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RÉSULTATS

La Croatie bat le Brésil aux tirs au but et passe en demi-finale

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Tableau de la Coupe du monde

Les quarts de finale du Mondial-2022 ont commencé vendredi, par une énorme surprise avec l'élimination du Brésil de Neymar après sa défaite aux tirs au but (0-0, 1-1, 4-2 t.a.b) face à la Croatie et se poursuivent en soirée par Pays-Bas - Argentine, où l'Albiceleste est l'ultime chance sud-américaine de briser l'hégémonie européenne en Coupe du monde depuis 20 ans.

Samedi, Angleterre-France et Maroc-Portugal décideront de l'autre demi-finale.

L'Amérique du Sud en rêvait. Elle avait tout entière coché sur son agenda la date du 13 décembre, avec la perspective d'une demi-finale Brésil-Argentine. Ce sera forcément sans les Brésiliens piégés par la Croatie de Luka Modric, trop content de prolonger, à 37 ans, l'aventure de ce qui est probablement son dernier Mondial.  

Les « guerriers croates » comme les nomme le gardien des Vatreni, Dominik Livakovic, héros du quart de finale, récidivent une nouvelle fois. Il y a quatre ans, en Russie, personne n'aurait pu imaginer la bande de Luka Modric aller jusqu'à la finale, perdue contre la France (4-2).

Face au « favori » brésilien, elle a créé un nouvel exploit grâce à sa patience, son calme, sa technique léchée et en faisant totalement déjouer au milieu la Seleçao qui peut nourrir d'énormes regrets.

En effet, après avoir longtemps buté sur le mur croate en seconde période, la Seleçao, décevante dans son animation offensive, pensait avoir fait le plus dur avec l'ouverture du score de Neymar en prolongations (105+1). En égalant Pelé avec son 77e but international alors que « O Rey » est actuellement hospitalisé au Brésil, la star du Paris-SG était alors bien partie pour être le héros du jour.

Mais contre toute attente, Petkovic a égalisé à trois minutes du terme (117), la dernière contre-attaque croate offrant au public une étouffante séance de tirs au but. Comme contre le Japon, comme souvent ces dernières années, celle-ci a fini par récompenser l'obstination des joueurs de Dalic et mis fin au rêve de 6e étoile du Brésil.

L'Albiceleste, dernière chance sud-américaine

Cueillis à froid par l'Arabie saoudite (défaite 2-1) en hors d'œuvre avant de rassurer quelque peu, les Argentins vont faire en sorte contre les Pays-Bas (20h00) de sauver l'honneur de l'Amérique du Sud. La tâche s'avère toutefois compliquée car les Pays-Bas sont progressivement montés en puissance durant ce tournoi et apparaissent comme une des équipes les plus cohérentes de ces quarts de finale.

Capables de fulgurances, comme en atteste leur premier but contre les États-Unis, redoutables sur les côtés, avec un Memphis Depay de plus en plus performant match après match comme leader de l'attaque, ils ont aussi une défense particulièrement impressionnante dirigée par Virgil van Dijk et sont dirigés par le sélectionneur le plus expérimenté du tournoi, avec Louis van Gaal, 71 ans, invaincu depuis son retour à la tête de l'équipe nationale à l'automne 2021.

Ce duel entre l'Albiceleste et les Oranje est un classique. C'est contre l'Argentine que les Pays-Bas, orphelins de Johan Cruyff, ont joué la deuxième de leurs trois finales perdues, en 1978. C'est encore un Argentine - Pays-Bas qui a accouché au Mondial-98 d'un des plus beaux buts de l'histoire du football, inscrit de l'extérieur du droit par Dennis Bergkamp après un contrôle orienté lunaire à la réception d'une passe de 60 mètres.

La principale arme de l'Argentine sera encore Lionel Messi, superbe en 1/8 de finale contre l'Australie, et qui tient sa cinquième et dernière occasion d'accrocher la Coupe du monde à son palmarès. Histoire de rejoindre dans la légende Diego Maradona, l'autre géant du football argentin.

Neymar, roi sans couronne
            
Le trône s'est encore dérobé devant Neymar: présenté comme l'héritier de Pelé, Romario, Ronaldo ou Ronaldinho, la superstar brésilienne a de nouveau chuté en quarts de finale de la Coupe du monde, contre la Croatie vendredi au Qatar, voyant s'éloigner ses rêves de consécration planétaire.

Ses larmes sitôt le tir au but fatal de Marquinhos fracassé sur le poteau du gardien croate en disent long sur son échec collectif mais aussi individuel.

Né au football à Sao Paulo dans le club de Santos, comme l'icône Pelé, « Ney » a longtemps été désigné comme le successeur du « Roi », le joueur capable d'offrir au Brésil une sixième étoile mondiale, 20 ans après le dernier sacre auriverde en 2002.

