Battue 5 à 2 au match aller à Galatasaray, la Juventus Turin n’est pas passée loin de l’exploit au retour, mais deux buts des Turcs en prolongations ont éliminé les Turinois dès les barrages de la Ligue des champions.
Vainqueurs 3 à 0 à l’issue du temps réglementaire, les Bianconeri ont arraché une prolongation inespérée, alors qu’ils évoluaient à 10 depuis l’exclusion de Lloyd Kelly à la 47e minute. Mais Victor Osimhen (105+1e) et Baris Yilmaz (119e) ont finalement douché les espoirs de qualification de la Juve et envoyé le club turc en huitièmes de finale, malgré une victoire 3-2 après prolongations des Italiens.
Comme la saison dernière face au PSV Eindoven, le finaliste de l’édition 2017 est éliminé dès les barrages d’accession aux huitièmes.
Pourtant les joueurs de Luciano Spalletti n’ont pas manqué d’envie. Mais comme au match aller, la Juventus a sérieusement compliqué ses chances en évoluant de longues minutes en infériorité numérique.
Après l’exclusion du défenseur colombien Juan Cabal à Istanbul, qui avait fait sombrer les Italiens dans le dernier quart d’heure, c’est l’Anglais Kelly qui a quitté ses partenaires mercredi soir, exclu directement pour une semelle sur la cheville de Yilmaz.
Mais à l’inverse de la semaine dernière, la Juventus n’a pas perdu le fil, portée par une envie débordante de créer l’exploit.
À 11 contre 11 déjà, la Juventus s’est créé les occasions les plus franches. Le portier turc Ugurcan Çakir a un temps repoussé l’échéance, s’interposant brillamment sur une frappe des 35 mètres de Manuel Locatelli (21e) et une tentative de Kenan Yildiz (30e).
Mais quelques minutes plus tard, Lucas Torreira a commis une faute sur Khephren Thuram dans sa surface de réparation et le gardien de Galatasaray n’a rien pu faire sur le penalty transformé par Locatelli (1-0, 37e).
En infériorité numérique, la Juventus n’a pas relâché l’étreinte. Après des tentatives infructueuses de ses ailiers Yildiz (55e) et Francisco Conceiçao (66e), c’est son défenseur Federico Gatti qui l’a ramené à un but de la prolongation, reprenant devant le but vide un centre de Pierre Kalulu (2-0, 70e).
En face, les Stambouliotes auraient pu se donner un peu d’air, mais Victor Osimhen a vu sa frappe enroulée du droit passer juste au dessus de la barre de Mattia Perin (73e).
Portés par les entrées de Jeremie Boga et Edon Zhegrova, les Turinois ont continué de pousser, inlassablement. Après un centre de Boga repoussé par le poteau de Çakir (79e), le latéral gauche Weston Mckennie a fait chavirer le stade en reprenant de la tête une déviation de Teun Koopmeiners (3-0, 82e).
Longtemps trop passif dans cette rencontre, Galatasaray a retrouvé de l’allant en prolongations et a logiquement fait craquer la Juventus.
Osimhen a profité d’une intervention manquée de Gatti pour ajuster Perin avant que Yilmaz n’entérine définitivement la qualification des siens en huitièmes de finale de Ligue des champions : une première depuis 2014.
Le PSG s’en sort contre Monaco
Le PSG a encore eu du mal contre Monaco (2-2 après sa victoire 3-2 à l’aller) mais a assuré la qualification pour les huitièmes de finale au Parc des Princes.
Le tirage au sort de vendredi dira si au prochain tour Paris défiera une nouvelle fois le FC Barcelone ou s’il retrouvera Chelsea, qui l’avait défait en finale du Mondial des clubs en juillet.
Contre Monaco, le PSG pensait peut-être avoir fait le plus dur au match aller, quand il avait renversé son adversaire après avoir été mené 2-0. Mais, alourdi par le contexte du renvoi en procès d’Achraf Hakimi pour viol, annoncé mardi, le match retour fut tout aussi compliqué, et ce, dès les premières minutes.
D’emblée, le PSG a vu Monaco presser tout aussi fort que lui voire davantage, et ce sont les visiteurs qui se sont procuré des occasions les premiers. Mamadou Coulibaly était tout proche d’ouvrir le score avec sa reprise au-dessus de la barre, sur un service parfait de Maghnes Akliouche, incandescent (9e).
Et c’est l’international français qui a fini par trouver la faille, servi en retour par Coulibaly (45e). Quelques instants plus tôt, Denis Zakaria en capitaine avait héroïquement remonté le ballon depuis la défense jusqu’à la surface parisienne. Et les Parisiens l’avaient laissé passer un à un, comme un symbole de leur coup de moins bien depuis quelques semaines.
Le scénario était un peu cruel pour Paris qui venait de toucher la barre par Bradley Barcola après un une-deux avec Joao Neves (40e).
