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Même si leur équipe a perdu mardi face à l’Argentine 3-2, les Égyptiens ont applaudi avec « fierté » ces joueurs qui ont porté le pays en huitièmes de finale, un niveau jamais atteint par ce pays en Coupe du monde de football.
« Nous avons le cœur brisé parce que nous croyions pouvoir aller encore plus loin », confie Ismaïl Fawzy, 39 ans, qui a regardé le match avec des centaines de supporters dans un café du quartier huppé d’Héliopolis, dans l’est du Caire.
« Mais quand on pense à tout ce que cette équipe a accompli, on ne peut qu’être fier. Elle nous a offert des souvenirs que nous n’oublierons jamais, ajoute-t-il. Certes nous avons perdu, mais nous avons déjà écrit l’histoire ».
Pour la première fois de son histoire, l’Égypte a remporté un match du Mondial, dépassé la phase de poules et atteint les matchs à élimination directe à la Coupe du Monde de la FIFA 2026™, ajoutant une page à l’histoire de son football national.
Dans le café d’Héliopolis, les émotions ont oscillé entre déception et fierté.
Les larmes ont coulé au coup de sifflet final, mais quelques minutes plus tard, les applaudissements ont éclaté lorsque les supporters se sont levés pour saluer la performance des joueurs.
« Ce n’est pas la fin que nous voulions, témoigne Farida Hamdy, 27 ans. Mais personne ne peut effacer ce que ces joueurs ont accompli. Ils ont fait croire à chaque Égyptien que nous avions notre place sur la plus grande scène ».
« Rêver plus grand »
Pendant des décennies, l’histoire de l’Égypte en Coupe du monde avait été faite de rendez-vous manqués.
« Avant cette Coupe du monde, les gens considéraient la qualification comme le rêve », relate Mme Hamdy.
« Maintenant, nous avons atteint les huitièmes de finale. La prochaine génération rêvera encore plus grand grâce à cette équipe », se réjouit-elle auprès de l’AFP.
Le sentiment de fierté s’étend bien au-delà des frontières égyptiennes.
À plus de 1000 kilomètres de là, dans la bande de Gaza près de la frontière égyptienne, des milliers de Palestiniens se sont rassemblés dans des cafés improvisés, installés sous des tentes ou construits à partir de tôles ondulées récupérées sur des bâtiments endommagés par la guerre avec Israël.
Des éclairages alimentés par des générateurs illuminent des espaces de visionnage bondés, tandis que des câbles électriques et internet entremêlés courent entre des rangées d’abris.
Des drapeaux égyptiens flottent aux côtés de drapeaux palestiniens, des portraits de l’entraîneur Hossam Hassan et de vedettes comme Mohamed Salah et Omar Marmoush décorent les lieux.
Tout le monde est là : hommes, femmes, enfants, et blessés avec béquilles et fauteuils roulants abîmés.
Le bourdonnement persistant des drones israéliens se fait entendre au-dessus des têtes, ponctué parfois par des coups de feu, mais les spectateurs restent malgré tout absorbés par le match.
En Cisjordanie occupée, des milliers de personnes se sont également rassemblées à Ramallah, où une zone industrielle avait été transformée en fan-zone.
« Pour les Palestiniens, l’Égypte est bien plus qu’un pays frère ou un voisin », raconte Mohammed Saad, 60 ans, vantant notamment une « histoire partagée ».
Le sélectionneur Hossam Hassan a été salué par les Palestiniens après avoir brandi leur drapeau sur le terrain après la victoire contre l’Australie au tour précédent et après l’avoir dédiée au peuple palestinien.
« Cela nous a donné un sentiment de joie et de liberté, dit Moussa Abou Ismaïl, 28 ans, originaire de la ville de Gaza. Nous avons le sentiment que l’équipe nationale d’Égypte a redonné vie à Gaza. »





