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Les Espagnols célébrés par près de 2 millions de personnes

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Une liesse populaire a envahi les rues bondées de Madrid où quelques deux millions de personnes sont venues lundi assister au retour triomphal de leurs champions du monde, après leur victoire face à l’Argentine (1-0) à la Coupe du Monde de la FIFA 2026™.

« C’est un moment unique » pour Pablo Perello, 33 ans. Tout juste revenu de Valence pour l’occasion, il est « très heureux » d’« être proche des joueurs et de voir la coupe si possible, et de revivre ce moment qu’on a déjà vécu il y a deux ans lors de la victoire de l’Espagne à l’Euro en Allemagne. »

Le passage du bus à impériale des joueurs de la « Roja », sur lequel est inscrit « Rois du monde », a provoqué des scènes de liesse et de délire collectif, toutes les générations se mélangeant dans une ambiance survoltée et assourdissante.

Concert de klaxons, cris de joie, des drapeaux jaune et rouge brandis fièrement: les supporters étaient encore sur un nuage pour fêter leurs « campeones », au lendemain de la victoire, et comptent bien faire durer la fête toute la soirée.

« C’est très impressionnant, je n’avais jamais vu ça, je ne pensais pas que ça serait comme ça », a raconté à l’AFP Marina Fenoghieto, 50 ans, venue avec son fils de 14 ans « très ému depuis hier » et « très heureux » d’assister au retour des champions.

Certains fans se sont postés sur leur balcon, quand d’autres chantent allègrement la « Macarena » ou « Dai Dai », le hit de Shakira cette année pour la Coupe du monde.

Arrivée triomphante

Les joueurs ont atterri à Madrid avec leur trophée qu’ils vont exhiber fièrement tout l’après-midi au cours de leurs rencontres avec le roi, le Premier ministre et surtout leurs partisans, qui devraient être très nombreux et survoltés.

Arrivés des États-Unis à bord d’un avion de la compagnie nationale Iberia, orné d’un petit drapeau flottant juste au-dessus du cockpit, les joueurs sont descendus de l’appareil en début d’après-midi en Espagne.

Rodrigo Hernandez Rodrigo Hernandez (Manu Fernandez/PC)

Les premiers à sortir ont été le sélectionneur Luis de la Fuente, le capitaine Rodrigo Hernandez (Rodri) en maillot et short de la Roja, médaille autour du cou et tenant le trophée doré dans ses mains, ainsi que le président de la fédération Rafael Louzán, a constaté un journaliste de l’AFP.

Après leur déjeuner dans un endroit tenu secret, les joueurs seront reçus par le roi Felipe VI au palais de la Zarzuela, dans la banlieue de Madrid, avant de voir le Premier ministre Pedro Sánchez au siège du gouvernement, le palais de la Moncloa, à 18 h (heures locales).

Princesse Leonor, le roi Felipe VI et la reine Letizia Princesse Leonor, le roi Felipe VI et la reine Letizia (Carlos Alvarez/Getty Images)

« Ça mérite bien une fête »

Certains supporters ivres de bonheur après une (très) courte nuit prévoient de remettre le couvert, à l’image de Bruno González del Yerro, un financier de 32 ans, interrogé par l’AFP: « Il faudra le fêter d’une manière ou d’une autre, vu que ça n’arrive que tous les quatre ans ! (...) Ça mérite bien une fête ! »

Après une longue nuit de fiesta, Tomas Hernanz, un lycéen de 18 ans, porte, lui, le drapeau rouge et jaune de l’Espagne noué sur ses épaules. Avec son ami Martin Peña, il entend bien « passer toute la journée à Madrid en attendant l’arrivée des joueurs », car « c’est un truc qu’on veut vivre maintenant, et on ne va pas le regretter ».

« Dès que je pourrai, je vais aller accueillir nos champions », promet pour sa part José Márquez, un militaire de 37 ans qui tente tant bien que mal de dissimuler sa fatigue: « Je me suis couché à 2 heures du matin, je n’ai pas beaucoup dormi mais ça valait le coup ».

Dès le coup de sifflet final tard dimanche soir, l’Espagne toute entière a exulté de joie après ce sacre célébré lors d’une nuit de folie et de liesse, une soirée toutefois endeuillée par la mort d’un adolescent de 13 ans à Ciudad Rodrigo, dans l’ouest du pays, après l’effondrement d’une fontaine sur laquelle plusieurs supporters étaient montés.

Ce nouveau titre planétaire résonne tout particulièrement dans ce pays passionné de football où ce sport fédère ses 50 millions d’habitants, dont une partie de la jeune génération n’avait pas vécu le premier sacre de la « Selección » au Mondial 2010 en Afrique du Sud.

Héros d’une nation

C’est en héros d’une nation que seront accueillis les joueurs dans les prochaines heures.

Quant aux Argentins, très peu en vue pendant la finale à l’instar de leur magicien Lionel Messi, fantomatique, ils seront accueillis à l’aéroport de Buenos Aires à 17 h (heure locale) par des centaines de milliers, peut-être plus, de supporters tristes mais fiers.

À Madrid, les larmes couleront aussi lundi soir, mais de joie, lors du défilé historique tout juste deux ans après avoir remporté l’Euro 2024 en Allemagne.