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Mark Carney n’a « aucune confiance » envers Gianni Infantino

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Le premier ministre Mark Carney a déclaré mercredi qu’il n’avait plus confiance en Gianni Infantino, président de la FIFA. Cette annonce vient s’ajouter à la pression croissante qui pèse sur le dirigeant du soccer après que son projet, finalement abandonné, de vendre des parts de la Coupe du monde a suscité une vague de critiques à l’échelle mondiale.

M. Carney a souligné que M. Infantino avait commis une erreur « fatale » en matière de gouvernance en ne consultant pas ses principaux conseillers, notamment le directeur des opérations de la FIFA et les membres du conseil d’administration.

« J’ai dirigé plusieurs organisations au cours de ma carrière, a commenté M. Carney. L’idée selon laquelle une bonne gouvernance consiste à ne pas informer ses conseillers les plus proches, son directeur des opérations ou ses collègues du conseil d’administration d’une décision importante que l’on envisage – sans parler de la proposer – devrait être considérée comme fatale. Je n’ai certainement pas confiance en M. Infantino. »

Le Canada a co-organisé la Coupe du monde 2026 avec les États-Unis et le Mexique, et M. Carney est apparu aux côtés de M. Infantino lors de plusieurs événements du tournoi.

Il était assis dans une loge aux côtés du président de la FIFA, du président américain Donald Trump et de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum lors de la finale de la Coupe du monde à East Rutherford, dans le New Jersey, le mois dernier, et il a rejoint les trois autres dirigeants sur scène pour remettre les médailles après la victoire de l’Espagne 1-0 contre l’Argentine en prolongation.

Les propos de M. Carney interviennent quelques jours après que M. Infantino a abandonné cette proposition après la vive opposition de l’Union des associations européennes de football (UEFA), des fédérations nationales de soccer et des conseillers de haut rang de la FIFA.

M. Infantino avait proposé de créer une société de 20 milliards $ pour gérer la Coupe du monde avec des investisseurs privés, dont la famille Kushner, mais cette initiative a suscité une vive polémique.

Dimanche dernier, le premier ministre britannique Andy Burnham a qualifié M. Infantino d’« homme inapte à diriger » le soccer mondial.

La FIFA n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire. Canada Soccer a indiqué qu’elle préparait une réponse.

Les 55 associations membres de l’UEFA avaient convenu de boycotter la Coupe du monde et d’autres compétitions de la FIFA si ce projet était mené à bien, tandis que la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF) et la Confédération asiatique de football s’y étaient également opposées.

Malgré le revirement de M. Infantino, l’UEFA a assuré qu’elle collaborerait avec d’autres confédérations pour veiller à ce qu’une proposition similaire «ne puisse plus se reproduire».

Si M. Infantino bénéficie toujours du soutien de certaines associations membres, dont le Qatar, pays hôte de la Coupe du monde 2022, les propos de M. Carney sont venus s’ajouter aux critiques de plus en plus vives à l’encontre de la gouvernance de la FIFA.

La prochaine élection pour la présidence de la FIFA est prévue en mars à Rabat, au Maroc. Les candidats ont jusqu’au 18 novembre pour se présenter.

Un nom a émergé comme remplaçant potentiel de M. Infantino: celui du Canadien Victor Montagliani.

Le président de la CONCACAF et vice-président de la FIFA est originaire de Vancouver et a joué un rôle déterminant dans la candidature de son pays pour la Coupe du monde 2026.

Interrogé mercredi sur la question de savoir s’il soutiendrait la candidature de M. Montagliani à la présidence de la FIFA, M. Carney a répondu que la décision reviendrait à l’instance dirigeante du soccer mondial, et non à des responsables politiques internationaux.

Le premier ministre a ajouté qu’il avait un «immense respect» pour l’ancien président de Canada Soccer.

« C’est une personnalité exceptionnelle. Il fait honneur au Canada et au soccer, a commenté M. Carney. Il a très bien rempli son rôle au sein de la CONCACAF. Il adore ce sport. »