Coupe du Monde

D’autres dirigeants influents prennent leur distance d’Infantino

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Deux influents dirigeants de la FIFA — Arsène Wenger et Mattias Grafström, qui occupe des fonctions similaires à celles d’un secrétaire général — ont pris mardi leurs distances par rapport au projet de Gianni Infantino visant à vendre à des investisseurs privés des parts des bénéfices des futures Coupes du monde, affirmant qu’il était « absolument nécessaire » d’abandonner cette proposition.

La déclaration de Wenger sur cette polémique fait suite à une lettre adressée par les avocats de l’UEFA à Infantino, les menaçant d’une action en justice et citant le grand entraîneur français parmi les 18 dirigeants dont les données et les communications devaient être conservées à titre de preuves potentielles.

« Je n’ai pas participé à ce plan stratégique et j’ai pris connaissance de ce projet pour la première fois par le biais des médias », a déclaré Wenger, qui a été recruté par Infantino en 2019 et occupe le poste de directeur du développement mondial du soccer à la FIFA.

Grafström a expédié un courriel à l’ensemble du personnel de la FIFA — lequel a été consulté par l’Associated Press — qualifiant la dernière semaine de « triste et regrettable série d’événements ». Il a également déclaré que cela avait engendré «un tumulte difficile à comprendre et à accepter».

L’ancien entraîneur-chef d’Arsenal et Grafström n’ont pas mentionné le nom d’Infantino, ni offert leur soutien au controversé président de l’organisation.

« La décision de retirer ce projet était absolument nécessaire et ne fait aucun doute, car je crois fermement en une FIFA indépendante qui sert notre sport avec engagement, transparence et intégrité », a écrit Wenger.

Les propos de Wenger et de Grafström ont fait écho aux critiques directes formulées par Kevin Lamour, directeur des opérations de la FIFA. Ce dernier a déclaré vendredi que le personnel s’était senti « trompé » par le projet d’investissement en capital-investissement porté par Infantino — une initiative qui a suscité un tollé dans le monde du soccer. Qualifiant ce plan de «projet d’une seule personne», Lamour a affirmé que les employés de la FIFA «méritent mieux que le mépris et l’intimidation».

Ces trois dirigeants jouissent du respect et de la confiance des 211 fédérations membres de la FIFA; ce sont elles qui détiennent le pouvoir d’influer sur le maintien d’Infantino à la présidence, un poste qui semblait pourtant inébranlable il y a à peine deux semaines, à l’issue de la Coupe du monde.

Grafström se fait rassurant

Les noms de Wenger, Grafström et Lamour figuraient également dans une lettre adressée à Infantino par les avocats de l’UEFA, parmi 18 cadres dont les données et les communications devaient être conservées en tant qu’éléments de preuve potentiels.

« Vous n’avez pas à vous inquiéter, a écrit mardi Grafström aux centaines de collaborateurs de la FIFA, basés pour la plupart à Zurich et à Coral Gables, en Floride. Je vous assure qu’en tant que membres de l’administration, vous serez défendus et protégés du contexte politique que nous traversons actuellement. »

Infantino a retiré samedi matin sa proposition de 20 milliards $ après une levée de boucliers de la part des instances dirigeantes du soccer mondial, notamment l’UEFA, qui avait menacé de boycotter tous les matchs et événements de la FIFA.

Ce projet aurait consisté à créer une filiale — baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE) — chargée de gérer les activités lucratives de l’instance du soccer à but non lucratif : l’organisation de tournois, tels que la Coupe du monde, la vente des droits de diffusion et de commandite, ainsi que celle des billets et des coûts d’organisation.

Il proposait de lever 4,2 milliards $ auprès d’investisseurs en vendant des participations représentant environ 20 % de FFE, sur la base d’une valorisation des capitaux propres de 20 milliards $. L’«investisseur phare» aurait été ‘Thrive Eternal’, société lancée par Joshua Kushner, dont le frère, Jared Kushner, est le gendre du président américain Donald J. Trump.

Les 211 fédérations membres de la FIFA — qui sont déjà les propriétaires effectifs de l’instance dirigeante en tant qu’association à but non lucratif de droit suisse — se sont vu proposer 20 millions $ chacune. La date limite pour accepter cette offre était fixée au 19 septembre.

On leur a également promis de doubler leur financement par la FIFA pour les quatre années allant jusqu’en 2030, pour atteindre 20 millions $ au lieu des 10 millions $ annoncés précédemment.

Infantino a présenté les détails du projet à la direction de la FIFA une semaine seulement après la finale, le 19 juillet, de la Coupe du monde en Amérique du Nord, qui a connu un grand succès financier et a porté les recettes de la FIFA à 15 milliards $ pour le cycle commercial 2023-2026 — soit près du double des recettes liées à la Coupe du monde de 2022 au Qatar.

Wenger a déclaré que ses fonctions au sein de la FIFA consisteraient à « superviser l’analyse des données relatives au jeu, le centre de formation en ligne de la FIFA, le développement de la formation des jeunes à travers 60 académies réparties dans 60 pays où les besoins sont les plus importants, ainsi que les compétitions juniors à travers le monde ».