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Lionel Messi perd rarement. L’Espagne ne perd jamais.
C’est du moins ce qui s’est passé ces dernières années. Le meilleur joueur de soccer et l’équipe la plus dominante du moment s’affronteront dimanche, en finale de la Coupe du monde de soccer masculin de la FIFA.
Il s’agira d’un match digne des plus grandes compétitions. Messi et l’Argentine affronteront une équipe d’Espagne invaincue depuis 37 matchs, une série qui remonte au début de l’année 2024.
Pour l’Espagne, c’est l’occasion de décrocher un deuxième titre mondial, après celui de 2010, et de s’imposer comme la force dominante incontestée du soccer actuel.
Pour l’Argentine, c’est l’occasion de devenir la première équipe masculine à remporter deux Coupes du monde consécutives depuis Pelé et le Brésil, en 1958 et 1962. Et pour Messi, c’est l’occasion d’écrire une conclusion parfaite à ce qu’il a annoncé comme étant sa dernière participation avec sa sélection nationale.
« Dimanche, nous assisterons à un grand spectacle », a déclaré l’entraîneur-chef de l’Espagne, Luis de la Fuente, dont l’équipe présente un dossier de 28-0-9 durant cette période d’invincibilité. « Ce sont deux grandes équipes nationales très similaires sur certains points, notamment en matière d’état d’esprit et de talent des joueurs. Je pense que ce sera une finale extraordinaire. »
En résumé, cette confrontation ressemble à un duel entre le meilleur joueur et la meilleure équipe. En réalité, c’est bien plus que ça.
L’histoire est riche, car Messi est né en Argentine, mais il a passé une partie de sa jeunesse et la majeure partie de sa carrière en club en Espagne. Il aurait donc pu jouer pour l’équipe nationale espagnole s’il l’avait souhaité. L’Espagne a tenté de le convaincre à maintes reprises. Il n’a jamais cédé.
La partie de dimanche sera sa première contre l’Espagne depuis un match amical en 2010, au cours duquel l’Argentine avait largement dominé les champions du monde en titre.
Messi comprend parfaitement l’enjeu colossal de ce match et il insiste sur le fait que l’approche sera simple: passer un dimanche après-midi entre amis, à botter le ballon, même si 80 000 personnes seront présentes dans le stade et qu’il y aura probablement environ deux milliards de téléspectateurs à travers le monde.
Il y a aussi cette incroyable histoire impliquant Messi et le joueur vedette espagnol Lamine Yamal. Les deux joueurs ont été photographiés ensemble il y a près de vingt ans, alors que Yamal était bébé. Ils partageront maintenant la même pelouse en finale de la Coupe du monde.
« Nous avons grandi en jouant au soccer avec passion, toujours impatients de jouer, a exprimé Messi. Nous jouions partout. Dans la rue. À l’école. En équipe. Nous ne pensions pas à la pression. C’était un jeu naturel. »
Mais la pression sera bien présente dimanche, et même énorme. Victoire ou défaite, l’Argentine sait que c’est probablement la fin de l’ère Messi en bleu et blanc.
« C’est le meilleur joueur de soccer que le monde ait connu », a déclaré l’entraîneur-chef de l’Argentine, Lionel Scaloni.
Ça n’a pas toujours été le cas. Il y a dix ans, ce parcours exceptionnel – vainqueur de la Copa América en 2021, champion du monde en 2022, de nouveau vainqueur de la Copa América en 2024 – aurait presque pu ne jamais avoir lieu pour l’Argentine.
Messi avait pris sa retraite internationale en 2016, après la défaite aux tirs au but de l’Argentine aux mains du Chili en finale de la Copa América, après qu’il eut même raté sa tentative. Heureusement pour tous, cette retraite n’a duré que quelques semaines. Mais il était las de toujours échouer dans les grands rendez-vous avec son équipe nationale et il était prêt à quitter la sélection à 29 ans.
« C’est terminé », avait dit Messi cette soirée-là, au MetLife Stadium, qui sera justement le théâtre de la finale de la Coupe du monde.
Bien sûr, il n’avait pas dit son dernier mot. Il a continué à briller avec le FC Barcelone, puis avec le Paris Saint-Germain, et, enfin, avec l’Inter Miami CF.
Double lauréat du titre de joueur le plus utile de la MLS, Messi est la vedette des champions en titre de la coupe MLS et il est encore capable de marquer des buts dans les moments décisifs avec une facilité déconcertante.
« Il est entré dans l’histoire », a affirmé Scaloni. « C’est une légende. »
L’Espagne est elle aussi en quête d’un record. La « Roja » est favorite en vue de l’affrontement de dimanche, et à juste titre, après n’avoir encaissé qu’un seul but lors de ses sept premiers matchs dans ce tournoi.
L’Espagne n’a pas été menée une seule seconde dans cette Coupe du monde, alors que l’Argentine a été menée pendant plus de 100 minutes, temps additionnel compris.
De telles performances défensives sont tout simplement rarissimes, même en Coupe du monde. Seules trois équipes – l’Espagne en 2010, l’Italie en 2006 et la France en 1998 – ont remporté le titre en n’encaissant que deux buts au total dans la compétition. Cette équipe d’Espagne est en voie de faire encore mieux.
« L’Argentine, c’est bien plus que Messi », a insisté le capitaine de l’Espagne, Rodri. « Ils ont prouvé qu’ils formaient une équipe très complète, composée de joueurs de haut niveau. […] Nous sommes les deux meilleures équipes, et nous jouons collectivement. Bien sûr, il faut se méfier de Leo, mais aussi de nombreux autres joueurs. »
Il n’en reste effectivement que deux. Et comme c’est toujours le cas, un côté va célébrer alors que l’autre sera dévasté.





