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Il n’y aura pas de troisième étoile pour les Bleus. L’aventure de l’équipe de France à la Coupe du monde de la FIFA 2026 a pris fin brutalement mardi après une cuisante défaite en demi-finale face à l’Espagne (2-0), qualifiée pour la deuxième finale de son histoire, 16 ans après son unique sacre de 2010.
La Roja, qui l’a emporté grâce à un penalty de Mikel Oyarzabal (22e), à la suite d’une faute de Lucas Digne sur le prodige Lamine Yamal, et un but de Pedro Porro (58e), peut désormais rêver d’un deuxième titre. La finale aura lieu dimanche au MetLife Stadium d’East Rutherford (New Jersey), contre le vainqueur d’Angleterre-Argentine mercredi (RDS, 15 h). La France va elle devoir se contenter du match pour la troisième place, samedi à Miami.
« C’est tellement difficile d’arriver à ce moment, mais nous en voulons encore plus, a insisté le milieu de terrain espagnol Rodri. Nous voulons gagner cette Coupe du monde. »
« Nous avons tout donné pour arriver en finale, d’ajouter Porro. Nous savions que nous possédions une équipe très forte, que nous jouions vraiment bien. »
Le dénouement est cruel pour les hommes de Didier Deschamps, parvenus dans le dernier carré pour la troisième fois d’affilée mais surclassés par des champions d’Europe bien plus forts collectivement et qui peuvent en outre s’appuyer sur une défense de fer. Après avoir enchanté la planète football par leur jeu offensif flamboyant, les Bleus sont tombés sur une véritable machine, qui ne leur a laissé aucune chance.
Comme lors des deux dernières confrontations entre les deux pays, en demi-finales de l’Euro-2024 (2-1) et de la Ligue des nations 2025 (5-4), survolées par la Roja, la France a paru impuissante et on a eu peine à reconnaître la fantastique équipe du début de la compétition avec ce jeu résolument porté vers l’avant, magnifié par des attaquants à la connexion parfaite.
L’Espagne a comme à son habitude monopolisé le ballon mais les individualités bleues sont totalement passées à côté de cet immense rendez-vous, surtout Ousmane Dembélé, transparent et dont la prestation a été indigne d’un Ballon d’Or, et Michael Olise, incapable de trouver la moindre ouverture. Fautes techniques, transmissions ratées, le joueur du Bayern Munich n’a pas réussi grand chose, il est vrai guère aidé par Adrien Rabiot qui a symbolisé la faillite du milieu de terrain.
Mbappé impuissant
Le capitaine Kylian Mbappé s’est lui démené mais après avoir été le fer de lance de l’équipe de France avec ses huit buts, il pouvait difficilement faire la différence sans l’aide de ses compères face à une telle équipe d’Espagne. L’attaquant du Real Madrid se savait attendu contre son pays d’adoption mais il a été complètement muselé et ne s’offrira pas de deuxième couronne mondiale après celle de 2018.
Sa première grosse occasion n’est intervenue qu’à la 65e minute mais le « crack » de Bondy est tombé sur un Unai Simon vigilant dans la cage. Il a eu dans la foulée une autre belle opportunité, également détournée en corner (67e).
La sortie sur blessure dès la 30e minute du défenseur William Saliba, remplacé par Maxence Lacroix, n’a pas non plus aidé les hommes de Deschamps. Aurélien Tchouaméni, de retour après avoir manqué les deux dernières rencontres pour cause de soucis aux adducteurs, a lui été très loin de son meilleur niveau.
Le comble pour la France c’est que Lamine Yamal, considéré comme la principale menace espagnole et bourreau des Bleus en 2024 et 2025, ne s’est montré à son avantage qu’à de très rares exceptions, à l’image de sa Coupe du monde. Il a certes été à l’origine du penalty mais ne s’est pas souvent mis en valeur.
Qu’importe pour l’astre du Barça. À tout juste 19 ans, il va découvrir pour la première fois une finale de Coupe du monde, deux ans après avoir remporté l’Euro. Un écrin à la mesure de son talent.
« Les joueurs étaient anéantis dans le vestiaire », déclare Deschamps
« La déception est là, les joueurs étaient anéantis dans le vestiaire, car c’est un groupe de compétiteurs. Mais il ne faut pas balayer tout ce qui a été bien fait. Je suis comme les joueurs, j’avais cette ambition et cette volonté. On en avait la possibilité. On a beaucoup de fierté dans ce qu’on a réalisé dans des conditions difficiles. Il faut accepter la défaite et la victoire de l’Espagne. C’est le très haut niveau », a déclaré le technicien en conférence de presse.
« L’Espagne est très forte. Ils ont été très bons dans la lecture de notre jeu. On n’a pas trouvé les solutions. Si on n’a pas l’expression offensive et technique qu’on a eue jusqu’à maintenant, c’est de notre faute. Il y a aussi le mérite de l’adversaire. Il fallait être au maximum et l’équipe de France ne l’était pas ce soir », a-t-il ajouté.
Le sélectionneur a souligné les « erreurs techniques » de ses joueurs, indiquant qu’ils avaient été « un ton en dessous », avant de tacler l’arbitrage.
« Je ne veux pas passer pour une pleureuse. Mais je veux vous poser une question. Est-ce que l’arbitre de ce soir avait le niveau pour arbitrer une demi-finale de Coupe du monde? Je vous laisse y répondre », a-t-il lancé.
Deschamps, qui dirigera pour la dernière fois les Bleus samedi lors du match pour la 3e place après 14 ans passés à la tête de l’équipe nationale, s’est aussi dit « fier » de son parcours.
« Il y a eu 2018 (le titre de champion du monde, ndlr), la finale en 2022, on a maintenu la sélection française à un niveau très haut. C’est ainsi. Ce n’est pas un moment de bonheur ce soir mais il faut accepter la décision du match », a-t-il expliqué.





