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L’Argentine et Messi de retour au match ultime

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L’Argentine, avec sa grinta éternelle, s’est sortie des griffes de l’Angleterre (2-1) au bout d’un combat suffocant, remporté au bout du temps additionnel sur un nouveau service de Lionel Messi, le roi du football qui défendra sa couronne dimanche en finale contre l’Espagne.

L’Albiceleste a refait le coup ! Poussé dans les cordes par Anthony Gordon (55e, 0-1), le champion sortant s’est démené comme un beau diable pour mettre au tapis les Three Lions, emportés par un tir lointain d’Enzo Fernandez (85e, 1-1) et une tête de près de Lautaro Martinez (90e+2, 2-1).

Et comme Hollywood a toujours besoin d’un héros, l’intrigue de ce blockbuster à grands frissons s’est dénouée sur deux passes décisives de Lionel Messi, le capitaine adoré des « hinchas » passionnés.

Les supporters argentins, les plus nombreux et les plus furieux, ont poussé comme un seul homme, sifflé, dansé, chanté du début à la fin, avant d’exploser d’un dernier cri libérateur au coup de sifflet final.

« Ce groupe ne cesse de me surprendre », a déclaré le sélectionneur argentin Lionel Scaloni après la qualification de ses joueurs pour la finale de la Coupe du monde mercredi contre l’Angleterre (2-1) alors qu’ils étaient menés 1-0 à l’entame de la 85e minute.

« On va essayer de gagner, on va tout donner, mais après ça, c’est très difficile », a-t-il poursuivi en se projetant sur la finale de dimanche face à l’Espagne, où Lionel Messi et ses coéquipiers tenteront de conserver leur titre de champions du monde acquis en 2022 au Qatar.

« Ce que montrent les joueurs est impressionnant », a-t-il insisté, évoquant aussi le soutien des supporters argentins. « Nous sommes vraiment uniques, et ce n’est pas de l’arrogance, du fond du cœur, ces gens nous ont porté vers la victoire aujourd’hui. »

En son et images : Angleterre 1 - Argentine 2 Résumé en son et images du match entre l'Argentine et la Suisse en quarts de finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2026™.

Ils vivront une deuxième finale consécutive en Coupe du monde, dimanche contre l’Espagne près de New York, avec l’espoir de réaliser un doublé qu’aucune équipe n’a accompli depuis le Brésil en 1962.

« C’est fou de jouer deux finales de Coupe du monde d’affilée », a affirmé Lionel Messi.

« Nous avons vécu des sensations particulières, je crois que le groupe l’a ressenti et nous savions que ce n’était pas une victoire de plus, que c’était une victoire importante, que le peuple argentin voulait, et nous aussi », a souligné Messi en référence à la rivalité historique avec l’Angleterre.

« Aujourd’hui, nous sommes encore allés la chercher (la victoire, NDLR) quand la situation s’était compliquée, nous n’avons jamais cessé d’y croire » a indiqué le capitaine, ajoutant: « Nous les avons acculés dans leur camp et franchement, c’est un bonheur immense. »

« Nous replaçons l’Argentine parmi les deux meilleures » nations du football mondial, a poursuivi l’attaquant, co-meilleur buteur de la compétition avec huit buts.

L’Angleterre, elle, échoue aux portes de la finale, comme en 2018, et soixante ans après le dernier titre de son histoire, au Mondial-1966 à domicile.

Harry Kane et ses coéquipiers affronteront la France de Kylian Mbappé samedi à Miami dans le match pour la troisième place.

L’Argentine retrouve les sommets au bout d’un nouveau match couperet qu’elle n’a pas maîtrisé, comme contre le Cap-Vert (3-2 a.p.), l’Egypte (3-2) et la Suisse (3-1 a.p.), une récompense de l’incroyable état d’esprit qui anime ce groupe d’invincibles.

Le gardien Emiliano Martinez a fini en larmes, pendant que les Anglais étaient inconsolables.

