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Encore plus d’équipes en Coupe du monde de soccer masculin. Toujours la même histoire.
Cette édition du prestigieux tournoi a commencé avec 48 équipes; il n’en reste plus que huit, dont six européennes. Et à moins que le Maroc ne crée la surprise à plusieurs reprises au cours des deux prochaines semaines, le champion sera européen ou sud-américain.
Encore une fois. Comme toujours.
Ce tournoi, qui existe depuis près d’un siècle — la première Coupe du monde a eu lieu en 1930 —, a été disputé à 22 reprises. Les vainqueurs : 12 d’Europe, 10 d’Amérique du Sud, zéro du reste du monde réuni.
La composition des quarts de finale de cette année : six équipes européennes, une sud-américaine, une africaine. Des résultats qui ne dérogent pas vraiment à la tendance historique.
Cela dit, il semble que même certains des meilleurs joueurs européens soient surpris par le bon déroulement de cette Coupe du monde.
« Je pensais que certaines choses étaient impossibles, a admis le joueur étoile norvégien Erling Haaland après avoir inscrit deux buts qui ont permis à son équipe de battre le Brésil et de se qualifier pour les quarts de finale — une première pour son pays dans l’histoire de la Coupe du monde. Je suppose que j’avais tort. »
Il s’est trompé dans le bon sens du terme. Les hôtes du tournoi, eux, se sont trompés dans le mauvais sens.
L’Amérique du Nord avait trois occasions de se démarquer cette année lors d’une Coupe du monde plus importante que jamais, réunissant 48 équipes, avec les États-Unis, le Mexique et le Canada comme pays coorganisateurs.
Aucune de ces équipes n’a même atteint les quarts de finale.
« Nous devons franchir ce prochain obstacle, a déclaré le joueur étoile américain Christian Pulisic lors d’une entrevue télévisée après l’élimination des États-Unis par la Belgique en huitièmes de finale, une défaite écrasante 4-1 qui montre tout le chemin qu’il reste à parcourir à l’Amérique du Nord. Essayer de rivaliser avec les meilleurs du monde et de les battre, c’est notre prochaine étape… Il nous reste encore un pas à franchir. »
Les trois pays hôtes ont tous franchi sans peine la phase de groupes et les seizièmes de finale. Les États-Unis, le Mexique et le Canada affichaient un dossier combiné de neuf victoires, deux nuls et une défaite lors de ces rencontres, avec un écart de buts total de 20 en leur faveur. Les perspectives semblaient pour le moins prometteuses.
Puis vinrent les huitièmes de finale. Et là, coup de théâtre.
L’Angleterre a éliminé le Mexique 3-2, les États-Unis se sont fait écraser par la Belgique lors d’un match qui semblait à sens unique dès le début et le Canada a été surclassé dans une défaite de 3-0 face au Maroc. Bilan cumulé de ces trois rencontres : zéro victoire, trois défaites, zéro match nul, avec un déficit de sept buts.
« C’est un autre niveau, a expliqué la légende du soccer français et ex-entraîneur du CF Montréal, Thierry Henry, en tant qu’analyste sur la chaîne Fox, après la défaite des États-Unis. La Coupe du monde est différente en phase de groupes. Les seizièmes de finale n’ont jamais existé auparavant. Tout le monde est entré dans l’histoire lors de ces seizièmes de finale. Ça n’avait jamais existé auparavant… Malheureusement, un pays hôte, deux pays hôtes, trois pays hôtes, éliminés. C’est exactement ce qu’on ne veut pas voir lors d’une Coupe du monde. Ça m’agace. »
Si cela agace Henry, imaginez ce que cela représente pour les Canadiens, les Mexicains et les Américains.
Aucune équipe de la CONCACAF — la Confédération des associations de soccer d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes — n’a atteint les quarts de finale de la Coupe du monde depuis le Costa Rica, en 2014.
Avant cela, c’étaient les États-Unis, en 2002, qui avaient réalisé leur meilleure performance en Coupe du monde depuis leur troisième place en 1930. Le Canada n’a jamais dépassé les huitièmes de finale. Le Mexique a participé à chacune des neuf dernières éditions de la Coupe du monde; il a atteint les huitièmes de finale à huit reprises, sans jamais aller plus loin pendant cette période.
« Tout le monde a tout donné, a convenu le milieu de terrain mexicain Erik Lira. Mais, au final, ça n’a pas suffi. »
Cela semble être un refrain qui revient tous les quatre ans pour toutes les équipes hors d’Europe et d’Amérique du Sud.
La composition des quarts de finale de la Coupe du monde de 2002 présentait une certaine diversité, avec cinq confédérations — l’Europe, l’Amérique du Sud, l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Nord — toutes représentées cette année-là.
Ce fut un épisode exceptionnel. Sur les 48 places disponibles en quarts de finale lors des six Coupes du monde qui ont suivi, l’Europe en a remporté 30, l’Amérique du Sud 14, l’Afrique trois et l’Amérique du Nord une.
Le Maroc porte maintenant les espoirs de l’Afrique, et ce continent est sorti de la phase de groupes en semblant prêt à réaliser une percée. Il avait envoyé 10 équipes au tournoi; neuf d’entre elles se sont qualifiées pour les seizièmes de finale.
Mais la plupart de ces équipes ont vu leurs espoirs s’envoler en encaissant des buts en fin de match.
La Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud et le Congo ont tous encaissé des buts décisifs à la 86e minute ou plus tard, ce qui a scellé leur élimination en phase éliminatoire.
Le parcours magique du Cap-Vert a pris fin après avoir concédé un but contre son camp face à Lionel Messi et à l’Argentine, tenante du titre, à la 111e minute. Quant au Sénégal et à l’Égypte, leur sort a été particulièrement cruel : tous deux menaient 2-0 en fin de deuxième demie, avant de s’incliner respectivement 3-2 face à la Belgique et à l’Argentine.
L’Égypte a estimé que le match lui avait été volé par des décisions arbitrales.
« Peut-être voulaient-ils garder les champions du monde dans la compétition, a évoqué le sélectionneur égyptien Hossam Hassan. Peut-être voulaient-ils que Messi reste dans la compétition. »
À l’inverse, une grande puissance comme l’Argentine a une nouvelle fois trouvé le moyen de s’imposer. Pour la cinquième fois lors des six dernières Coupes du monde, l’équipe de Messi est en quarts de finale.
Certaines choses ne semblent tout simplement pas changer.
« Ce n’était pas facile d’effacer un déficit de 2-0 dans un match éliminatoire de la Coupe du monde — surtout compte tenu de la façon dont se déroulent les matchs ces derniers temps, où personne ne vous fait de cadeau, a dit Messi. Mais Dieu merci, nous y sommes parvenus une fois de plus. »





