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Le Maroc et l’Espagne se disputent la finale du Mondial 2030

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Le Maroc et l’Espagne se disputent l’organisation de la finale de la Coupe du monde de soccer masculin de 2030, tandis que le président de la FIFA, Gianni Infantino, sous le feu des critiques, reste en coulisses.

La FIFA n’a pas encore annoncé officiellement quel pays accueillera le match le plus important de la plus grande compétition de soccer. Et même si l’édition 2026 vient de s’achever cet été avec la victoire de l’Espagne, les responsables marocains et espagnols revendiquent déjà l’organisation de la prochaine finale.

Cette lutte pour l’organisation de la finale survient alors que l’Espagne est encore sous le choc d’un passage massif à la frontière: fin juillet, des dizaines de milliers de migrants ont franchi la frontière depuis le Maroc pour pénétrer dans l’enclave espagnole d’Afrique du Nord.

Un grand match pour deux pays fiers

Le président de la fédération marocaine de soccer s’est vanté jeudi que son pays avait déjà la victoire en poche.

« La ville de Benslimane accueillera la finale de la Coupe du monde. Que cela plaise ou non, et si quelqu’un veut en débattre, qu’il en parle », a déclaré le président de la fédération marocaine, Fouzi Lakjaa, lors d’un rassemblement politique.

« La ville, c’est Benslimane, le stade, c’est le stade Hassan II, et j’espère que ce sera le Maroc qui y jouera », a-t-il ajouté.

Cette semaine, le président de la Fédération espagnole de soccer, Rafael Louzan, a insisté sur le fait que c’était l’Espagne qui méritait d’accueillir ce match, tout en reconnaissant que cet honneur ne lui était pas encore garanti.

« Nous avons tous signé pour accepter la candidature… C’est dommage que, concernant la finale, il n’ait pas été précisé, de manière tout à fait claire, où elle doit se dérouler, a déclaré Louzan. L’Espagne, en tant que championne du monde tant chez les hommes que chez les femmes, doit accueillir la finale. »

Les responsables du soccer européen estiment que cette grande compétition internationale de 2030, qui inclut le Portugal et même quelques matchs en Amérique du Sud, devrait être considérée comme un événement européen dont la finale se déroulerait sur le continent.

Interrogée jeudi par l’Associated Press, la FIFA a indiqué que sa décision serait prise « en temps voulu ».

Infantino a trouvé un soutien au Maroc

Ce différend concernant la finale s’est produit alors qu’Infantino subit une pression intense depuis que l’UEFA, une organisation qui chapeaute les fédérations européennes de soccer, a mené avec succès une révolte visant à faire échouer son projet de vendre des parts de la Coupe du monde.

En revanche, six fédérations de pays arabes, dont celle du Maroc, l’ont soutenu depuis ce fiasco.

Le stade du roi Hassan II est en cours de construction à Benslimane, dans la banlieue de Casablanca. Il est prévu qu’il puisse accueillir 115 000 spectateurs. L’Espagne peut proposer les stades du Real Madrid ou de Barcelone comme sites potentiels pour la finale.

Infantino s’est récemment rendu à deux reprises au Maroc: il a d’abord rencontré le roi Mohammed VI lors des célébrations annuelles de son accession au trône, en juillet, puis y a organisé une réunion de crise de la FIFA en août.

La polémique autour de la finale de la Coupe du monde s’ajoute à d’autres tensions

Lorsqu’elle a été confirmée il y a trois ans, la candidature conjointe de l’Espagne, du Portugal et du Maroc semblait être l’occasion idéale de jeter un pont entre l’Europe et l’Afrique et de renforcer les liens entre ces voisins de la Méditerranée occidentale.

Mais le différend concernant la finale s’ajoute aux tensions diplomatiques entre Madrid et Rabat, déjà à vif quant à la responsabilité de l’incident au cours duquel des dizaines de milliers de personnes, pour la plupart marocaines, poussées par des publications sur les réseaux sociaux, ont tenté de pénétrer dans la petite enclave espagnole de Ceuta, à la frontière avec le Maroc. Le premier ministre espagnol a déclaré que 140 personnes avaient trouvé la mort lors de cette traversée.

Le gouvernement espagnol subit des pressions politiques internes pour adopter une ligne dure à l’égard du Maroc, dont il a déclaré qu’il avait agi de bonne foi lors de la crise frontalière. Les analyses de la police espagnole n’ont pas pu exclure une complicité des forces de sécurité marocaines, mais ont indiqué qu’il était peu probable que le gouvernement marocain ait intentionnellement orchestré ces événements.