 2015 (Columbus).

« C’est ce qui me réjouit le plus parce que c’était mon rôle en arrivant ici : aider. Récolter des aides sur le terrain, mais aider aussi les gars autour de moi à l’extérieur du terrain. Je sais que je peux marquer des buts, ça ne m’a jamais inquiété. [...] Ce qui me rend le plus fier, c’est la façon dont je suis capable de connecter avec certains gars et mettre la lumière sur eux dans le dernier tiers. »

« Moi, ce qui m’intéresse, c’est son attitude, a précisé l’entraîneur Wilfried Nancy. Qu’il joue cinq ou 95 minutes, le petit ou le vieux, comme je l’appelle, il est tout le temps là. Tant mieux. C’est un compétiteur et il l’a démontré encore aujourd’hui. »

Imperfections

Les deux buts du Fire ont été marqués sur penalty. Sebastian Breza a été puni pour avoir gêné le travail de l’attaquant Jhon Duran dans la surface à la 38e minute. Joel Waterman a été réprimandé pour l’avoir rudoyé près de son gardien à la 57e. À chaque fois, Zherdan Shaqiri a suivi en gagnant son duel face à Breza.

Les locaux ont continué de tester les limites de l’arbitre Ted Unkel dans la dernière demi-heure de jeu. Le défenseur Rudy Camacho, notamment, a joué avec le feu en y allant d’un tacle glissé tout près de son but.  

Ainsi, un match qui aurait dû être hors de portée bien plus tôt pour les visiteurs a donné quelques sueurs froides aux hôtes. Nancy a convenu qu’il aurait aimé « être un peu plus tranquille », mais il voyait dans ces largesses une occasion d’apprentissage pour ses hommes.

« On s’est mis dans les problèmes stupidement, on va dire. On aurait pu mieux réagir dans tout ça. Mais c’est bien. J’aime bien donner des challenges aux joueurs quand on gagne un match. Là j’en ai quelques-uns. »

On saura si les joueurs du CFM auront appris leurs leçons samedi alors qu’ils viseront une dixième victoire de la saison à l’étranger sur le terrain du Revolution de la Nouvelle-Angleterre.