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KANSAS CITY, États-Unis - L’Argentine traverse la Coupe du Monde de la FIFA 2026™ sur un fil, sauvée jusqu’ici par son funambule Lionel Messi et un mental inaltérable, deux piliers auxquels s’attaque une équipe de Suisse peu habituée à de tels sommets, samedi soir (RDS, 20 h 45) en quart de finale à Kansas City.
Sur papier, un océan sépare les champions du monde en titre, soutenus par une marée vibrante de supporters passionnés, et la petite confédération de 9 millions d’habitants aux lacs tranquilles, qui n’avait plus connu pareille fête depuis 72 ans en Coupe du monde.
Le public peut aussi s’attendre à une opposition de styles avec d’un côté du ring, une Albiceleste tournée vers l’offensive, et de l’autre une Nati à la défense disciplinée, imperméable lors de la phase à élimination directe contre l’Algérie (2-0) et la Colombie (0-0, 4-3 t.a.b.).
L’équipe de Murat Yakin a elle-même alimenté ce récit du géant argentin contre la petite Suisse. « Je vais jouer contre Messi. Wallah c’est bon j’peux arrêter le foot », a plaisanté l’attaquant Zeki Amdouni sur Snapchat, après avoir appris l’identité de son futur adversaire.
L’Argentine et son octuple Ballon d’or ont pourtant bien failli louper ce rendez-vous. Ils ont peiné contre le Cap-Vert (3-2 après prolongation) puis tremblé face à l’Égypte (3-2), finalement renversée en fin de match après avoir mené 2-0, au prix d’un scénario hollywoodien dans lequel Messi a crevé l’écran.
« Je dois dire, s’il fallait être un peu critique, que ses coéquipiers doivent eux aussi hausser leur niveau et l’aider », a toutefois prévenu Zlatan Ibrahimovic sur Fox Sports, la chaîne américaine où l’ex-attaquant suédois officie comme consultant.
Xhaka, rescapé de 2014
La Suisse compte sur l’équilibre et la robustesse de son collectif, plus que sur ses individualités, pour créer la surprise face à une équipe d’Argentine qui avait brisé son rêve, en huitième du Mondial 2014, au bout de la prolongation avec un but fatal d’Angel Di Maria.
« El Fideo » n’est plus là, et il ne reste plus beaucoup de témoins non plus du côté de la Nati, si ce n’est le milieu et actuel capitaine, Granit Xhaka, et le latéral gauche Ricardo Rodriguez.
Ces deux-là tenteront d’ériger une muraille protectrice pour limiter le champ d’exposition de Gregor Kobel, devenu le gardien no 1 après l’Euro 2024 et la retraite internationale de Yann Sommer (94 sélections).
Jusqu’ici, « il a eu peu de situations [à gérer] », observe le Suisse Thierry Barnerat, formateur reconnu au poste de gardien, auprès de l’AFP. « Sur ses cinq matchs, il fait trois arrêts décisifs. C’est un souci pour lui parce qu’il n’a pas un match-référence. »
Il a certes brillé en repoussant un tir au but colombien, mais dans le jeu « vous voyez qu’il n’a pas confiance », entre « ses choix précipités au pied » et ses « hésitations » sur les « ballons dans la profondeur ».
Le gardien de Dortmund « sera toujours présent sur les frappes parties de loin, surtout à mi-hauteur, car il a une belle envergure, une super explosivité. Mais si c’est frappé au sol, ça va être très compliqué. Si c’est à moins de six mètres, ça va être encore plus compliqué », prédit celui qui conseille Thibaut Courtois, le portier du Real Madrid.
Les défenseurs suisses ont réussi à « laisser très peu d’espaces » aux adversaires mais « ils n’ont pas eu un Messi en face, ou un Cherki par exemple, ces profils-là avec beaucoup d’appuis, qui sur un mètre vont faire la différence et frapper », développe-t-il.
Son « immense crainte », c’est donc que l’Argentine s’approche trop près du but de Kobel, un gardien qui « ne maîtrise pas la croix », cette technique consistant à boucher l’angle de tir, bras et jambes écartés. « Il ne sait jamais quand déclencher. Le pire c’est que des fois, comme il ne sait pas quoi faire, il avance de deux mètres et après il reste sur ses appuis. Là, s’il fait ça contre Messi, on est condamné à chaque fois ».





