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Une fin au goût d’inachevé pour les Bleus et leur attaque de feu

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L’élimination de la France en demi-finales du Mondial laisse un goût d’inachevé après les promesses suscitées par le jeu flamboyant déployé tout au long du tournoi, avec comme porte-étendard l’attaque de feu emmenée par Kylian Mbappé, mais après avoir fait tant rêver, Didier Deschamps pourra tout de même quitter les Bleus la tête haute.

La défaite cuisante face à l’Espagne (2-0) a certes enveloppé de tristesse tout un groupe, en mission pour aller décrocher un troisième titre. Mais elle ne pourra pas effacer la formidable impression laissée durant un mois par cette équipe, qui a réussi l’exploit d’atteindre de nouveau le dernier carré après 2018 et 2022, une performance rare.

S’il n’y aura pas de troisième étoile à broder sur son maillot, la France a confirmé son statut de poids lourd du soccer international, à charge pour le successeur du sélectionneur, très vraisemblablement l’icône Zinédine Zidane, de perpétuer l’héritage de l’ère Deschamps, la plus glorieuse de l’histoire des Tricolores. Ce sera très compliqué de faire mieux mais personne ne comprendrait qu’il fasse moins bien avec le matériel à sa disposition.

Le choix du patron des Bleus de tout miser sur un secteur offensif qui avait rarement compté autant de talents a failli être payant et peut être une base très solide sur laquelle « Zizou » pourra s’appuyer.

Bradley Barcola avait évoqué au tout début de cette Coupe du monde le plaisir ressenti par les joueurs sur la pelouse, ravis de pouvoir se lâcher et de combiner à leur guise sur tout le front de l’attaque.

« On joue comme si on était au quartier. On prend la balle, on fait un peu ce qu’on veut, on ne se pose pas de question et c’est comme ça que ça marche », avait témoigné le Parisien.

Une joie contagieuse puisque c’est le monde entier qui est tombé sous le charme de ces Bleus conquérants.

Ces Bleus ont pris date

Pour sa dernière campagne à la tête de l’équipe de France, Didier Deschamps, longtemps catalogué comme un technicien pragmatique sans trop d’égards pour la manière et l’esthétisme, a remisé ses vieux principes au placard pour profiter à plein d’une escouade d’attaquants sans équivalent et de l’émergence de nouveaux talents.

Si l’Espagne s’est révélée trop forte, ces Tricolores, jeunes pour la plupart, ont peut-être pris date pour l’avenir et leur prochain patron sait qu’il aura sous la main des individualités que le monde entier envie à la France.

Kylian Mbappé, qui a été à la hauteur de son statut de superstar du foot mondial avec huit buts jusque-là, restera le leader mais il pourra compter sur des lieutenants exceptionnels avec Ousmane Dembélé, enfin décisif en sélection avec un vrai rôle à la mesure de son statut de Ballon d’Or, et Michael Olise, génial créateur, qui a tout le temps, à 24 ans, pour prendre encore plus d’envergure.

La demi-finale ratée de « Dembouz » et d’Olise ne va pas remettre en cause leur poids dans la future équipe de France de Zidane.

Un brin d’équilibre

« Les trois sont des top-joueurs qui ne jouent pas l’un contre l’autre, mais l’un avec l’autre. Ils sont aussi contents que l’un marque ou non. Ils s’unissent dans le travail collectif. Quand il y a de grands joueurs, la relation technique est moins difficile », avait estimé Deschamps après la qualification pour les demi-finales.

Il a peut-être manqué un brin d’équilibre à cette formation résolument offensive même si la défense avait tenu le coup avant de sombrer contre la grande Espagne.

Il reste désormais une rencontre pour le gain de la troisième place à bien négocier, samedi à Miami. Deschamps et ses joueurs n’ont pas passé plus d’un mois aux États-Unis pour une médaille de bronze mais elle permettrait de clore cette fabuleuse histoire sur une belle note et de se projeter sur la suite avec optimisme.