La Fédération norvégienne de football, en pointe des critiques envers Gianni Infantino depuis plusieurs années, va demander au président de la FIFA de démissionner, a annoncé sa présidente Lise Klaveness vendredi.
« Il n’a pas la confiance institutionnelle nécessaire pour diriger la FIFA de manière stable dans la période que nous traversons actuellement. Il n’y a plus de retour en arrière possible pour Gianni Infantino », a dit Mme Klaveness lors d’une conférence de presse.
« Nous allons demander au président de la FIFA de démissionner maintenant », a-t-elle ajouté, au lendemain d’une réunion des instances dirigeantes de la fédération norvégienne qui ont notamment arrêté leur ligne au sujet du très décrié président de la FIFA.
Président de la FIFA depuis 2016, et pour l’instant seul candidat déclaré, Infantino doit décrocher une majorité des 211 voix des fédérations membres de l’instance pour être réélu en mars prochain.
L’Italo-Suisse est embourbé dans une crise depuis l’échec de son plan d’ouverture de la FIFA à des investisseurs privés, subissant la pression notamment de l’UEFA, forte de 55 membres, et de la Concacaf qui regroupe 35 fédérations d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes.
« Compte tenu du chaos dans lequel nous nous trouvons, il ne peut plus être la figure capable de rassembler », a insisté Lise Klaveness auprès de l’AFP.
Certains, comme l’ancien président de la FIFA Sepp Blatter, ont évoqué Lise Klaveness comme possible candidate à la succession d’Infantino, ce qui en ferait la première femme à la tête de la FIFA.
« Elle a été la seule à toujours prendre clairement position et à ne pas suivre le courant dominant. Et à la FIFA, le moment est venu pour une femme de prendre les rênes », a écrit Blatter sur le réseau X.
« Nous n’en sommes pas là », a réagi Lise Klaveness auprès de l’AFP vendredi.
« Pour nous, il s’agit maintenant des sujets dont je viens de parler, et non de personnes en particulier. Ce serait étrange que je commence à répondre à des questions sur moi-même, et cela vaut pour tout le monde », a expliqué la juriste de 45 ans.
La fédération norvégienne a par ailleurs décidé de saisir le comité éthique de la FIFA sur trois dossiers: le projet avorté d’ouverture à des investisseurs privés, l’annulation de la suspension du joueur américain Folarin Balogun lors du Mondial 2026, après une intervention de Donald Trump, et l’attribution par la FIFA d’un soi-disant « prix de la paix » au président américain.
Elle va aussi demander un examen complet des réformes auxquelles Infantino s’était engagé.
La Colombie en soutien au président
Infantino a reçu vendredi en Colombie le soutien de plusieurs acteurs du football sud-américain en pleine crise.
Infantino est arrivé à l’aube à l’aéroport de Cali (sud-ouest) pour assister à l’investiture du nouveau président colombien Abelardo de la Espriella, représentant de la droite dure.
Des photos publiées par la Fédération colombienne de football le montrent souriant en compagnie du président paraguayen de la Confédération sud-américaine de football (Conmebol), Alejandro Domínguez, et du président de la fédération colombienne, Ramon Jesurun.
Sa venue en Colombie intervient en pleine crise à la FIFA, provoquée par son projet très décrié.
Le patron du football mondial, en poste depuis 2016, a refusé de répondre à un journaliste de l’AFP qui lui demandait s’il pensait avoir surmonté cette crise.
Participant ensuite à un festival de soccer pour enfants organisé dans un complexe sportif de Cali, il a dit son « bonheur » d’assister à cet événement. « Le football, c’est la joie, le football, c’est le bonheur, le football, c’est l’unité », a-t-il dit devant des dizaines d’enfants vêtus de tenues de football.
« Nous devons toujours regarder dans les yeux ces enfants qui se moquent de ce que nous disons, des discours et de tout cela; l’important, c’est que nous fassions tout notre possible pour que ces filles et ces garçons puissent profiter du sport le plus magique” » a-t-il ajouté.
La Conmebol, qui compte seulement 10 membres affiliés à la FIFA mais quelques fédérations emblématiques comme l’Argentine ou le Brésil, a exprimé jeudi sa « préoccupation face aux actions unilatérales répétées de la Fifa ».
« Pas nécessaire d’être toujours d’accord »
Interrogé par un média colombien, le président de la Conmebol a cependant indiqué vendredi qu’« on ne peut pas ignorer le grand travail » effectué par Gianni Infantino. « Il faut continuer à travailler pour le football, par le dialogue, il n’est pas nécessaire d’être toujours d’accord », a poursuivi Alejandro Dominguez.
Après la puissante Asociación del Fútbol Argentino (AFA) et la fédération paraguayenne jeudi, Infantino a par ailleurs reçu vendredi le soutien de deux autres fédérations sud-américaines, le Venezuela et l’Équateur.
Conformément au communiqué de leur confédération, ces fédérations saluent le retrait du projet controversé de création d’une société commerciale ouverte aux investisseurs privés, la FIFA Forward Enterprise.
Dans une lettre adressée au patron de la FIFA, le président de la Fédération équatorienne, Francisco Egas Lareategui, ajoute qu’il fait confiance à Infantino « ainsi qu’à ceux qui sont actuellement à la tête du football pour continuer de travailler en faveur de notre sport ».
Infantino a assisté ensuite à la cérémonie d’investiture présidentielle inhabituellement programmée dans cette ville du sud-ouest du pays, et non à Bogota, qui a débuté en milieu d’après-midi heure locale.
Élu le 21 juin, Abelardo de la Espriella est à 48 ans un représentant de la droite dure et un allié du président américain Donald Trump, dont Gianni Infantino est un proche.





