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RÉSULTATS

Argentine-France : qui osera sortir du moule?

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Suivez dès 9 h dimanche avec RDS et le RDS.ca l'avant-match de la finale de la Coupe du monde™ entre la France et l'Argentine qui sera suivi de la rencontre à 10 h. 

AL RAYYAN – Laquelle, de l'équipe d'Argentine ou celle de France, sera la première à quitter ses assises conservatrices et oser se projeter vers l'avant afin de semer un peu de chaos dans la finale? Une bonne réponse à cette question et vous pourriez avoir prédit avec succès l'identité des prochains champions du monde.  

C'est du moins l'opinion de Jürgen Klinsmann et Arsène Wenger, qui ont livré leur analyse samedi, un peu plus de 24 heures avant la conclusion de la Coupe du monde 2022.

Les deux anciens entraîneurs sont aujourd'hui employés par la FIFA. Wenger, légendaire patron des Gunners d'Arsenal, occupe officiellement les fonctions de chef du développement global de la fédération. À Doha, il a été nommé à la tête d'un « groupe d'étude technique », un assemblage de six cerveaux de soccer qui ont reçu le mandat de décortiquer et vulgariser les tendances stratégiques observées au fil du tournoi. Klinsmann, qui a notamment été sélectionneur des équipes nationales de l'Allemagne et des États-Unis, en est le visage le plus connu.

Les deux hommes s'entendent sur la même prémisse : dans ce qu'elles ont proposé sur le cours des six matchs qui les ont menées jusqu'ici, les deux finalistes se ressemblent.

« Elles ne sont pas gênées de laisser un peu plus de possession à l'adversaire et réagissent extrêmement bien à ce qui se passe devant elles, prêtes à contre-attaquer avec beaucoup d'explosivité grâce à des individualités de grande qualité », a résumé Klinsmann.

L'ancien capitaine de la Mannschaft s'attend donc à un début de match sous le signe de la patience où les forces des deux rivaux se neutraliseraient au milieu de terrain jusqu'à ce l'un d'eux ne décide de partir à l'aventure. Pour le spectacle, admet-il, le meilleur scénario impliquerait un but rapide qui forcerait les retardataires à ouvrir le jeu.

L'Argentine a débloqué le pointage dans chacun de ses matchs jusqu'ici, ouvrant la marque quatre fois dans les 35 premières minutes de jeu. La France a concédé le premier but contre l'Australie et a été blanchie par la Tunisie. Dans chacune de ses quatre autres parties, elle a été de plus en plus rapide à s'inscrire au tableau à mesure que la compétition progressait, prenant les devants à la 17e minute contre l'Angleterre et à la cinquième minute contre le Maroc.

Arsène Wenger croit que pour ce duel au sommet, c'est l'Argentine qui aurait le plus à gagner à prendre l'initiative et à chercher l'ouverture du score. Il appuie notamment sa logique sur le fait que la France est la plus reposée des deux équipes puisqu'elle a eu le luxe de pouvoir reposer des partants à la fin de la phase de groupes et qu'elle a bénéficié d'une journée de repos supplémentaire dans le carré d'as.

« La France forme une équipe physiquement très puissante, ajoute-t-il. Chacun de ses joueurs, depuis le début du tournoi, s'est montré plus rapide que celui qui occupait la même position chez son adversaire. Souvent, c'est à partir de la 70e minute, avec une accélération bien synchronisée, que ce genre d'écart peut faire la différence. »

Un numéro 9 dominant

Klinsmann affirme que « ce n'est pas une coïncidence si on retrouve aujourd'hui la France et l'Argentine en finale ».

Il note que dans cette Coupe du monde plus que dans les précédentes, une tendance générale a été identifiée : plusieurs équipes ont démontré une inclination à défendre le milieu du terrain avec un bloc très compact, rendant difficile la progression du ballon dans l'axe. En réaction, les ailes ont dû être davantage exploitées afin de générer de l'attaque.

En moyenne, moins de centres ont été envoyés dans la surface que lors du Mondial précédent, mais avant le match pour la troisième place, 45 buts avaient été marqués de cette façon contre seulement 24 il y a quatre ans en Russie. Avec des attaquants en grande forme, la France et l'Argentine ont chacune les armes pour agrandir cet écart avant la fin du tournoi.

« Il faudra avoir Messi à l'œil demain, sa brillance est un impondérable qui peut toujours faire la différence. Quand vous avez un joueur comme lui, vous devez tout faire pour l'impliquer dans le jeu, indique Klinsmann. Mais chaque équipe a aussi contribué à forger l'identité de ce tournoi. On n'attendait pas [Olivier] Giroud et [Julian] Alvarez a gagné son poste en cours de compétition. Les deux ont été très influents sur les résultats des leurs. »  

Des latéraux moins productifs

Cette attirance pour les côtés a forcé les équipes à déployer certains atouts d'une manière dont ils n'étaient pas attendus. La position qui s'en est trouvée le plus affectée est sans doute celle de défenseur latéral.

« J'ai vu plusieurs matchs où un latéral qui avait toutes les caractéristiques d'un joueur important dans la construction offensive a été réduit à un travail défensif en raison de l'adversaire qui était en face de lui », a noté Klinsmann.

Il a cité en exemple le Marocain Achraf Hakimi, gardé en laisse dans l'organisation conservatrice de Walid Regragui, et l'Anglais Kyle Walker, notamment mandaté de museler Kylian Mbappé dans le quart de finale contre la France.

Arsène Wenger a aussi fait remarquer qu'une équipe comme le Brésil a souvent utilisé l'un de ses latéraux comme « troisième défenseur central », préférant impliquer un milieu défensif dans la construction offensive.

« Les latéraux ont été extrêmement sollicités en défensive et n'ont pas eu le même impact offensif que par le passé, conclut Klinsmann. Qui a été le meilleur latéral gauche du tournoi? J'irais avec Sosa, le jeune Croate, mais combien de jeux qui ont véritablement fait la différence a-t-il initié? »