La Confédération asiatique de football (AFC) a soutenu vendredi l’UEFA et la Concacaf, opposées au projet de la FIFA de créer une société commerciale ouverte à des investisseurs privés, dans le but de « protéger la Coupe du monde », a-t-elle annoncé dans un communiqué.
« Compte tenu des positions exprimées par l’UEFA et la Concacaf, ainsi que des divisions sans précédent qui sont apparues dans le monde du football, l’AFC estime que la FFE (FIFA Forward Enterprise) proposée ne peut, de manière réaliste, parvenir au large consensus et à l’unité nécessaires pour aller de l’avant », a souligné la confédération de 47 membres, dont 46 sont membres de la FIFA.
Sans clairement prendre position contre le projet, l’AFC estime que « toute proposition risquant de porter atteinte à l’unité et au caractère universel » de la Coupe du monde « doit être reconsidérée », au lendemain de la menace de boycott des compétitions de la FIFA brandie par l’UEFA, suivie de l’opposition unanime de la Concacaf.
L’AFC estime que ce projet a « mis en évidence les faiblesses fondamentales des processus de consultation et de prise de décision de la FIFA » et appelle l’instance mondiale du football a procéder « d’urgence à une révision de son cadre de gouvernance ».
« Une proposition d’une telle importance, susceptible d’influencer l’avenir commercial, sportif et stratégique du football mondial, ne doit pas voir le jour à l’issue de processus qui donneraient aux confédérations, aux fédérations membres et même aux instances dirigeantes de la FIFA le sentiment d’être mises à l’écart », a détaillé l’AFC.
Un examen en Océanie
La Confédération océanienne de football (OFC) a invité ses onze associations membres à « étudier » le projet de la FIFA de créer une société commerciale ouverte aux investisseurs privés et à « participer au processus de consultation » initié par l’instance mondiale.
« Cette proposition sera examinée par le comité exécutif de l’OFC lors de sa prochaine réunion en août. L’OFC invite ses associations membres à étudier cette proposition et à participer au processus de consultation », a indiqué l’instance océanienne dans un communiqué publié jeudi.
La Confédération africaine avait, elle aussi, appelé ses associations membres, à « examiner la proposition » tandis que la Conmebol (Amérique du Sud) ne s’est pas exprimée à ce stade.
Parmi les pays membres de l’OFC, seule la Nouvelle-Zélande s’était qualifiée pour le Mondial-2026, remporté par l’Espagne le 19 juillet aux Etats-Unis.
« J’espère que ça n’arrivera pas »
Xabi Alonso, entraîneur du club anglais de Chelsea et champion du monde 2010 avec l’Espagne, s’est opposé sans nuance au projet de la FIFA de s’ouvrir aux capitaux privés: « J’espère que ça n’arrivera pas », a-t-il déclaré vendredi.
« Le football doit appartenir au public et ne pas passer sous le contrôle d’intérêts privés », a déclaré Xabi Alonso depuis Sydney (Australie) où son club est en tournée de pré-saison.
« Je crois que l’ensemble des acteurs du football partagent le même sentiment: nous voulons que ce sport reste un bien commun, accessible à tous et détenu par tous. J’espère donc que ça n’arrivera pas », a ajouté l’ancien milieu défensif et homme clé du premier titre mondial de la Roja.
« J’espère que nous parviendrons à préserver ce qui fait l’attrait et l’authenticité de notre sport. C’est justement cette authenticité qui suscite les émotions et les passions que nous avons vues lors de la Coupe du monde, de la Ligue des champions ou encore de la Premier League. Parce que ce sport appartient à tout le monde », a-t-il insisté.
Malgré cette levée de boucliers, la FIFA a réaffirmé vendredi sa volonté de poursuivre des consultations « ouvertes et démocratiques » pour mener à bien un projet dont l’objectif affiché est de porter à 10 milliards de dollars le financement du développement du football dans les quatre prochaines années.
Des investisseurs privés pourront posséder des parts de la nouvelle société créée à cet effet, la FIFA Forward Enterprise (FFE), mais resteront minoritaires à hauteur d’environ 20%, a promis l’instance, qui veut lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation de la future entreprise évaluée à 20 milliards de dollars.
La FIFA assure qu’elle conservera le contrôle exclusif de cette société ainsi que « l’autorité exclusive » sur la gouvernance du football, les compétitions, le calendrier, les décisions réglementaires...





