MONTRÉAL — L’équipe canadienne de patinage de vitesse courte piste vise sept médailles aux Jeux olympiques de Milan-Cortina en février prochain et c’est exactement ce nombre de médailles qu’elle a récolté durant le premier arrêt du Circuit mondial, en fin de semaine à l’aréna Maurice-Richard.
Cependant, les médailles échappées par les Érables de glace ont laissé un goût amer aux patineurs de l’Unifolié, notamment en raison de plusieurs chutes.
« J’ai adoré notre week-end parce que, oui, nous avons eu du succès. Oui, nous avons obtenu de bons résultats. Mais nous avons aussi vu que nous avons des choses à travailler », a dit l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne, Marc Gagnon.
Possiblement en raison du regain de chaleur à l’extérieur, les responsables de l’aréna Maurice-Richard ont vraisemblablement refait la glace avant la compétition, la rendant un peu plus épaisse. Pour cette raison, l’eau gèle un peu moins en surface, ce qui a visiblement donné des maux de tête aux patineurs canadiens.
« Ils (les patineurs canadiens) sont habitués à un certain standard et s’attendaient à ça, puis nous n’avons pas eu le temps mentalement de nous ajuster et de nous dire que nous sommes chez nous, mais ce n’est pas chez nous parce que la glace est différente », a expliqué Gagnon.
Le Canada a néanmoins dominé le tableau des médailles lors de la compétition. La Corée du Sud a suivi avec six médailles, dont trois d’or.
Sarault, impériale
Tout n’a toutefois pas été perdu pour les patineurs canadiens, particulièrement pour Courtney Sarault. Après avoir remporté chacune des neuf épreuves aux Championnats canadiens, en août, la Néo-Brunswickoise âgée de 25 ans a confirmé sa grande forme avec des médailles d’or aux 1000 et 1500 mètres.
Sarault a également atteint la finale au 500 m, dimanche, même si elle s’est contentée du cinquième rang. Elle a aussi aidé le Canada à remporter le bronze au relais 3000 m féminin, samedi, et au relais 2000 m mixte, dimanche.
« Je suis contente de voir que mes efforts et mon entraînement portent fruit », a dit Sarault, elle-même un peu surprise de conclure la fin de semaine avec deux médailles d’or autour du cou, bien qu’elle espérait monter sur des podiums.
« Par le passé, il arrivait que je m’entraîne et que les résultats ne suivent pas, a-t-elle ajouté. Je suis donc contente de voir cette évolution. C’est vraiment bien! »
En finale du 1500 m féminin, dimanche, Sarault, vice-championne du monde de la distance, a été impériale lors d’une course relevée. Elle s’est maintenue en tête pendant la majorité de la course et a résisté aux derniers assauts de ses rivales en fin de course.
Elle a finalement devancé la Sud-Coréenne Kim Gilli et l’Américaine Corinne Stoddard à la ligne d’arrivée.
Sarault a bien évidemment terminé la compétition en tête du classement général du Circuit mondial.
« Je crois avoir réussi à attaquer les courses comme je le souhaitais et je n’ai pas laissé quiconque me jouer dans la tête ou me distraire de mon plan, a dit Sarault. J’ai fait ce qui me semblait la bonne chose au bon moment et ç’a été payant. »
Boutin de retour sur le podium
Kim Boutin a remporté l’argent au 500 m, dimanche, tandis que le Canada a aussi décroché le bronze au relais mixte.
Samedi, William Dandjinou avait triomphé au 500 m masculin et avait été accompagné sur le podium par Steven Dubois, troisième.
En finale du 500 m féminin, Boutin a connu un départ canon et a mené jusqu’à ce que la Néerlandaise Xandra Velzeboer la dépasse avec un tour à faire. Stoddard a également pris le troisième rang.
Quadruple médaillée olympique, Boutin n’avait pas gagné de médaille sur le Circuit mondial l’hiver dernier.
«Vous voulez finir votre carrière sur une bonne note. Donc, de voir que je suis capable de faire de bons temps au 500 mètres... C’est plus amusant quand ça va bien», s’est exclamé Boutin, qui accrochera ses patins au terme de la saison.
Plus tard dans la journée, Boutin a été éliminée lors des demi-finales au 1500 m.
En fin de journée, Dandjinou, Félix Roussel, Dubois et Maxime Laoun ont conclu en troisième place de la finale du relais 5000 m masculin malgré une chute de Dandjinou avec deux tours à faire. Ils ont cependant été pénalisés pour un relais illégal et exclus du podium.
« J’aime mieux quelqu’un qui essaie de gagner que quelqu’un qui fait juste rester debout et termine avec une médaille de bronze », a dit Laoun, défendant l’agressivité démontrée par ses coéquipiers durant le relais.
Plus tôt, au 1000 m masculin, Roussel a été éliminé lors des quarts de finale. Dubois et Dandjinou ont ensuite été incapables de se qualifier pour la finale A. Dubois a pris le troisième rang de sa vague en demi-finales, tandis que Dandjinou a chuté.
Dubois a ensuite remporté la finale B pour se classer sixième. Dandjinou s’est classé 10e.
« Je n’ai personne à blâmer sauf moi-même, a dit Dandjinou, champion du Globe de cristal la saison dernière, qui a chuté trois fois au cours de la fin de semaine. Ça fait partie du courte piste et il y a beaucoup de personnes qui sont restées debout. C’est un ajustement à faire pour la semaine prochaine. »
En début d’après-midi, au relais mixte, le quatuor canadien composé de Sarault, Danaé Blais, Roussel et Dubois a terminé la finale en quatrième position, derrière la Chine, la Corée du Sud et les Pays-Bas. Cependant, la Corée du Sud a été pénalisée pour une manoeuvre illégale, ce qui a promu d’une position les Pays-Bas et le Canada.
Le Canada, champion du monde en titre de l’épreuve, luttait pour le premier rang, quand Dubois a été devancé par un rival chinois. Quelques instants plus tard, Blais a chuté avec un peu moins de six tours à faire.
En larmes, Blais a pu se consoler en recevant finalement le bronze avec ses coéquipiers.
Montréal sera aussi le théâtre d’une deuxième compétition du Circuit mondial de patinage de vitesse courte piste, du 16 au 19 octobre.






