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Le fiasco italien permet à la Bosnie de rejoindre le Canada

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(Photo by Getty Images/Getty Images) (Getty Images/Getty Images)

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Les jeux sont faits. L’Italie s’est écroulée une fois de plus en barrage et ratera une 3e Coupe du Monde consécutive. Les Italiens, à 10 c. 11 durant plus de 80 minutes, se sont inclinés 1-1 (4-1) aux tirs au but contre la Bosnie-Herzégovine qui affrontera le Canada d’entrée de jeu en juin.

C’est devenue une habitude pour l’Italie, quadruple championne du monde et double championne d’Europe, mais le choc pour tout un pays, fou de « calcio », n’en reste pas moins difficile à encaisser.

D’autant que ces Azzurri, réduits à dix dès la 42e minute, sont passés tout près de la qualification en prenant l’avantage rapidement, avant de craquer en seconde période, puis de perdre pied dans une séance de tirs au but à sens unique.

Comme pour les Coupes du monde 2018, face à la Suède, et 2022, face à la Macédoine du nord, l’Italie est tombé en barrages, face à un adversaire a priori à sa portée, la Bosnie, 66e au classement Fifa.

La Nazionale n’a cette fois pas su gérer la tension d’un match à rebondissements et émaillée de controverses dans une ambiance survoltée.

L’équipe de Gennaro Gattuso a pourtant pris le meilleur des départs dans cette rencontre disputée dans le climat hostile du petit et vétuste stade Bilino-Polje.

Gattuso assommé

Le sélectionneur de l’Italie a reconnu que l’élimination de son équipe en barrages du Mondial-2026 mardi à Zenica par la Bosnie-Herzégovine (1-1 après prolongation, 4 tirs au but à 1), lui faisait « mal », “mais c’est le football”.

« Je suis fier de mes joueurs, pour leur prestation, pour tous leurs efforts, pour l’amour qu’ils ont montré durant ce match », a déclaré Gattuso au micro de la chaine de télévision Rai Uno.

« Mais c’est le football, ils ont tout donné, si quelqu’un devait me presser maintenant, rien ne sortirait de mon corps, pas de sang, rien, cela fait mal, parce qu’on avait besoin (de cette qualification) pour nous, pour nos familles, pour toute l’Italie, pour le football italien », a-t-il poursuivi.

« Je ne veux pas parler de l’arbitrage, je ne veux parler de rien, car au final, ce qui s’est passé est juste, car c’est ça le football, des fois, cela vous apporte de la joie, des fois cela vous apporte des grandes douleurs », a poursuivi le champion du monde 2006.

En poste depuis juin 2025, Gattuso, 48 ans, n’a pa souhaité évoquer son avenir, après avoir échoué à qualifier l’Italie, qui n’a plus disputé la Coupe du monde depuis 2014.

« Je présente personnellement mes excuses, parce qu’on n’a pas atteint notre objectif, mais mes joueurs m’ont impressionné », a-t-il insisté.

« Parler de mon avenir, ce n’est pas important, l’important, c’était de se qualifier pour ce Mondial », a conclu Gattuso, avant de mettre fin à l’entretien, en larmes.

8e but de Kean en 6 matchs

Dominatrice, elle a logiquement ouvert la marque dès la 15e minute grâce à l’inévitable Moise Kean, auteur de son huitième but lors de ses huit derniers matches en sélection.

Surpris par une passe en retrait, le gardien Nikola Vasilj a complétement raté sa relance au pied qui a été interceptée par Nicolo Barella. Le milieu offensif de l’Inter Milan a aussitôt centré pour Kean qui a trompé d’une superbe reprise Vasilj.

L’Italie a continué à dominer et a bien failli doubler la mise sur un tir de loin de Mateo Retegui (25e), mais sa défense a connu quelques alertes, souvent en contre, face aux rapides Bosniens, comme sur une frappe sèche de de Basic (20e), détourné par Gianluigi Donnarumma ou une tête d’Ermedin Demirovic sur un centre d’Esmir Bajraktarevic retombée au ras du poteau droit italien (38e).