Mais l'attaquant du Paris SG (30 ans), dribbleur de génie venu du futsal et icône marketing planétaire, a de nouveau trébuché au pire moment, symbole d'une carrière hachée par les blessures et ponctuée de désillusions.

La comparaison avec Pelé, trois fois champion du monde, s'arrêtera au nombre de buts inscrits avec la sélection. En ouvrant le score en prolongation contre la Croatie, vendredi, Neymar a rejoint le « Roi » au sommet des plus prolifiques buteurs sous le maillot brésilien (77 buts). Pour les reste...

Le Mondial-2014 ? Achevé sur une blessure à une vertèbre en quarts, qui aurait pu le laisser paraplégique, avant l'humiliation subie sans lui, en demi-finale à domicile, contre l'Allemagne (7-1).

Le Mondial-2018 ? Une élimination sans gloire en quarts contre la Belgique (2-1) et des moqueries planétaires pour la propension du N.10 brésilien à se rouler par terre au moindre contact.

Et enfin, le Mondial-2022 s'est fini sur un nouvel échec, après avoir débuté du mauvais pied pour « Ney »: entorse d'une cheville dès le premier match, course contre la montre pour se soigner et élimination aux tirs au but contre la Croatie vendredi encore aux portes des demi-finales.

« Aujourd'hui, c'est l'un des moments les plus difficiles de ma carrière... qui plus est dans une Coupe du monde, à nouveau », avait écrit Neymar après sa sortie sur blessure contre la Serbie (2-0).

Arrogance

Taxé d'arrogance avant le tournoi pour avoir publié un blason du Brésil surmonté d'une hypothétique sixième étoile, celui qui est père d'un petit Davi Lucca (11 ans) aura une nouvelle fois été rattrapé par la pression.

Son image au Brésil risque d'en être durablement écornée.

Déjà, son soutien affiché au président sortant d'extrême droite Jair Bolsonaro a braqué une partie de l'opinion brésilienne, ravivant les critiques qui ne voient en « Neymar Junior » qu'un enfant gâté, joueur le plus onéreux de l'histoire (222 M EUR versés par le PSG en 2017) aux promesses jamais tenues.

Le Neymar triomphant de l'époque barcelonaise (2013-2017), gazelle inarrêtable aux folles arabesques, a progressivement cédé sa place à un joueur plus dilettante au PSG, souvent blessé pour les matches cruciaux et capable de se brouiller avec Kylian Mbappé pour tirer un penalty.

En 2019, le soir de l'élimination contre Manchester United en Ligue des champions, il insulte les arbitres de la rencontre sur les réseaux sociaux. Deux mois plus tard, il frappe un spectateur qui le chambre après la finale perdue de Coupe de France contre Rennes.

A cette même période, une femme l'accuse de viol, mais la justice brésilienne n'entame pas de poursuites, faute de preuves suffisantes. Quant à la justice espagnole, elle tente de le poursuivre pour irrégularités présumées autour de son transfert au Barça, avant que le parquet ne retire ses accusations en octobre dernier.

As du marketing

Le PSG a un temps envisagé de le laisser partir cet été, lassé par des performances en dents de scie et une hygiène de vie douteuse, avant que « Ney », obnubilé par le Mondial au Qatar, ne livre un début de saison de haut vol.

As du marketing, actif sur tous les réseaux, même Twitch où il est l'un des rares footballeurs à diffuser en direct ses parties de jeux vidéo, Neymar compte 189 millions de followers sur Instagram... mais son palmarès peine à suivre.

S'il compte une Ligue des champions (2015) et nombre de trophées nationaux en Espagne et en France, l'attaquant né à Mogi das Cruzes, près de Sao Paulo, n'a jamais décroché le Ballon d'Or qui lui semblait promis, ni de trophée international majeur, un manque que la médaille d'or olympique (2016) ou la Coupe des confédérations (2013) ne sauraient combler.

Verra-t-on encore Neymar sous le maillot auriverde au Mondial-2026 au Canada, aux Etats-Unis et au Mexique ? L'intéressé lui-même en doute, tant ce joueur calibré par son père et agent, « Neymar Pai », pour être une star dès son plus jeune âge, accuse l'usure des ans et des blessures.

« Je ne sais pas si j'aurai encore la condition, le mental, pour supporter encore plus de football », avait dit l'attaquant en 2021 sur la plateforme de streaming DAZN.

« Ney » peut encore changer d'avis, d'autant qu'il n'a que 30 ans, un long contrat au PSG (jusqu'en 2027) et une immense revanche à prendre.

« Rien dans ma vie n'a été donné ou facile, j'ai toujours dû courir après mes rêves et mes objectifs », écrivait-il fin novembre au moment de sa blessure. « Attendre aussi longtemps pour que l'ennemi m'abatte comme ça ? JAMAIS! »

Mais à la différence du « Pibe del oro », Messi dispose de plusieurs lieutenants de classe internationale, comme le jeune Julian Alvarez titularisé devant aux dépens de Lautaro, décevant depuis le début du tournoi.