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Mbappé, comment se consoler?

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MIAMI, États-Unis - Totalement habité par la quête du titre mondial, Kylian Mbappé doit se contenter de la « petite finale », samedi face à l’Angleterre à Miami (17 h, RDS2) où le capitaine de l’équipe de France, lancé dans un duel à distance avec Lionel Messi, espère se consoler en gonflant ses statistiques personnelles et en poursuivant sa chasse aux records.

La déception est immense pour la superstar des Bleus, qui avait abordé la compétition avec l’ambition de décrocher une troisième étoile et de continuer son histoire si particulière avec son tournoi fétiche, celui qui a fait de lui une vedette planétaire dès ses 19 ans. Mais le no 10 est en passe, au contraire, de vivre aux États-Unis une reprise de son exercice frustrant au Real Madrid.

Sans trophée avec les Merengue, Mbappé s’est quelque peu réconforté en étant sacré « pichichi » (meilleur buteur de la Liga) pour la deuxième fois d’affilée. Le même scénario pourrait se produire durant cette Coupe du Monde de la FIFA 2026™. À défaut d’un sacre, pour lequel lui et les Bleus se disaient en mission et qu’ils ont laissé échapper en s’inclinant en demi-finales contre l’Espagne (2-0), le « crack » de Bondy a dans le viseur plusieurs objectifs individuels qui pourraient, en cas de réussite, panser ses plaies.

Il y a d’abord le Soulier d’or de la FIFA, qui récompense le meilleur buteur de l’épreuve. Avec huit réalisations à son actif, Mbappé partage pour le moment la tête du classement avec Messi. Avant la finale que l’Argentin doit disputer dimanche face à la Roja, le Français se verrait bien prendre ses aises par rapport au génie albiceleste et se succéder à lui-même au palmarès, quatre ans après avoir déjà dominé les débats au Qatar (8 buts).

Une autre bataille se joue aussi contre le no 10 argentin, qui détient le record de buts en phase finale (21), une unité seulement devant le Français. Autant de distinctions à même de soulager le capitaine après l’échec brutal des Bleus.

« Qu’il ait ces objectifs individuels, ça me semble légitime », l’a défendu, comme toujours, le sélectionneur Didier Deschamps, vendredi, tout en refusant d’indiquer s’il serait aligné d’entrée face aux Anglais, se contentant d’affirmer qu’il était « disponible ».

Désarmé en demi-finales

Durant les cinq semaines passées outre-Atlantique, Mbappé aura été à la hauteur de son statut, tirant par le haut l’équipe de France, bien aidé par ses deux compères Ousmane Dembélé et Michael Olise. Si ses deux coéquipiers ont sombré en demi-finales, incapables d’être à la hauteur de cet énorme rendez-vous contre un secteur défensif espagnol largement supérieur, le no 10, même totalement désarmé, aura au moins eu le mérite de se démener autant qu’il pouvait sur le front de l’attaque.

« Je pense qu’on n’a pas fait le match qu’on voulait faire, que ce soit tactiquement, que ce soit même techniquement, que ce soit dans le niveau global qu’on a fourni. Et quand tu ne fais pas ce que tu es censé faire dans une demi-finale de Coupe du monde, tu ne gagnes pas », a-t-il regretté sur M6 après la rencontre.

S’il a échoué à s’offrir un deuxième titre mondial après 2018, Mbappé se souviendra que c’est durant cette Coupe du monde qu’il est devenu le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France, dès le premier match contre le Sénégal (3-1) avant de franchir le cap symbolique des 100 sélections.

64 réalisations en 105 apparitions sous le maillot frappé du coq à seulement 27 ans : des chiffres qui donnent le tournis et ne sont pas anecdotiques aux yeux d’un joueur féru de statistiques et obnubilé par la trace qu’il pourrait laisser dans l’histoire du football. Mais Mbappé les aurait certainement échangés avec une place en finale, dimanche au MetLife Stadium près de New York.

« Les équipes fortes sont celles qui gagnent », avait-il ainsi déclaré juste après la qualification pour les demi-finales.

« Il aurait préféré mettre zéro but et gagner la compétition », a confirmé Ibrahima Konaté, vendredi.

Sauf pépin physique, Mbappé aura sans aucun doute l’opportunité de se racheter en 2030 lors de la 24e édition du Mondial organisée en Espagne, au Portugal et au Maroc. Il aura alors 31 ans, encore l’âge de tous les possibles pour ce joueur hors norme.