Le premier tournant du match est venu d’un mauvais dégagement de Donnarumma peu avant la pause: alors qu’il filait, seul, vers le but, Amar Mamic a été fauché par Alessandro Bastoni (41e).

L’arbitre français de la rencontre, Clément Turpin, n’a pas hésité une seconde et a aussitôt exclu le défenseur central de l’Inter, au coeur d’une polémique en Italie.

Son exclusion a obligé Gattuso à d’abord sortir Retegui pour faire rentrer un défenseur, Federico Gatti, puis à la pause Matteo Politano pour Marco Palestra pour seulement sa deuxième sélection.

Étouffé

Etouffée dans sa moitié de terrain, l’Italie a repoussé tant bien que mal les assauts bosniens, notamment grâce à son gardien et capitaine qui a détourné du poing une frappe de Kerim Alajbegovic (51e) et sauvé son équipe en détournant au premier poteau une reprise à bout portant de Benjamin Tahirović (72e).

Kean a failli libérer les Azzurri à l’heure du jeu, sur un raid solitaire, mais seul devant Vasilj, il a trop enlevé sa frappe.

Poussé par son public, la Bosnie a fini par égaliser par Haris Tabakovic (79e) au terme d’un cafouillage devant le but de Donnarumma.

En prolongation, l’Italie a trouvé un second souffle et s’est montrée la plus dangeureuse.

Mais Palestra a été stoppé juste avant la surface par Tarik Muharemovic (102e), en position de dernier défenseur et simplement averti pour la plus grande colère du banc italien.

Francesco Pio Esposito a vu (105e+1) sa tête repoussée in extremis par le gardien bosnien.

Premier tireur italien lors des tirs au but, le prodige de l’Inter (20 ans) a trop enlevé sa tentative et l’Italie ne s’en est jamais remise.

Lors de la phase finale du Mondial-2026 aux Etats-Unis, Canada et Mexique (11 juin-19 juillet), la Bosnie, qui participera pour la deuxième fois de son histoire au tournoi planétaire après 2014, affrontera dans le groupe B le Canada, le Qatar et la Suisse.

La Tchéquie obtient son billet

La Tchéquie s’est imposée mardi contre le Danemark aux tirs au but 2-2 (3-1) en finale des barrages de qualification de la zone Europe à Prague et s’est qualifiée pour le Mondial-2026, 20 ans après sa première participation.

Déjà vainqueurs aux tirs au but en demi-finale des barrages jeudi dernier contre l’Irlande, les Tchèques participeront à leur deuxième Coupe du monde dans un groupe abordable avec l’Afrique du Sud, la Corée du Sud et le Mexique.

Cette finale de la voie D des barrages de la zone Europe a démarré tambour battant, avec le but précoce du Lyonnais Pavel Sulc (3e), auteur d’une frappe magnifique en lucarne (1-0).

Le Danemark a alors couru après le score pendant de longues minutes, et c’est finalement l’ancien Lyonnais Joachim Andersen qui a remis les Danois dans le match (72e, 1-1).

Alors que les joueurs de Brian Riemer avaient fait le plus dur pour revenir et avaient la dynamique avec eux, les Tchèques ont tenu et forcé la prolongation.

Ils ont alors trouvé un second souffle et leur capitaine Ladislav Krejci a poussé le ballon dans les filets d’un but rageur suite à un cafouillage dans la surface danoise (100e, 2-1).

Lors de la seconde partie de la prolongation, l’attaquant danois de Bodo Glimt Kasper Högh, qui venait d’entrer en jeu, a remis les deux équipes à égalité après un joli coup de tête (111e, 2-2).

Lors de la séance de tirs au but, seule la légende Christian Eriksen a réussi à marquer pour les Danois. Trop peu pour espérer battre les Tchèques, décidément très à l’aise dans cet exercice sous pression.

Pour les Danois, 21e au classement Fifa, c’est un gros coup d’arrêt, d’autant plus qu’ils avaient participé aux deux dernières éditions de la Coupe du monde, en 2018 en Russie et en 2022 au Qatar.

