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Un risque accru de traite de personnes durant la Coupe du monde

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OTTAWA — Alors que le Canada s’apprête à accueillir la Coupe du monde de soccer, l’agence fédérale de renseignement financier met en garde contre le fait que les grands événements sportifs peuvent accroître le risque d’exploitation de personnes vulnérables par des trafiquants d’êtres humains.

Un nouveau bulletin du Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada conseille aux entreprises d’être attentives aux signes de transactions financières pouvant être liées à la traite à des fins d’exploitation sexuelle ou de travail forcé.

L’agence, mieux connue sous le nom de CANAFE, identifie les fonds liés au blanchiment d’argent en filtrant chaque année des millions d’informations provenant des banques, des coopératives de crédit, des entreprises de services monétaires, des casinos et d’autres entités.

Le CANAFE communique les renseignements ainsi obtenus à la police et à ses partenaires en matière de sécurité, notamment le Service canadien du renseignement de sécurité et la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Le CANAFE indique avoir transmis 316 renseignements financiers exploitables en 2024-2025 aux services de police afin de soutenir leurs enquêtes sur la traite des personnes.

Ces transmissions ont permis d’identifier 538 personnes d’intérêt et ont appuyé 26 enquêtes au niveau des projets, précise l’agence.

Le Canada, le Mexique et les États-Unis coorganisent la Coupe du monde du 11 juin au 19 juillet. Le tournoi rassemble 48 pays pour 104 matchs, dont 13 à Toronto et à Vancouver.

Les grands événements sportifs et de divertissement internationaux peuvent attirer des centaines de milliers de visiteurs nationaux et internationaux dans les villes hôtes, note le bulletin.

Ces événements peuvent être associés à un risque accru d’exploitation sexuelle, en particulier lorsque l’afflux de visiteurs stimule la demande en matière d’hébergement, de vie nocturne, de divertissement et de services sexuels commerciaux à proximité des sites de l’événement et des pôles de transport, selon le CANAFE.

À mesure que la demande augmente, les risques pour les personnes vulnérables peuvent s’accroître, car les trafiquants adaptent leurs opérations pour tirer profit de l’essor de l’activité économique, met en garde le bulletin.

Il indique que l’exploitation sexuelle liée aux grands événements peut être facilitée par la publicité en ligne sur les plateformes d’escorte, les sites web de petites annonces et les réseaux sociaux.

« La publicité peut faire référence à des thèmes propres à un événement, à des lieux à proximité de ce dernier ou à des offres d’une durée limitée, et peut mettre l’accent sur la proximité géographique ou s’adresser directement à la clientèle de passage », précise le bulletin.

Les grands événements peuvent offrir aux trafiquants l’occasion d’intensifier leurs activités ou de déplacer les victimes vers des zones où la demande pour leurs services est accrue.

Les grands événements peuvent également stimuler la demande de main-d’œuvre dans des secteurs tels que l’hôtellerie, l’hébergement, le nettoyage, la construction, les transports et la sécurité, d’après le bulletin.

« L’augmentation de la demande dans ces secteurs peut offrir aux trafiquants des occasions d’exploiter des personnes vulnérables au moyen de pratiques de recrutement et de travail trompeuses, coercitives ou abusives », ajoute le CANAFE.

Les activités financières liées à la traite de main-d’œuvre peuvent se confondre avec les revenus d’entreprises légitimes et les transactions liées à la paie, selon le bulletin.

Les entreprises assujetties à la loi régissant le CANAFE doivent déposer une déclaration d’opération suspecte s’il existe des motifs raisonnables de soupçonner qu’une opération financière est liée au blanchiment d’argent, au financement du terrorisme ou à une infraction de contournement de sanctions.

Le bulletin conseille aux entreprises qui soumettent des déclarations liées à une possible traite des personnes d’inclure toutes les informations pertinentes susceptibles d’aider à identifier la nature et le contexte de l’activité.

Selon le CANAFE, les signes de transactions financières liées à l’exploitation sexuelle à des fins commerciales pourraient inclure des concentrations de dépenses pour des hôtels ou des locations à court terme coïncidant avec des retraits fréquents aux guichets automatiques tard dans la nuit ou tôt le matin, en particulier dans les villes hôtes d’événements.

Un autre signe de ce type pourrait être des paiements effectués pour des annonces d’escortes en ligne au nom de plusieurs personnes par un seul titulaire de compte.

Le bulletin mentionne qu’un indicateur associé au travail forcé ou à l’exploitation par le travail pourrait être la fréquence des virements entre des comptes d’entreprise et des comptes personnels, y compris les mouvements circulaires de fonds ou les descriptions de paiement génériques sans justification commerciale claire.