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Serena peut-elle être compétitive à Wimbledon?

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PARIS, France - Quatre ans après avoir quitté le circuit, Serena Williams va refouler la pelouse de Wimbledon en simple à 44 ans, un retour assez fou qui électrise le monde du tennis, mais qui interroge aussi sur sa capacité à être compétitive.

Incroyable, magique... Les superlatifs n’ont pas manqué dans les heures qui ont suivi ce qui se profilait depuis des semaines, avec l’invitation officielle des organisateurs de Wimbledon délivrée dimanche pour le tournoi de simple à la légende aux 23 titres du Grand Chelem, déjà invitée en double avec sa soeur Venus sur le gazon londonien.

Et d’emblée, l’enthousiasme entourant cette annonce s’est accompagné d’une interrogation majeure: que va bien pouvoir donner sur le terrain Serena Williams? Revient-elle avec l’ambition de gagner le tournoi ou pour simplement retrouver les effluves de la compétition qui lui manquaient tant? Pour simplement bien figurer, pour une opération marketing?

« Aucune idée à quoi m’attendre »

L’Américaine n’a plus disputé de match en simple sur le circuit depuis son élimination au 3e tour de l’US Open en 2022 face à Ajla Tomljanovic. Une absence extrêmement longue et qui peut être handicapante en raison de l’exigence du circuit, que Serena ne connaît que trop bien, sur le plan physique, mais aussi mental.

Son retour début juin en double avait inévitablement suscité cette excitation de la revoir en simple, mais peut-être pas aussi vite.

Elle n’a pour l’instant disputé que trois matches en double, l’un au Queen’s aux côté de Victoria Mboko (avant que la Canadienne ne se blesse, NDLR), et deux à Berlin avec Karolina Muchova, avec pour maigre bilan une victoire et une défaite.

Pas vraiment de quoi tirer des leçons...

« Jouer en double, pour être tout à fait honnête, ce n’est pas un échauffement pour le simple, c’est totalement différent », a par exemple estimé dans son balado l’ex no 1 anglais Greg Rusedski, plutôt dubitatif sur ce retour.

« Je n’ai aucune idée de ce à quoi m’attendre [...] Il faut gagner sept matches en deux semaines lors d’un Grand Chelem. Elle n’a même pas de tournoi d’échauffement... », a rappelé l’ex no 4 mondial.

« Elle a l’air en super forme. Mais le test, ce sera quand elle jouera son premier match. Comment va-t-elle être? Contre qui va-t-elle jouer? Tu peux imaginer si elle tombait contre Sabalenka dès le premier tour, la numéro un mondiale? », s’est interrogé Rusedski.

Pour autant, le passé de Serena, sa personnalité, son aura, ne plaident pas pour un retour de figuration.

Quelques jours avant l’annonce de ce retour, son ex-coach, le très médiatique Patrick Mouratoglou, avait assuré sur Instagram que si elle revenait en simple, ce ne serait « pas pour être moyenne, ce n’est pas elle ».

Revenir à 44 ans, après quatre ans d’absence sur le circuit et après avoir mis au monde sa deuxième fille?

« Non ça n’a pas de sens... Mais c’est Serena. Elle a déjà fait par le passé des choses incroyables [...] Rien n’est impossible pour Serena », avait ajouté celui qui l’a entraînée de 2012 à 2022.

« C’est courageux »

Si elle revient, « c’est pour essayer de gagner le titre », assure pour sa part à l’AFP Stéphanie Foretz, ex-62e mondiale en 2003 et désormais coach.

« C’est courageux de sa part de revenir après tant d’années d’absence. C’est dur de savoir si elle peut performer ou pas. Mais si elle parvient à remporter un ou deux matches, la clé ce sera la récupération. C’est beaucoup plus compliqué de récupérer à son âge », a ajouté la Française.

Une chose est sûre, son apparition à Wimbledon s’annonce déjà comme un moment d’histoire du tennis.

« C’est bon pour le circuit WTA et c’est bon pour le tennis dans le monde entier », a résumé Rusedski.