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RÉSULTATS

Replis en prolongation : vers un statu quo

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PALM BEACH - S'il n'en tient qu'à Barry Trotz, ce n'est pas cette semaine que les directeurs généraux de la LNH interdiront les replis stratégiques qui freinent les élans offensifs en prolongation. 

Et ne comptez pas sur le directeur général des Predators de Nashville pour changer d'idée l'an prochain... ou l'autre après.

« Soixante-dix pour cent des prolongations se soldent par des victoires. C'était l'objectif recherché par ceux, et je faisais partie de ce groupe, qui prônaient cette stratégie. Alors, si ça marche bien pourquoi vouloir la modifier? Pourquoi réparer quelque chose qui n'est pas brisé », a lancé Trotz croisé, lundi midi, dans les corridors de l'hôtel où se déroule la rencontre?

Parce que plusieurs amateurs dénoncent les séquences au cours desquelles les équipes reviennent en zone neutre et parfois même en zone défensive lorsqu'il est impossible d'orchestrer une attaque dangereuse en zone ennemie.

Il est aussi impératif de rappeler au DG des « Preds » que certains de ses homologues ont dénoncé les mêmes choses en novembre dernier lors de la première réunion des directeurs généraux. Des doléances qui ont forcé la LNH à procéder à une étude du déroulement des prolongations.

Une étude dont les conclusions appuient les prétentions de Barry Trotz a indiqué l'adjoint au commissaire et grand responsable des opérations hockey, Colin Campbell.

« Je ne comprends pas les réactions négatives reliées à ces replis en défense. La possession de la rondelle est au centre des succès en prolongation. Quand tu l'as, tu veux être certain de l'utiliser dans le cadre d'une action menaçante vers le but. Tu ne veux pas la perdre pour rien. Parfois, les prolongations sont axées totalement sur l'attaque alors que les deux équipes échangent des poussées. Les amateurs aiment ça. Et c'est normal. Mais au hockey comme au football, la défense peut aussi te mener à la victoire. Et le fait de se replier pour conserver la rondelle afin de relancer une attaque est une saine manière de jouer. Et on ferait quoi pour punir les clubs qui se replient? On sifflerait un arrêt de jeu? Ça briserait bien plus le rythme que les replis actuels. J'insiste encore une fois que 70 % des prolongations couronnent des gagnants », a conclu Barry Trotz.

Comme c'était le cas avec plusieurs autres points à l'ordre du jour, les directeurs généraux les ont abordés en petits groupes de huit. Ils présenteront leurs conclusions demain et mercredi. Et c'est à la suite des échanges autour de la grande table que les directeurs généraux et le commissaire Gary Bettman décideront du bien-fondé de proposer des changements aux règles, ou de les maintenir.

Contrôle et possession de rondelle

S'il sera difficile de modifier le déroulement des prolongations, il semble qu'il sera plus difficile encore de modifier les paramètres en matière de hors-jeu.

Les directeurs généraux étudient la possibilité de simplifier les règles afin de minimiser les révisions, parfois longues et même très longues, en raison d'entrées de zone très difficiles à analyser.

Le genre d'entrées de zone au cours desquelles on doit disséquer les reprises à la seconde près pour déterminer si le joueur entrant en zone ennemie à possession et contrôle de la rondelle.

Ça semble simple? Mais c'est loin de l'être.

« Je croyais qu'on aurait besoin de cinq minutes pour régler le cas. Après deux heures, nous n'étions toujours pas capables d'arriver à un consensus sur ce qui était vraiment la possession et le contrôle de la rondelle. Nous étions huit autour de la table et avons présenté quatre scénarios. Imagine ce que ce sera lorsqu'on sera les 32 autour de la table », a indiqué un directeur général croisé après l'avant-midi de travail.

Certains DG tendent vers une simplification des règles actuelles. Si un joueur entre en zone ennemie avant la rondelle, peu importe la manière, on arrête le jeu. L'ennui avec cette option, c'est qu'elle priverait les joueurs plus talentueux et aux mains magiques de se démarquer pour entrer en zone ennemie. 

C'est d'ailleurs en raison d'une entrée en zone offensive orchestrée par Cale Makar, en séries l'an dernier, que les directeurs généraux se penchent aujourd'hui sur cette question.

Gardiens d'urgence

À Montréal, Toronto et dans les autres grands marchés de hockey, le Canadien, les Leafs et leurs rivaux peuvent compter sur des gardiens d'urgence qui seraient en mesure de faire face à la musique, en cas de besoin.

Ce n'est pas vrai partout.

Un directeur général m'a d'ailleurs indiqué qu'il préférerait, surtout si l'urgence devait survenir en troisième période, jouer à six contre cinq plutôt que de compter sur un gardien d'urgence rempli de courage et de bonnes intentions, mais un brin ou deux vide en matière de talent.

Les équipes jonglent avec le bien fondé d'embaucher de véritables gardiens qui remplirait le rôle de gardien d'urgence et pourrait aussi aider lors des entraînements. Ou d'utiliser des gardiens évoluant dans le club-école... du club-école. « Je ne voudrais pas sortir un de mes gardiens de la Ligue américaine pour venir agir comme gardien d'urgence. Ça minerait son développement. Mais on pourrait avoir un gars de la Ligue de la Côte-Est avec nous lors des séjours à domicile par exemple », a indiqué Julien BriseBois du Lightning de Tampa Bay.

Parlant de gardiens, certains directeurs généraux voudraient qu'un auxiliaire puisse obtenir une période d'échauffement lorsqu'il saute dans la mêlée pour remplacer un partant blessé en cours de match.

Ça semble simple? Pas tant!

L'opposition vient du fait que des directeurs généraux sceptiques face à ce scénario soulignent qu'une telle période d'échauffement permettrait à un coach dont le club vient de se faire poivrer quelques buts, d'obtenir un très long temps d'arrêt déguisé. Un temps d'arrêt qui pourrait totalement freiner l'élan de l'équipe qui vient de marquer quelques buts.

Entre les portes

-    La LNH fera équipe avec Amazon pour produire une série sur les coulisses de la Ligue et sur la réalité de quelques joueurs de l'une ou l'autre des 32 équipes. Une série à l'image de 24 CH que RDS a produite il y a quelques années et de « Drive To Survive » produite par Netflix qui s'est penché sur le monde de la Formule 1...

-    Bien qu'il soit à la retraite depuis un an, David Poile, l'ancien président et directeur général des Predators de Nashville est venu renouer avec ses homologues lundi. À le voir déambuler autour des salles de réunion en bermudas et avec son teint basané, il était bien plus sur place pour partager les joies de la retraite plus que les conseils sur les changements à apporter aux règles régissant la LNH. Quoique David Poile ayant tellement toujours vibré au rythme du hockey qu'il serait loin d'être surprenant qu'il soit allé de quelques remarques...