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Les influenceurs, le bruit et l’odeur de cannabis perturbent à l’US Open

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NEW YORK, États-Unis - Aux Internationaux des États-Unis, en plus du brouhaha constant de spectateurs libres de circuler pendant les échanges, les joueurs doivent désormais composer avec l’indiscipline d’influenceurs de plus en plus nombreux et l’odeur envahissante de cannabis, qui perturbent les matchs, à leur grand désarroi.

Lors du match du premier tour entre la Japonaise Naomi Osaka et la Russe Anastasia Zakharova sur le court Arthur-Ashe, un groupe d’influenceurs s’est fait bruyamment remarquer en prenant photos et vidéos avec un anneau lumineux sur un balcon, obligeant l’arbitre français Kader Nouni à interrompre l’échange.

« Normalement je ne fais pas attention, mais là il y a eu un moment où ces personnes criaient, on pouvait les entendre très clairement. Je pense que ça a gêné mon adversaire aussi », a déclaré après coup Osaka, désabusée.

Et l’ancienne no 1 mondiale, double lauréate du tournoi, de rappeler que « lorsqu’on assiste à un événement sportif, il faut respecter ce sport. Je trouve que c’est une question de courtoisie élémentaire de se renseigner sur ses règles de conduite ».

Autre scène édifiante, lors de la rencontre du 2e tour entre Gaël Monfils et Learner Tien, une influenceuse s’est approchée du court pendant un échange afin de prendre un cliché avec une photographe, pour une marque visible sur son t-shirt, avant de se rasseoir, a constaté un journaliste de l’AFP.

Rappels à l’ordre

« C’est tellement représentatif de New York: c’est chaotique et ça va dans tous les sens », a d’abord plaisanté l’Américaine Jessica Pegula, no 3 mondiale, avant de déplorer que « c’est un peu irrespectueux, on commence un peu à dépasser les bornes ».

Soucieux de rendre le tennis plus populaire aux États-Unis et de rajeunir l’audience des Internationaux des États-Unis, ses organisateurs ont mis en place depuis l’an dernier un partenariat avec des influenceurs, dont le nombre a doublé pour cette édition avec une centaine d’accrédités.

Une stratégie soutenue par certains joueurs dont le Russe Daniil Medvedev. « Plus on essaie de faire connaître le tennis, mieux c’est. Je pense qu’il y a beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients », a estimé le Russe.

Le comportement de certains créateurs de contenus, manifestement plus enclins à se mettre en scène qu’à contribuer à la bonne exposition du tournoi, a toutefois obligé l’USTA (la fédération américaine de tennis organisatrice de l’épreuve) à un rappel à l’ordre.

« Nous avons renforcé la signalisation sur le site et dans le stade, envoyé des messages aux détenteurs de billets et de loges pour rappeler à chacun de s’abstenir de toute activité susceptible de perturber le match, notamment le niveau sonore, l’utilisation du flash pour les photos et des anneaux lumineux », a dit à l’AFP Brendan McIntyre, porte-parole du tournoi.

« Nous voulons que tous nos fans et nos invités passent un moment extraordinaire lorsqu’ils viennent assister au tournoi, mais nous devons également nous assurer qu’ils ne perturbent pas le déroulement du jeu et la compétition sur le court », a-t-il ajouté.

Le bruit et l’odeur

Des mesures de bons sens saluées par certaines des meilleures joueuses du circuit. Si la no 4 mondiale Coco Gauff, sacrée à New York en 2023, est ravie de voir un nouveau public affluer à Flushing Meadows, elle considère qu’il y a quelques règles de savoir-vivre à adopter.

« C’est comme pour tout, vous n’allez pas sur un tapis rouge en jean. Il faut simplement respecter les usages propres à ce sport. Ils ont probablement déjà assisté à des matchs de basket, mais c’est leur premier match de tennis parfois. Pas de flash et de vidéos Tiktok pendant les points, essayer de ne pas parler trop fort », soutient l’Américaine de 22 ans.

De fait, le dérangement n’est pas que sonore ou visuel à Flushing Meadows cette année, mais aussi olfactif, plusieurs joueurs s’étant plaints des fortes odeurs de marijuana près de certains court.

« Ça sent très fort là... c’est n’importe quoi », s’est ainsi exclamé Gaël Monfils lors de son entrée en lice, quand Aryna Sabalenka a elle interrompu son match du 3e tour sur le Louis Armstrong, s’adressant à l’arbitre: « Quelqu’un est en train de fumer de l’herbe. Pourriez-vous faire quelque chose? C’est vraiment très fort ».

Les influenceurs, le bruit, l’odeur... autant de perturbations qui se multiplient à l’US Open, ne faisant qu’asseoir sa réputation de Grand Chelem le plus tapageur.

« Les choses changent, le public peut bouger pendant les points. Ça sent le weed sur les courts. Il y a du bruit de partout, ça devient un peu le zoo en fait », a résumé le Français Adrian Mannarino, battu au deuxième tour.