Une immense célébration du soccer et du sport féminin en général : c’est ce que les Roses et le CF Montréal proposeront le 29 août prochain, alors que l’équipe en tête du classement de la Super Ligue du Nord disputera la première rencontre de son histoire au Stade Saputo.
Les Roses recevront pour l’occasion la visite des Tides de Halifax avec l’ambition claire de pulvériser le record de 14 518 spectateurs établi le 19 avril 2025 au BMO Field de Toronto, à l’occasion du deuxième match de l’histoire de la SLN qui opposait l’AFC Toronto aux Roses.
Pour atteindre leur ambitieux objectif, les Roses se sont associées à une compagnie d’assurance afin d’offrir certains billets à un coût franchement abordable, c’est-à-dire 20 $.
« C’est vraiment exceptionnel, c’est magique de pouvoir jouer un match ici au Stade Saputo, s’est réjouie la présidente des Roses Annie Larouche. C’est un stade qui est mythique pour le soccer, puis d’avoir l’opportunité de battre le record, ça représente beaucoup pour nous. »
« [Un match au Stade Saputo] ça représente beaucoup de choses, a continué la directrice sportive de l’équipe Marinette Pichon. Déjà, une belle organisation logistique, mais il y a également l’euphorie du match et la compétition. Il faut préparer nos joueuses pour qu’elles prennent un maximum de plaisir. Il s’agira d’une pelouse parfaite pour mettre en application nos systèmes et nos principes de jeu. Ça devrait être une expérience positive. »
Ancienne attaquante de l’équipe nationale de France, Pichon a eu la chance de disputer sa part de rencontres devant quelques dizaines de milliers d’amateurs au cours de sa carrière. Elle est d’avis que certaines de ses joueuses seront galvanisées par cette grande occasion.
« Il y a des joueuses qui prennent ça comme une pression négative et d’autres qui pour qui ça transcende, a-t-elle précisé. J’étais une joueuse de la deuxième catégorie... j’adorais ça parce que ça me “boostait ” et ça me donnait envie de partager ce moment de ma carrière.
« Les joueuses pourront montrer leurs qualités et tout le travail accompli avec les Roses. »
La tenue d’un match au Stade Saputo s’inscrit par ailleurs dans une suite logique pour les Roses, qui ont joué jusqu’à présent toutes leurs parties locales au Stade Boréale, à Laval.
Pour fins de comparaisons, la Victoire de Montréal de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF) organise une rencontre par année au Centre Bell et a même déménagé ses pénates à la Place Bell, en 2024-2025, après avoir disputé la grande majorité de ses joutes à domicile à l’Auditorium de Verdun au cours de sa campagne inaugurale, en 2023-2024.
« Ça va au-delà du sport et de ce qui se passe sur le terrain ou la patinoire. Il y a un mouvement de société. Les gens ont envie d’encourager le sport féminin, a analysé Larouche. Pendant longtemps, ç’a été un sous-produit. On ne donnait pas [aux sports féminins] les mêmes outils qu’on donnait et qu’on donne encore aux sports masculins.
« C’est un mouvement de société… la communauté, tout le monde veut faire partie de ce changement-là et donner la chance à nos athlètes féminines de rayonner. »
« Il y a des personnes qui ont décidé de croire dans le développement du sport féminin, a renchéri Pichon. Il y a des institutions qui ont envie d’aider et de faire partie de cette émancipation. Ça génère de la motivation supplémentaire dans le sport féminin. »
Mais le plus important dans toute cette opération aux yeux de tous ceux et celles qui y sont associés, c’est qu’un événement de la sorte permet à une génération de jeunes de rêver de se retrouver un jour à la place des Elyse Bennett ou encore Tanya Boychuk sur le terrain.
Le président du CF Montréal Gabriel Gervais a d’ailleurs imploré aux joueuses de soccer de ne jamais cesser de rêver, parce qu’il n’y a pas si longtemps encore, la possibilité de mener une carrière professionnelle au Québec était un objectif qui paraissait totalement farfelu.
« Ça fait maintenant partie des possibilités, s’est enthousiasmée Larouche. Je parlais à une agente il n’y a pas si longtemps et elle me racontait qu’elle a reçu un appel d’un papa qui disait que sa fille voulait jouer pour les Roses et il voulait connaître le parcours à suivre! »
« Il y a même de jeunes garçons qui s’identifient à nos joueuses, a conclu Pichon. Ça permet de briser les stéréotypes et ça va même au-delà du développement du sport. Ça s’inscrit dans une ouverture d’esprit et ça, c’est bien plus important que le projet initial. »
Les Roses et le CF Montréal n’ont pas nécessairement promis que ce match au Stade Saputo devienne une tradition annuelle ou encore que les Roses y déménagent un jour à temps plein, mais les deux organisations ont démontré une volonté de renforcer leur collaboration, avec l’Académie féminine du CF MTL, pour aider au développement du sport.





