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L’Argentine toute entière est en liesse

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Les Argentins ont célébré dans les rues de Buenos Aires. (picture alliance/dpa/picture alliance via Getty I)

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Les bars, les fan zones, les rues de Buenos Aires ont explosé de joie mercredi au but libérateur du 2-1, marquant la victoire sur l’Angleterre, ce rival si spécial, face auquel les Argentins ont souffert, mais ils s’y attendaient, car « sans souffrir, ça ne vaut pas ».

Le coeur de la capitale s’est mué à la tombée de la nuit en un gigantesque tumulte, klaxons, cornes de brume, cloches, pétards, chants et embrassades entre inconnus, pour saluer le rêve encore vivant d’un deuxième titre mondial d’affilée après 2022, comme seuls ont su le faire l’Italie (1934, 1938) et le Brésil (1958, 1962).

Dans le quartier de Palermo, les bus bondés tremblaient sous les sauts des supporteurs à l’intérieur. Au dehors, à peine le coup de sifflet final émis, une multitude s’est mise en marche pour l’Obélisque, à près de 7km, traditionnel lieu de liesse et célébration des succès sportifs.

Ils y étaient déjà plusieurs dizaines de milliers moins d’une heure après la fin du match, a constaté l’AFP. Sur l’avenue 9 de Julio, les panneaux lumineux n’annonçaient plus l’état de la circulation, mais en grandes lettres: « L’Argentine en finale ».

« La facture » aux Anglais

« Un triomphe pour toujours », a résumé le quotidien La Nacion dans les premiers titres sur son site internet. « L’Argentine écrit l’histoire », clamait l’influent site d’information Infobae.

Mais que ce fut dur, encore une fois. « Toujours, toujours, toujours il faut souffrir. On le sait, on le voit depuis trois matches », exultait Facundo Aranda, 26 ans, dans un « bodegon » du centre de Buenos Aires, en référence aux victoires laborieuses de l’Albiceleste face au Cap Vert, à l’Egypte, à la Suisse.

« Sans souffrir, ça ne vaut pas », répétait Lola Gimenez, 19 ans, montrant ses mains encore tremblantes. Et ravie que sa « cabala », son rituel porte-bonheur, ait fonctionné une fois de plus: regarder le match à la gauche de sa soeur Elena, jamais à sa droite.

« Et en plus, on bat les Anglais ! On leur passe la facture ! », exultait Lola, assurant que l’Angleterre c’est « beaucoup plus qu’un match ». Référence à la rivalité historique entre les deux nations, au contentieux sur les Îles Malouines que revendique l’Argentine, à la guerre de 1982. « Bien sûr que pour nous les jeunes c’est important ! »

Et pour sûr, le refrain favori, entonné en sautillant sur place « El que no salta es un Ingles » (« qui ne saute pas est un Anglais », ndlr), résonnait à n’en plus finir au pied de l’Obélisque, comme il avait explosé spontanément sur la fan zone de Palermo, dans les bars comme « El ultimo bodegon », à chacun des buts argentins.

Contre les Anglais, « ça a une saveur spéciale », acquiesçait au pied de l’Obélisque, Ana, 51 ans, qui jusqu’à dix minutes de la fin du match, a « pensé mourir ». Et suppliait juste l’Albiceleste « de ne pas nous faire souffrir autant la prochaine fois, » en finale.

« Les Malouines sont à nous, la Coupe du monde aussi », éructait dans le quartier de Caballilto un riverain enrubanné dans un drapeau argentin, salué par les klaxons des voiture sur leur passage.

« La meilleure au monde »

« Pour les Malouines, pour Diego, pour la dernière de Leo (Messi)... » entonnait régulièrement la foule sur de multiples places, reprenant l’hymne officieux des supporters argentins au Mondial-2026, « La cuarta estrella » (la 4e étoile).

Si l’Albiceleste a le succès laborieux, ses hinchas ont les célébrations majuscules. Le sacre de 2022 avait donné lieu à un rassemblement monstre au retour de la « Séleccion » - plus de 3 millions de personnes sur le trajet de l’aéroport au centre de Buenos Aires. Paralysé, le bus des joueurs avait dû renoncer, et le défilé s’était fini en... survol de la capitale en hélicoptère.

Mais beaucoup ne souhaitaient mercredi pas encore parler de titre, de la finale, de l’Espagne, juste savourer la victoire du soir.

Pour autant, « on gagne toujours, on gagne toujours », se projetait Facundo Aranda, saluant les vertus d’une sélection « qui s’accroche, jusqu’au bout, ne lâche jamais rien » - des « rats », comme l’ont salué des médias argentins après la « remontada » à suspens contre l’Egypte en 8e (3-2).

« Que l’Espagne profite bien de sa première mi-temps, comme l’Angleterre a profité de la sienne », ricanait-il par avance. « Nous on a juste la meilleure équipe du monde ! »