La Super Ligue du Nord comptait parmi ses objectifs de permettre à de nombreuses Canadiennes de revenir jouer du soccer professionnel chez elles. Les Roses de Montréal en ont vu tous les bénéfices cette semaine.
La troupe montréalaise a lancé son camp d'entraînement au Complexe Multi-Sports de Laval, lundi, ce qui la mènera vers le premier match de sa saison inaugurale, à la mi-avril.
En regardant sur le terrain, on pouvait rapidement constater que les joueuses étaient affamées et qu'elles avaient hâte de se délier les jambes. Ce qui a aussi retenu l'attention, c'est l'important contingent canadien au sein de la formation.
Certes, la Super Ligue du Nord (SLN) exige qu'il y ait un nombre limité de joueuses internationales au sein de chacun de ses six clubs. Toutefois, la directrice sportive des Roses, Marinette Pichon, et l'entraîneur-chef, Robert Rositoiu, avaient déjà en tête de rapatrier des Québécoises pour créer une culture et une identité propre à la province.
« Il y a une quinzaine de joueuses qui doivent venir du Canada. Pendant le processus de signatures, nous apprenions à connaître nos Canadiennes, avec un accent sur les Québécoises. Parce que ça nous tient à cœur d'avoir des filles d'ici », a insisté Rositoiu.
L'arrivée de la SLN dans le portrait du soccer professionnel féminin au Canada a également permis à certaines joueuses universitaires de donner un second souffle à leur carrière. C'est notamment le cas de la Québécoise de 22 ans Mathilde Lachance.
Après deux années sans jouer, Lachance a décidé de se présenter à un camp de détection avec l'espoir d'impressionner Pichon et Rositoiu. Le rêve qu'elle croyait brisé est ensuite devenu réalité lorsqu'elle a signé un contrat avec les Roses et qu'elle s'est entraînée avec ses coéquipières.
« Tous les jours, je me pince. Je n'y crois pas. J'ai l'impression que je suis en train de dormir et que je vais bientôt me réveiller. Jamais je n'aurais cru pouvoir être ici. C'est un immense honneur de pouvoir faire partie de ce beau projet, de cette famille qui se construit tranquillement », a-t-elle mentionné.
Ce rêve, les jeunes Américaines ont l'occasion de le vivre depuis 24 ans déjà. Il y a d'abord eu l'Association unie de soccer féminin, de 2001 à 2003, la Ligue professionnelle de soccer féminin, de 2009 à 2012, et la Ligue nationale de soccer féminin (NWSL), qui a lancé ses activités en 2013.
L'attaquante Alexandria Hess a grandi en voyant les Christine Sinclair, Alex Morgan et Megan Rapinoe dominer la NWSL, mais après un passage en Allemagne, elle avait les yeux rivés vers l'Amérique du Nord.
Plutôt que de revenir aux États-Unis, la joueuse originaire du Missouri a opté pour le nouveau projet au Canada. Un projet qui, selon elle, était attendu depuis longtemps.
« Je suis Américaine, mais le Canada mérite cette ligue, les femmes méritent cette ligue. Ça faisait longtemps, a déclaré Hess. C'est un honneur de faire partie des pionnières. C'est un privilège de porter ce logo, de faire partie du club et de ce mouvement. L'expérience est extraordinaire pour le moment. »
Hess est l'une des cinq Américaines au sein des Roses actuellement. La Française de 34 ans Charlotte Bilbault, l'une des premières joueuses mises sous contrat par l'équipe, est pour sa part la seule Européenne.
En 18 ans de carrière chez les professionnelles, Bilbault a porté les couleurs de six équipes différentes en France et elle a eu la chance de jouer longuement devant sa famille et ses amis. Elle est donc en mesure de comprendre tout l'impact que peut avoir la SLN dans la vie d'une jeune athlète canadienne.
« Ça prouve que tout est possible et qu'il faut croire en ses rêves. Les filles ont maintenant la chance de jouer devant leur famille. Ç'a été mon cas pendant plusieurs années en France. Je pense qu'elles seront encore plus motivées », a observé Bilbault.
Depuis lundi, une vingtaine de joueuses participent au camp d'entraînement des Roses, qui s'échelonnera sur huit semaines.