Le même Joao Neves a failli refaire le coup de la tête depuis le second poteau sur un coup franc tiré par Vitinha, en revenant des vestiaires, mais Philip Köhn était attentif (50e).
Piqué au vif face à la perspective qu’un champion en titre sorte dès les barrages, qui plus est à cause d’une vieille connaissance hexagonale, le PSG est entré en mode survie. Il a accéléré les courses en attaque et en défense, appliquant un pressing plus acéré, probablement après des remontrances de l’entraîneur Luis Enrique à la mi-temps.
Et cela s’est traduit par deux cartons jaunes en quelques minutes pour Coulibaly, qui a laissé ses partenaires se dépêtrer d’une situation devenue compliquée. Sur le coup franc qui a suivi sa sortie, Marquinhos a surgi aux six mètres pour égaliser (60e). Le match venait de tourner.
Six minutes plus tard, c’était au tour de Khvicha Kvaratskhelia de prendre de vitesse l’arrière-garde monégasque pour reprendre le ballon repoussé par Köhn après une frappe tendue d’Achraf Hakimi. Le Marocain a-t-il été propulsé par les ovations de la tribune Auteuil, en première période, à grand renfort de banderole « Achraf, total soutien », par rapport à sa mise en cause pour viol d’une femme de 24 ans en 2023? Sa deuxième demie, avec notamment une belle frappe en bout de course (77), était en tout cas bien plus aboutie que sa première, hésitante et maladroite.
Philip Köhn s’est ensuite employé à stopper un tir de Désiré Doué qui tentait de le prendre à contre-pied (78).
Sauf que... le PSG a pris un deuxième but dans les arrêts de jeu, à 11 contre 10, avec à la conclusion Jordan Teze, en défenseur volant (90+1).
Et la fébrilité a gagné les rangs parisiens qui ont ensuite concédé un coup franc à faire trembler le Parc des Princes. Même l’arbitre en est tombé à la renverse. Un coup franc qui est passé devant toute la défense parisienne, apathique. Heureusement pour le PSG, Wout Faes n’a pu qu’effleurer le ballon du crâne. Paris s’est fait peur jusqu’au bout.
Le Real bat Benfica 2-1 au retour
Le Real Madrid a battu Benfica 2 à 1 en barrage retour et s’est qualifié pour les huitièmes de finale après sa victoire 1-0 à l’aller à Lisbonne.
Les Madrilènes ont souffert mais ont eu le dernier mot. Après l’ouverture rapide du score par le Portugais Rafa Silva (13e), le Real a égalisé dans la foulée grâce à Aurélien Tchouaméni (16e). Sous pression jusqu’à la fin, les Merengues ont marqué le but de la victoire après un raid de l’inarrêtable Vinicius Jr (79e). En huitièmes, le Real rencontrera le Sporting Portugal ou Manchester City.
Le match retour, sans Kylian Mbappé touché au genou gauche et forfait côté Madrid, s’est déroulé sans incident contrairement à l’aller où le Real et Vinicius avaient accusé d’insultes racistes l’Argentin Gianluca Prestianni, suspendu provisoirement par l’UEFA.
L’Atalanta renverse Dortmund
Mise en échec lors du barrage aller en Allemagne 2-0, l’Atalanta Bergame a fait plier le Borussia Dortmund 4 à 1.
Dans un stade Atleti Azzurri d’Italia survolté, un penalty de Lazar Samardzic à la fin du temps additionnel (90e+8) a libéré les Bergamasques, au terme d’un scénario fou.
Les joueurs lombards ont refait leur retard dès la première période. D’abord par Gianluca Scamacca à la réception d’un centre sur lequel se sont manqués trois joueurs du Borussia (1-0, 5e). Juste avant la pause, un tir de Davide Zappacosta dévié par Ramy Bensebaïni a trompé le gardien Gregor Kobel (2-0, 45e).
L’Atalanta a enchaîné les occasions à la reprise mais Kobel a longtemps retardé l’échéance jusqu’à ce qu’une tête de Mario Pasalic, le milieu croate idéalement placé au second poteau, donne l’avantage à l’équipe lombarde (3-0, 57e).
Trop friable en défense, l’équipe de Niko Kovac, dauphine du Bayern Munich en Bundesliga, s’est longtemps montrée maladroite offensivement avant que Karim Adeyemi, qui venait de faire son entrée, ne trouve l’ouverture d’une frappe somptueuse dans la lucarne (3-1, 75e).
Alors que l’on se dirigeait vers les prolongations, une faute de Bensebaïni pour un pied haut a provoqué l’expulsion du défenseur algérien et le pénalty de la qualification pour les Lombards.
Quart de finaliste l’an passé, éliminé par le Barça, Dortmund s’arrête prématurément.
Bergame, qui n’avait pas passé le stade des barrages face à Bruges en 2025, rencontrera soit le Bayern soit Arsenal en huitièmes de finale.