La Suède prive Lewandowski d’un dernier mondial

Un peu plus tôt, la Suède a arraché sa qualification à Stockholm en s’imposant sur le fil face à la Pologne 3-2 grâce à un but de son attaquant vedette Viktor Gyokeres à la 87e minute. Les Suédois ont pris leur revanche sur la Pologne qui les avait privés du Mondial-2022. Elle rejoindra le groupe F avec les Pays-Bas, le Japon et la Tunisie.

La Turquie reverra quant à elle la Coupe du monde après 24 ans de disette après avoir avoir battu (1-0) le Kosovo, mardi à Pristina. Sa dernière participation remontait au Mondial 2002 en Corée du Sud où elle avait terminé troisième.

Mardi à Pristina, grâce à un but de l’attaquant de Fenerbahçe Kerem Aktürkoglu, les Turcs ont brisé le rêve du Kosovo de se qualifier pour la première compétition internationale de sa jeune histoire. Le Kosovo a déclaré l’indépendance déclarée en 2008 sur les décombres de l’ex-Yougoslavie.

La Turquie jouera au sein du groupe D avec les États-Unis, le Paraguay et l’Australie.

Une première en 52 ans pour la RCD

La République démocratique du Congo s’est qualifiée pour le Mondial-2026 en battant la Jamaïque 1-0 après prolongation mardi à Guadalajara (Mexique).

Un but sur corner d’Axel Tuanzebe à la 100e minute a offert une deuxième qualification historique pour le pays après le Mondial-1974 joué par le Zaïre.

Les Léopards rejoignent le groupe K du Mondial avec la Colombie, le Portugal et l’Ouzbékistan.

La RDC, qui avait éliminé lors des barrages africains les géants camerounais et nigérians, qualifie ainsi une dixième équipe du continent pour la première édition de la Coupe du monde à 48 participants.

Les joueurs du sélectionneur français Sébastien Desabre sont restés patients dans un match sans rythme qu’ils ont globalement dominé.

L’ancien sochalien Cédric Bakambu (34 ans) a été actif avec deux buts refusés pour hors-jeu (5e et 85e) et une frappe puissante détournée par le gardien adverse (47e).

La déception est immense pour la Jamaïque, passée proche d’une qualification directe dans sa zone Concacaf, et qui visait aussi un deuxième Mondial après l’édition 1998 en France.

Les Reggae Boyz, qui avaient battu la Nouvelle-Calédonie 1-0 jeudi pour atteindre la finale de ce barrage intercontinental, ont subi mais se sont montrés dangereux avec des frappes de Kasey Palmer (30e) et Leon Bailey (41e).

Dans le stade de Guadalajara, qui accueillera quatre rencontres du Mondial, le match, soporifique, est resté indécis jusqu’au but chanceux de Tuanzebe (28 ans), le défenseur de Burnley reprenant comme il pouvait un corner dévié par un adversaire.

La fin de rencontre a encore été ralentie par le remplacement à la 115e minute de l’arbitre principal, blessé à la jambe gauche.

L’Irak complète le tableau

L’Irak est la 48e et dernière équipe à se qualifier pour le Mondial-2026 de football, grâce à son succès 2-1 face à la Bolivie en barrage intercontinental.

Malgré le lourd contexte de la guerre au Moyen-Orient, qui a grandement compliqué leur voyage jusqu’au Mexique, les Lions de la Mésopotamie rejoignent la France, le Sénégal et la Norvège dans le groupe I de la Coupe du monde.

L’Irak va participer pour la deuxième fois seulement au Mondial de foot après l’édition 1986 tenue au Mexique.

C’est justement sur le sol mexicain, dans le stade de Monterrey qui accueillera cet été quatre rencontres de la compétition reine, que les Irakiens ont conquis leur qualification, grâce à des buts de Ali Al-Hamadi (10e) et du capitaine Aymen Hussein (53e).

La Bolivie, qui espérait voir un premier mondial depuis 1994, avait égalisé avec le jeune Moises Paniagua (38e), mais a cédé dans un stade festif à l’ambiance partagée.