COLLABORATION SPÉCIALE

 

Gabriel Gervais, Mauro Biello et Joey Saputo assis à la même table au Centre Nutrilait.

 

C’est un scénario auquel je n’aurais pas vraiment cru il y a trois ou quatre ans. C’est pourtant ce à quoi nous avons eu droit vendredi matin.

 

Samedi soir, lors de la rencontre face à Toronto, le nom de Biello sera apposé à sa juste place. Sur le mur de la renommée.

 

Page tournée

 

Le départ de Mauro Biello en 2017 est l’un des plus tristes épisodes de l’ère MLS à Montréal.

 

Certains collègues affirment que la fameuse déconnexion avec le public qu’on lamente depuis un an et demi a véritablement commencé à ce moment. J’abonde dans le même sens.

 

On honore principalement le joueur puisque le coach, lui, n’est pas admissible selon les critères actuels. C’est pourtant pour ce dernier que je suis le plus heureux. C’est Mauro l’entraîneur qui s’est vu montré la porte dans une disgrâce qu’il ne méritait pas.

 

L’annonce de son congédiement lui faisait porter bien des maux. Les maux d’un club sans direction qui refusait de renouveler un effectif vieillissant que Biello avait pourtant mené à quelques minutes d’une Coupe MLS.

 

Sa présence sur le mur de la renommée tourne la page sur une fin brutale et rend un hommage digne de l’ensemble de sa contribution à l’histoire de l’organisation.

 

Zone grise

 

Interrogé sur l’évolution des critères de sélection pour le mur de la renommée, Gabriel Gervais a affirmé qu’il y a quelques zones grises sur lesquelles se pencher.

 

En ce moment, pour être intronisé, un joueur doit avoir quitté le club depuis 5 ans, y avoir joué plus de 100 matchs et remporté des trophées.

 

La volonté du club d’établir des critères objectifs est louable, mais quelques éléments devront éventuellement changer.

 

Le fait que Valerio Gazzola ne puisse pas faire partie de la discussion est un non-sens monumental. Les coachs doivent avoir leur place dans le processus de sélection. Les 100 matchs disputés avec le club pourraient aussi devenir un frein si le CF Montréal maintient son objectif de vendre ses jeunes talents les plus talentueux.

 

En somme, je crois que les choix deviendront le plus en plus subjectifs et c’est parfait comme ça.

« Mauro m'a appris à être un vrai professionnel »

 

On en est très loin, mais si la famille Saputo devait un jour vendre le club à des intérêts montréalais, Joey ne devrait-il pas se retrouver sur le mur de la renommée?

 

L’élargissement des critères est inévitable pour honorer l’histoire du club dans son entièreté.

 

Question de valeurs

 

« Nos entraîneurs qui ont connu le plus succès son ceux qui connaissaient bien les valeurs du club. »

 

Un rapide retour dans le temps permet de constater que Joey Saputo frappe sur le clou.

 

Valerio Gazzola a remporté le premier championnat du club en 1994. Nick De Santis a gagné le deuxième en 2004 et Marc Dos Santos a suivi en 2009. Sans compter l’épopée en Ligue des Champions 2009 sous John Limniatis ou la finale de l’Est avec Biello à la barre en 2016.

 

Dans la foulée de cette logique, une prolongation de contrat pour Wilfried Nancy devrait enthousiasmer le club.

 

Souhaitons que le dossier Nancy se règle comme celui d’Olivier Renard plus tôt cet été, car les deux hommes ont largement mérité un engagement du club envers leur travail. Surtout avec les ressources limitées mises à leur disposition.