D’abord accrocheurs et offensifs, ils n’ont fait que reculer après l’ouverture du score et ils auraient même pu prendre encore plus la marée sans l’aide du poteau, deux fois sauveur devant Alexis Mac Allister.

Martinez signe un autre but miraculeux dans les arrêts de jeu Lautaro Martinez redirige de la tête la deuxième passe décisive du match de Lionel Messi pour donner les devants à l'Argentine 2-1.

Le pilote anglais se défend

« Dès qu’on perd, on est critiqué » mais cela n’a « aucun sens » d’y prêter trop d’attention, a déclaré le sélectionneur Thomas Tuchel après l’élimination de l’Angleterre

Pensez-vous vous être trompé dans vos choix?, lui a-t-il été demandé en conférence de presse. « Non. Je pense que c’est simplement la nature du sport. Dès qu’on perd, on est critiqué. C’est comme ça », a-t-il répondu.

« Personne ne peut savoir ce qui se serait passé si nous avions pris d’autres décisions. Ça n’a aucun sens de s’attarder là-dessus et de perdre la tête. J’en suis responsable. J’assume les critiques, c’est comme ça », a-t-il développé.

L’ouverture du pointage, « de façon assez étrange, a complètement inversé la dynamique du match. L’Argentine a commencé à jouer avec davantage de prise de risques, plus de rythme, avec le sentiment qu’elle n’avait peut-être plus rien à perdre. Cela l’a libérée. À l’inverse, nous avons soudain eu le sentiment que nous avions énormément à perdre, et cela nous a freinés ».

Il a assuré que son équipe préparera le match pour la troisième place, samedi à Miami, avec « tout le professionnalisme nécessaire », mais « un jour de récupération en moins » par rapport aux Français, éliminés eux par l’Espagne mardi (2-0).

Furie dès les hymnes

Cette demi-finale sous le toit fermé d’Atlanta a accouché d’un sommet irrespirable, sur fond de rivalité sportive et de conflit historique autour des Malouines.

Les hostilités ont été lancées dès l’avant-match. « God Save The King » a été recouvert par les hurlements des Argentins bondissant en tribunes, avant que leur propre hymne ne soit accueilli par une pluie de huées.

L’intervention micro en main de Michael Buffer, speaker américain bien connu des fans de boxe et de catch, a aussi donné le ton d’une affiche rugueuse, hachée, qui affichait à la pause 19 fautes commises (dont 12 pour l’Argentine) et aucun tir cadré.

Sur la pelouse, chaque équipe s’est rendu les coups, parfois à la limite, comme sur cette charge brutale d’Enzo Fernandez dans le dos d’Elliot Anderson (3e), sifflée mais non sanctionnée d’un carton.

Les nombreux coups, provocations, intimidations et accrochages ont en tout cas installé une guerre des nerfs, sans offrir beaucoup de spectacle dans un premier temps. Heureusement, la seconde période a offert une folle dramaturgie.

L’Angleterre a frappé en premier avec sur un centre de Morgan Rogers repris avec sang froid par Anthony Gordon, venu surgir dans le dos de Nahuel Molina et glisser le ballon près d’un poteau droit (55e, 1-0).

Elle a cru se trouver d’autres héros, ensuite, au moment d’étouffer la rébellion des champions sortants.

Il y a eu le défenseur Djed Spence, auteur d’un magnifique tacle glissé dans la surface et dans les pieds de Giuliano Simeone (57e). Et puis Jordan Pickford, magnifique pour repousser d’une main ferme, au sol et devant sa ligne, une tête de Nico Gonzalez sur un centre de Messi (69e).

Mais le gardien d’Everton s’est trouvé impuissant sur une frappe d’Enzo Fernandez, démarqué dans l’axe et trouvé par Messi (85e, 1-1). L’octuple Ballon d’or a remis le couvert dans le temps additionnel en déposant un ballon parfait sur la tête de l’entrant Lautaro Martinez (90e+2, 2-1).