PARIS – « Nous devons arrêter d’accepter » des joueuses russes qui « soutiennent leur dictateur », a estimé samedi l’Ukrainienne Oleksandra Oliynykova, après sa défaite contre la Russe Diana Shnaider au 3e tour de Roland-Garros.
« Si elles ne veulent pas l’entendre et qu’elles continuent de diffuser leur propagande, alors il devrait y avoir un mécanisme dans le circuit pour l’arrêter », a-t-elle ajouté.
« Les joueuses russes ne veulent pas communiquer, elles ont ces opinions horribles (...) et c’est quelque chose que nous devons arrêter d’accepter dans les sports professionnels », a encore jugé l’Ukrainienne de 25 ans.
Elle a tenu à lire une déclaration liminaire au début de sa conférence de presse.
« Comme joueuses, nous avons une responsabilité qui va au-delà du tennis parce que le sport devrait toujours aller de pair avec l’humanité et l’humanité ne devrait jamais être optionnelle », a-t-elle déclaré, émue, face à la presse.
« Mon avenir est en Ukraine et mon père retourne dans l’armée. Mon petit ami est soldat et tout dans ma vie est défini par la guerre », a-t-elle continué.
Plus tôt dans la semaine, l’Ukrainienne avait reproché à la Russe sa participation à un tournoi à Saint-Pétersbourg parrainé par le géant gazier russe Gazprom, ce qui équivalait selon elle à « jouer en Allemagne nazie pour la Gestapo ».
Après sa victoire en deux sets 7-5, 6-1, la Russe a d’abord affirmé qu’elle n’avait « aucune idée » de ce qu’avait pu dire son adversaire à son propos.
« Je n’ai rien entendu, ça ne m’intéresse pas (...). Je ne sais pas ce qu’elle a trouvé (sur internet) et je suis juste ici pour jouer au tennis », a-t-elle rétorqué en conférence de presse.
« Je voyage toute l’année, je ne vois pas ma famille ni mes amis et j’ai eu cette unique opportunité de jouer devant eux, de passer simplement un peu de temps à la maison », a-t-elle dit à propos de sa participation aux Northern Palmyra Trophies (NPT), l’exhibition par équipes organisée en novembre dernier à Saint-Pétersbourg.
Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine en février 2022, Oleksandra Oliynykova évoque régulièrement le sujet.
Jeudi, la native de Kiev a également accusé Shnaider d’avoir « mis des j’aime » sur des publications de « propagande russe » sur les réseaux sociaux.
Selon elle, les Russes « ne veulent pas commenter » cette guerre car « sinon ce serait un gros scandale », mais elle a appelé samedi l’organisation du tennis mondial à arrêter d’être « hypocrite » en sanctionnant les joueuses qui participent à des tournois organisés, à ses yeux, par des « commanditaires de crimes de guerre ».






