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Le Québec bien représenté pour la Saint-Jean

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VANCOUVER – Pendant qu’on spéculait sur l’identité du milieu de terrain qui comblerait l’absence d’Ismaël Koné – c’est, tel que prévu, Nathan Saliba qui s’est vu confier cette mission – Mathieu Choinière se préparait secrètement pour le match le plus important de sa carrière.

Trois jours avant que le Canada affronte la Suisse pour conclure la première portion de sa Coupe du monde, Stephen Eustaquio a fait l’impasse sur une séance d’entraînement. Comme il était de retour à son poste le lendemain, personne n’en a fait de cas. Mais Choinière savait que quelque chose se tramait.

« Le coach m’a parlé quelques journées en avance. Il m’a dit de me tenir prêt, que s’il y avait de quoi, c’est moi qui allais jouer. Donc je savais que j’allais commencer aux côtés de Nathan. J’essayais d’être dans ma tête, de visualiser tout ce qui pourrait se passer. J’étais content de commencer et j’avais confiance. »

On a donc eu droit, le jour de la fête nationale du Québec, un milieu de terrain entièrement composé de joueurs formés dans la Belle Province. « Je pense qu’on est fiers, a dit Choinière. Fiers de représenter notre pays, puis de le faire le jour de la Saint-Jean aussi. »

Saliba avait vécu son baptême une semaine plus tôt avec une entrée impromptue contre le Qatar. Choinière a quant à lui pu savourer tous les préambules propres à une titularisation. Il s’est échauffé avec les partants, est entré sur le terrain avec les partants, a chanté bras dessus, bras dessous avec les partants.

« J’étais un peu émotif pendant l’hymne national, juste à l’idée de jouer mes premières minutes dans une Coupe du monde. Sur le terrain, j’essayais d’apporter le plus possible pour l’équipe, de me battre et de réaliser que je jouais mes premières minutes en Coupe du monde. J’étais Vraiment content. Je ressors du match avec une grande fierté. »

Choinière a fait partie des premiers joueurs ramenés au banc par Jesse Marsch à la 58e minute. Même s’il était responsable de tirer les coups francs et les coups de pied de coin, sa contribution offensive a été limitée. Sa précision sur ses centres (1-en-4) et ses longues passes (3-en-6) a laissé à désirer, mais il a été crédité de deux interceptions et trois récupérations en défense. Il a aussi gagné deux de ses trois duels.

Saliba a joué l’entièreté du match. Il a été l’un des meilleurs distributeurs dans l’attaque canadienne (taux de réussite de 88%, six passes dans le dernier tiers, deux occasions crées) en plus de réussir six récupérations défensives et trois dégagements.

« Je pense qu’on était bien, on était solides au milieu, analysait la recrue du RSC Anderlecht. On a fait ce qu’on avait à faire. »

« Ils ont bien joué, a commencé Marsch, mais contre un bon adversaire qui fait bien circuler le ballon au milieu de terrain et contre un gars comme [Granit] Xhaka qui peut dicter l’allure d’un match, la marche était haute. On a pu voir que l’expérience de Steph l’a aidé à faire une différence quand il est entré. »

Après la rencontre, Eustaquio a insisté sur le fait qu’il aurait joué les 90 minutes s’il en avait été capable physiquement et qu’il serait disponible pour jouer un rôle accru en 16e de finale.

Saliba en vitrine

Au bulletin de Saliba, il faut ajouter une spectaculaire passe décisive qu’il a servie à Promise David sur l’unique but du Canada.

À la 76e minute, Saliba a filé entre deux défenseurs pour s’offrir en cible pour un long ballon de Luc De Fougerolles. Pendant que l’offrande passait par-dessus sa tête, Saliba a soulevé le pied droit pour amortir la chute du ballon, a appliqué les freins et a aussitôt mis la table pour David du pied gauche.

« Incroyable », a commencé par décrire Mathieu Choinière quand on lui a rappelé la séquence.

« J’ai vu l’espace libre, a analysé Saliba. Je fais l’appel, je vois que Luc attend de me la mettre, il me la met bien et quand je réussis à la contrôler, je sais que j’ai le temps de regarder mes options. Je vois Promise se lancer, je me dis que je peux la lui mettre assez rapidement. Je sais qu’il a les longues jambes pour aller la chercher! »

Saliba avait vu juste. Sans même laisser le ballon retomber au sol, David a étiré la jambe droite pour affecter la trajectoire de la sphère avec l’extérieur de son pied.

Cette action décisive mettait un point d’exclamation sur une autre bonne journée au bureau pour l’ancien académicien de l’Impact. En un match et demi à la Coupe du monde, Saliba a maintenant servi deux passes lucratives en plus d’avoir marqué sur un spectaculaire coup franc. On a déjà vu des signes de « piasses » apparaître dans les yeux de directeurs sportifs pour moins que ça.

Plus le milieu de terrain du RSC Anderlecht se voit offrir l’occasion d’exhiber son talent et plus il est envisageable de le voir atterrir sur le marché des transferts cet été.

« Je n’y pense pas trop, prétend Saliba. Ce n’est pas un truc auquel j’ai envie de penser en ce moment. On est plus concentrés sur les matchs. Là, on va enchaîner dans quatre jours, je pense que le focus est là-dessus. Quand on aura terminé, je pourrai regarder ce que j’ai fait plus personnellement, mais là je suis concentré sur le collectif. »

« Nathan, il est sur une pente montante, ne se gêne pas pour dire Choinière. C’est un joueur que je connais depuis longtemps, c’est mon ami aussi et tout ce qui lui arrive de bien, ça montre tout le travail qu’il a mis, toutes les qualités qu’il a. Pour vrai, il n’y a pas de plafond pour lui. Il peut aller très, très loin. »