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TORONTO – David Sauvry n’a passé que trois mois à Dender, mais ça lui a suffi pour se faire une tête sur Luc De Fougerolles. « Je ne suis pas inquiet pour lui », finira-t-il par conclure après avoir répondu à nos questions sur le benjamin de l’équipe nationale canadienne et potentiel titulaire vendredi contre la Bosnie.
Fin 2025. L’ancien adjoint de Laurent Courtois chez le CF Montréal est arrivé depuis peu avec ce club nouvellement promu en première division belge. De Fougerolles s’y trouve en prêt. Les vacances de Noël arrivent et Sauvry n’a pas de plan. Sa copine est restée aux États-Unis, sa famille ne peut faire le voyage. « Un jour mon téléphone sonne, c’est Luc. Il me dit : “Ma grand-mère de Montréal est en ville pour les Fêtes, si tu veux venir, tu es le bienvenu”. »
Cette petite pensée, venant d’un joueur qui venait à peine d’avoir 20 ans, a permis à Sauvry de voir le côté « humainement top » du défenseur québéco-britannique. « Il était bon pour le groupe, toujours très positif et investi dans le vestiaire. Il restait souvent là pour les gars même s’il avait fini ses trucs et qu’il était libre de partir », énumère-t-il
Mais sur le terrain, la personnalité de De Fougerolles fait un virage à 180 degrés. Dans une récente entrevue accordée à The Athletic, Promise David, qui joue lui aussi en Belgique, a affirmé que « chaque fois que je joue contre lui, je m’inquiète pour ma santé parce que je pense que Luc n’a rien à foutre des ligaments, des os ou de quelque partie du corps de ses adversaires. »
Sans être aussi imagé que l’extravagant attaquant canadien, Sauvry corrobore.
« On parle d’un gars qui a été formé à Fulham. Les gars qui sortent de ces environnements, ce sont des compétiteurs, des mecs habitués de s’entraîner à 100% à chaque fois. Lui, il est là-dedans. »
« En Belgique, à tous les week-ends tu affrontes des gros gars, note Sauvry, qui est aujourd’hui de retour en MLS avec St. Louis City FC. Il a l’habitude de gérer des duels contre des adversaires plus forts que lui sur papier. Mais il a beaucoup d’éléments dans son jeu qui lui permettent de bien s’en tirer. »
Les qualités de De Fougerolles ne sont pas étrangères aux observateurs assidus de la sélection canadienne. Il a pris part à 13 matchs depuis que Jesse Marsch l’a inclus dans son projet en mars 2024. À 18 ans, il a été titularisé contre l’Uruguay dans le match pour la troisième place à la Copa América. Il a depuis commencé trois matchs en Gold Cup et affronté des adversaires comme l’Ukraine, la Roumanie, le Pays de Galles et la Colombie.
Le prochain défi en liste pourrait toutefois être d’une tout autre ampleur.
À moins d’une surprise majeure dans la remise en forme de Moïse Bombito, De Fougerolles chantera l’hymne national avec les autres partants canadiens quand l’un des trois pays hôtes de la Coupe du monde jouera son premier match de la phase de groupes. L’adversaire sera costaud, mais pas plus intimidant que ce qu’il a connu dans le passé. C’est surtout l’enjeu du match qui pourrait être, justement, un enjeu pour le jeune blondinet.
Bombito était considéré comme un énorme morceau dans la transition du Canada vers de nouvelles ambitions. Avec lui, l’équipe qui avait fait acte de présence il y a quatre ans au Qatar prenait un pas considérable vers la crédibilité.
Le trou laissé par son absence doit maintenant être comblé par un joueur dont on voyait probablement la fenêtre s’ouvrir davantage dans la route vers le tournoi de 2030.
« Pour dire vrai, j’ai toujours eu confiance en moi, a dit De Fougerolles mercredi. J’ai toujours su que j’étais un bon joueur. Autant en club que pour le pays, j’ai toujours fait les bonnes choses pour être prêt pour ce moment. Alors sans dire que je m’y attendais, je voulais être prêt à saisir l’opportunité si elle se présentait. J’espérait qu’elle se présente, en fait. J’ai travaillé fort toute ma vie pour vivre ça et je suis certain que je serai prêt. »
« Ce qui ressort chez lui, c’est sa mentalité, identifie Derek Cornelius, qui a été son partenaire en défense centrale pour sept matchs dans les deux dernières années. Et un match comme celui qui nous attend [contre la Bosnie], ça sera une bataille mentale, surtout à cause du jeu robuste. Tout le monde sait que Luc est au niveau pour ça. Il a gagné la confiance du staff et du groupe. S’il commence le match vendredi, personne ne doute qu’il fera le travail. »
De Fougerolles a lui-même eu à gérer quelques problèmes physiques cette saison en Belgique, mais il aura sinon retiré tout ce qu’il souhaitait de son prêt. Toutes compétitions confondues, il a pris part à 30 matchs pour un total de près de 2000 minutes.
« Quand vous m’avez parlé à la Gold Cup, j’avais probablement cinq ou six matchs pros derrière la cravate. Aujourd’hui j’en ai une quarantaine. Ça me place dans un très bon état d’esprit. Je me sens beaucoup plus confiant, plus prêt. »
« La réalité, c’est que son prochain match sera le plus important qu’il aura joué dans sa carrière, soulève David Sauvry comme une évidence. Après, il fait partie de ces jeunes qui ont été formés pour jouer au plus haut niveau. Forcément, il doit ressentir une certaine tension positive présentement. Mais dès que le sifflet se fera entendre, je suis convaincu que ses instincts prendront le dessus. »





